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Sainte Sophie, mère matrie

L'humeur de Bruno Coppens.

Elle fut notre bergère, plaçant tout le troupeau à l’abri derrière des barrières de gestes. Ses messes de sécurité nationale avaient les allures de dernière Cène. Elle, même assise, semblait debout. De chaque côté d’elle, des hommes en rang d’union. 

Elle a paré au plus pressé et prêché aux plus désemparés. Sophie n’est pas femme de pouvoir mais femme de pourvoir.

Ses états de service? Être au service de l’État.

Elle fut Madame Carglass " je répare, je remplace " car Sophie ne se place pas, elle remplace. Didier Reynders, Hervé Jamar, Charles Michel.

Elle fut l’Auguste sous le chapiteau où défilèrent 9 clowns et leurs numéros de masques chinois mais elle n’en chargea aucun. Sophie, elle est corporate.

Elle a du leaderchic. Du coup, elle humilie tout le sérail politique, son chef de parti en premier. "Parler de moi, c’est difficile, dit-elle!" Georges-Louis se rase en pensant au 16, elle, ce sont les murs qu’elle raserait pour qu’on la laisse bosser dans l’ombre. "Je ne travaille pas pour mon image". Ce n’est pas du Didier Reynders mais du Sophie Wilmès.

Elle fut Madame Carglass "je répare, je remplace" car Sophie ne se place pas, elle remplace.

Loin des politiques aux gestes bannières, elle ne fut plus, le temps de la pandémie, une femme de droite mais une femme droite. Trop droite. Déléguée de classe, Sophie n’a eu qu’une seule retenue durant toutes ses études! À la maison, ses enfants parlent anglais avec leur père australien, français avec elle, les devoirs se font en néerlandais. Ce n’est plus une famille mais un Erasmus. Enfant, elle ne devait sûrement pas "dépasser" au coloriage et sur le Titanic, elle aurait distribué les canots pneumatiques tout en chantant près de l’orchestre.

Sophie, c’est toute la coutellerie suisse à elle toute seule!

Quoique…

Avant la pandémie, elle déclarait "Il faut améliorer les finances publiques pour ne pas reporter la charge sur nos enfants", du coup, ce sera pour nos petits-enfants et arrière-petits.

Avant, elle avait osé toucher au budget de la santé. Les infirmières le lui ont rappelé.

Trop longtemps, elle a ignoré le secteur culturel alors pour se rattraper, elle était là le 1er jour de l’ouverture des musées, elle ne risquait rien, les tableaux ne se retourneraient pas sur son passage.

Heureusement, elle a oublié un soir que tout le troupeau attendait sa cérémonie.

Heureusement, elle a beaucoup cafouillé quant au port du masque: non, ce n’est pas nécessaire, enfin disons que c’est conseillé, au final, c’est obligatoire! 

Heureusement, elle a pas mal rétropédalé, sur les écoles, sur les résidences secondaires mais jamais sur le kayak.  

Heureusement, sinon, on lui érigerait une statue le 21 juillet prochain que personne ne penserait à déboulonner et on la canoniserait avant Noël à Saints Michel et Gudule.

Jeune, Sophie disait: "La politique, c'est embêtant comme la pluie". Aujourd’hui, elle danse sous la pluie…

Sophie aux "affaires courantes" ne devait être que "de passage", elle marquera à jamais les esprits…

Elle en Première ministre? "C’était la solution impliquant le moins de changements", elle a reçu les pouvoirs spéciaux, comme une bénédiction fédérale, elle fut ointe des pieds à la tête.

Si la fonction fait l’homme, l’onction fait la femme.

Sainte Sophie, mère matrie.

Prenez soin de nous. Et de vous.

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