chronique

L'Emmanuel du savoir-vivre

Humoriste

L'humeur de Bruno Coppens

Y’en a un qui m’énerve en ce moment! Grrr… Je jouais en France le week-end dernier et le public ne m’a parlé que de ce petit nouveau qui s’est récemment lancé dans le stand-up, qui remplit des gymnases deux fois par semaine, 600 personnes à chaque représentation, provoquant une telle effervescence que les forces de police sont obligées de fermer la circulation dans la commune où il joue pour éviter l’émeute comme au temps de Johnny! Ce Français qui se place au milieu de la scène et qui, juste un micro à la main, pendant des heures, devient le roi de l’impro! Ce stand-upper m’énerrvvvve! Qu’est-ce qu’il lui prend à Macron?!? Il prépare sa reconversion ou quoi? Passer de la "start-up" au "stand-up", c’est aussi énorme que si nos quatre ministres "climat" installaient des toilettes sèches dans leurs cabinets. Et après? Il veut remplir le Zénith? Bercy? Sortir un DVD à Noël "Mes meilleures promesses" puis une tournée chez nous avec Charles Michel en guest qui expliquerait "mieux" sa politique en faveur du climat? Attention! Il n’est pas encore tout à fait prêt. Le titre de son spectacle "Le grand débat national", pas folichon. Cela sent la précipitation. Il se cherche encore. Comme la France d’ailleurs…

Vous avez entendu parler de cette émission sur C8, la semaine dernière, animée par la ministre Marlène Schiappa aux côtés de Cyril Hanouna? Vous imaginez, chez nous, Marie-Christine Marghem et Stéphane Pauwels? Demain, on peut donc s’attendre à voir Macron chez Nagui. Ah non! Dans son émission "N’oubliez pas les paroles", le président risque de devoir compléter les phrases qu’il a prononcées lui-même durant la campagne genre "Plus de SDF dans les rues", une promesse qu’il vient justement de renier lors d’un débat: "Je n’ai jamais promis cela!" Heureusement que "Perdu de vue" n’existe plus! Vous imaginez? "On recherche aujourd’hui la volonté du président d’abandonner le glyphosate dans trois ans…" Il n’ira pas non plus chez Ruquier dont l’émission "On ne s’est pas couché!" évoque la "Nuit Jaune" en préparation…

Attention, le changement est flagrant. Jupiter est retombé sur terre et a lancé le dialogue, façon pub Dim: "Aujourd’hui, je descends de haut, demain, j’élève le débat!" Faut dire, Macron avait cru dans le ruissellement, cet écoulement naturel sur le petit peuple d’une pluie d’argent déversée par ces riches qu’il a chouchoutés. Au final, il récolte un déluge de revendications de la part de ceux qui peuvent provoquer un orage en deux temps, un mouvement. Du coup, Macron sonde tout le pays, façon maïeutique collective. Avec des psys, on mettrait Paris en bouteille, non? Mais si tous les Français sortent ce qu’ils ont sur le cœur, cela métamorphosera-t-il ce pays en terre happy? "Sur un malentendu, on ne sait jamais, ça peut marcher", dixit les Bronzés! Face aux centaines de revendications qui vont remonter au fil des débats, seules quelques-unes seront exhaussées, exaucées, amen! Cela préfigure d’autres tomorrows too moroses. Mais Macron a repris la main et, surtout, gagné du temps. Le grand débat national? Macron est en fait en campagne électorale.

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