La Joyeuse Rentrée!

©Sofie Van Hoof

Comment ils vont s’en sortir, les professeurs, pour expliquer le monde d’aujourd’hui à leurs élèves?!?

Je leur souhaite bien du plaisir! Par exemple, comment voulez-vous ancrer dans les lobes de cerveaux Googlisés les règles grammaticales sur l’usage du masculin et du féminin, alors que les jeunes viennent de voir à la télé un espion entrer au tribunal sous le nom de Bradley Manning et en ressortir demandant "Appelez-moi Chelsea Womanning!"?!? Pas simple! Bien sûr, il faudra expliquer à ces ados à la libido de magnitude 9 sur l’échelle de Richter qu’il ne s’agit pas là d’une astuce de condamné pour se retrouver seul homme dans une prison de femmes, qu’en fait, Bradley a pris son mâle en patience avant de lancer son changement d’identité sexuelle, que devenir garçon ou fille est finalement une question de bien-naître et, enfin, pour trouver une pirouette qui sauvera votre cours de français, énoncer qu’il… enfin… elle est "un exception qui confirme le règle." Oups! Vraiment pas facile d’enseigner aujourd’hui! Tout est devenu "relatif". Prenez le cours d’histoire. Comment l’enseignant va-t-il aborder à la rentrée la notion de "nationalisme"? Il devra dorénavrant expliquer à ces élèves que selon l’endroit où ils habitent, le mot sent bon l’ouverture au monde, qu’il est comme un coureur du Tour de France: chargé "positivement". Par contre, plus au Nord, le mot respire le repli sur soi et devient tout à coup négatif.

Bref, du cours d’histoire, on passe à celui d’électricité. Ceci dit, demander aux élèves de changer leur fusible de pôle dès qu’ils franchissent la "frontière" linguistique risque bien de les déconnecter complètement de la vie politique de leur pays. Et comme si cela ne suffisait pas de voir un Bart et un Rudy lancer pour un même mot deux définitions aussi éloignées que le salaire de Johnny Thijs par rapport à celui d’Elio Di Rupo, voilà qu’une échevine N-Va s’empare d’une autre notion très délicate afin de semer la pagaille dans le ciboulot des futures générations! "Le racisme est une notion relative proclame Liesbeth Homans, utilisée comme une excuse après des échecs personnels!" Ce n’est pas, selon elle, un crime contre l’humanité! Et bien voilà encore un beau sujet de débat en classe qui risque bien de virer à la castagne… Et là encore, l’éducateur parviendra-t-il à imposer son autorité, à exiger de ses élèves respect d’autrui et discipline? Pourquoi les jeunes craindraient-ils les foudres de leur prof en cas de projection d’injures ou de lancer de coups de boules alors que cela fait deux ans qu’ils voient un Bachar A-la-Sade franchir allègrement toutes les lignes rouges sans que le mou Barack et toute la communauté internationale n’interviennent illico!

Le pire est que l’enseignant est complètement isolé, il ne peut attendre de secours ni du politique (voir plus haut les propos de Rudy ou des élus N-Va) ni même du… religieux! Regardez le Pape François! Il se cure le nez et mange ses crottes (voir la vidéo jointe) en public! Si même le Pape donne le "bon" exemple, où va-t-on?

Bonne rentrée au corps professoral…

 

[Suivez Bruno Coppens sur Twitter]

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés