billet

La terre vue du fiel

Humoriste

Dites, faut se dépêcher de négocier avec Vladimir et Bachar pour organiser l’avenir de la Syrie, car les élections présidentielles américaines, c’est déjà demain et il est à craindre que, fin 2016, ne s’installe, dans le bureau ovale, celui que j’appelle "Mc Donald Trump" vu qu’à l’instar du hamburger, symbole de la malbouffe, ce candidat incarne la "mâlebouche", ses discours sont nourris à la testostérone et aux muscles bandés.

Trump se rêve président de l’Amérixe du Nord: "Je trouverais le général Patton ou le général Mac Arthur, je trouverais le bon mec. Je trouverai le mec qui va prendre en main le militaire et le faire vraiment fonctionner!" Pas sûr qu’il veuille dialoguer avec les Rustres ou les Europaïens, ce va-t-en-guerre qui veut restaurer la fierté du peuple américain et, en bon chef d’entreprise, faire payer les travaux réalisés: "Quand une nation comme les Etats-Unis sacrifie des milliers de vies et trois milliards de dollars pour amener la liberté au peuple d’Irak, la moindre des choses serait que les Irakiens paient l’addition de leur propre libération."

L’argent, le fric… C’est justement ce que le Pape a dénoncé cette semaine sur le sol ricain. François Ier a voulu marquer son passage en lettres Capitole et, devant les chefs d’état, suggérer d’autres valeurs, comme la fraternité. Le Pape devrait au retour repasser par le Nord de la France, là où Marine, en décembre, risque bien d’être la number one. Après s’être répandu dans le Sud-Ouest comme la gangrène, comme la grande haine, voilà que le FN est proche de faire tomber toute la région Nord-Pas-de-Calais dans ses filets. Son discours musclé: "Les Syriens qui viennent chez nous sont des lâches, ils doivent rester là-bas pour combattre!" fait écho à ce qu’a lancé, chez nous, Bart De Wever. Celui-ci tente à tout cri de récupérer ses électeurs bien à droite partis retrouver leur bon vieux Vlaams Belang, il hurle alors: "Il n’y a qu’un cinquième de réfugiés qui sont Syriens!" Des chiffres lancés au hasard suivi des mots qui sonnent comme une insulte aux oreilles des bénévoles sur place: "Le parc Maximilien est un poste d’activistes d’extrême gauche!" Toujours la même tactique au fond: discréditer les uns pour dénigrer les autres, cliver pour rejeter: "Maïeur, irresponsable et incompétent!", diviser pour mieux régner. Un règne qui pâlit en ce moment. Son numéro de stigmatiseur, pourtant bien rodé, s’érode. Homans, après avoir dû reculer sur son projet "Pas d’aide aux réfugiés ayant une maison dans leur pays!" subit un camouflet de la part d’Yves Gesquière qu’elle voulait nommer à la place de Damien Thierry. De son côté, le Voka ne relaie pas les diatribes de Bart à propos des réfugiés, il se dit même prêt à engager des Syriens. Quant à Théo Francken, il oscille entre accomplir sa mission au fédéral et respecter ses gènes "N-Va"… Il ose même adopter la posture de victime: "Le parc Maximilien est exploité par des gens qui abusent de la situation pour pouvoir se déchaîner contre le fédéral et contre ma personne en particulier." Pauvre Théo! Heu… Pas trop indécent d’exposer ta douleur par rapport à celle des réfugiés? Sinon, si tu sens vraiment trop "stigmatisé", va boire un thé dans une des tentes du Parc, tu pourras parler de ta condition de mal aimé à ces réfugiés qui sauront te remonter le moral en racontant leur propre odyssée…

Note: la semaine dernière, j’ai osé attribuer la phrase culte: "Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît" à Frédéric Dard… Michel Audiard, le véritable auteur, avait raison puisque j’ai osé… attribuer sa saillie à un autre!

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