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Le monde fait de la balançoire…

Bruno Coppens ©Sofie Van Hoof

Le monde fait de la balançoire. Hier, les Blancs descendaient massivement en Afrique pour coloniser, aujourd’hui, les Blacks remontent massivement vers l’Europe pour nous coloriser.

Hier, les nations alliées européennes s’unissaient pour être plus fortes ensemble, aujourd’hui, l’alliée nation européenne pousse fortement à la désunion. Hier, Bachar-Al-Assad était l’ennemi public numéro 1, aujourd’hui, il serait la solution pour combattre le Daesh. Hier, on pensait qu’avec un Bart de Wever radical, l’état ferait des râles et serait enterré illico.

Aujourd’hui, Bart s’assouplit, son ire s’assoupit et c’est le PS qui se radicalise… Les vérités du jour sont les mensonges de demain. Les repères se perdent, les balises se font la malle.

Regardez Cuba, plus libéral que libre. Encore une plaque tectonique qui vacille… Les continents dérivent à tel point que dorénavant le Paris-Dakar se déroule carrément en Amérique du Sud. Et après cela, on propose à nos enfants un cours sur la citoyenneté? Mais c’est d’abord plus de cours de géo dont ils ont besoin. Et d’histoire aussi!

Hier, les Blancs descendaient massivement en Afrique pour coloniser, aujourd’hui, les Blacks remontent massivement vers l’Europe pour nous coloriser

Car, par exemple, le Moyen-Âge, je pensais que cela s’arrêtait à la Renaissance, mais pas du tout! Le Moyen-Âge vient de débarquer à Palmyre, a déjà envahi l’Irak et se répand en Lybie aussi. Plus rien n’est figé, fixé. Vous me direz que c’est normal, la terre tourne alors… J’ai l’impression qu’elle tourne plus vite qu’avant. J’en ai le mal de mer. Et il n’y a pas que moi…

Les migrants, d’ici et d’ailleurs, errent. Ils ne sont pas sortis de l’autre berge. Ils en voient de toutes les douleurs. Les pays européens ergotent sur les quotas, comme s’il n’y avait pas urgence. Et, à l’heure où l’Europe prend enfin le problème à-bras-le-cœur, qui invite-t-on à participer au concours Eurovision de la chanson? L’Australie dont la rengaine sur les migrants est à vomir! Le gouvernement de Canberra fanfaronne en clamant qu’aucun migrant n’a péri en mer en 2014 et en 2015. Le slogan: "Pas question, vous ne serez pas chez vous en Australie!" signé Tony Abbott et lancé pour dissuader les candidats, même Marine Le Pen aurait hésité au moins quelques secondes avant d’en placarder un semblable à Calais ou partout ailleurs en France.

Pour les migrants, L’Europe est terre d’écueils, certes, mais alors l’Australie… Ceux qui débarquent quand même là-bas sur les côtes seront transférés dans des centres "off shore" et, si jamais leur dossier de demande d’asile est finalement accepté, ils seront envoyés dans des pays "partenaires", chez les Papous, au Cambodge ou dans les îles les plus pauvres de la planète.

Les migrants sont ballottés au gré des flots, au gré du flou de politiques tantôt répressives, tantôt d’accueil. Leurs embarcations, arches de noyés, se balancent au gré des marées et des courants d’opinion. Des "boat people" tanguent des côtes de la Malaisie à celles de Birmanie. Leurs vies se balancent, les garde-côtes s’en balancent. Ils pourraient du doigt toucher la plage, le paradis, c’est la porte accostée, mais les derniers mètres sont les plus longs à franchir, ils se balancent jour et nuit entre flux et refus.

Le monde fait de la balançoire. Hier, les Blancs descendaient massivement en Afrique pour coloniser, aujourd’hui, les Blacks remontent massivement vers l’Europe pour nous coloriser. Hier,…

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