Charles Michel a dû montrer les dents

Jeudi, lors de la séance plénière de la Chambre, Charles Michel est venu défendre son gouvernement les mains vides. ©Photo News

Furieux. Le Premier était apparemment furieux, jeudi fin de journée, après son intervention au Parlement, devant une opposition remontée et pas tendre.

Déjà, il doit affronter le Parlement. Les mains vides. Il faut s'en souvenir: cela fait près d'une semaine que le budget en tant que tel est, à peu de choses près, bouclé et qu'il existe un quasi-accord sur la réforme du marché du travail. Mardi, c'est sa déclaration de politique générale que Charles Michel devait prononcer. Mais non, il est là, jeudi après-midi, avec pas grand-chose à défendre, devant une opposition qui attribue fissa les chamailleries des partis flamands de sa majorité - essentiellement le CD&V et l'Open Vld - à sa "faiblesse".

Il en appelle à l'unité, à resserrer les rangs. "Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise", lance-t-il à sa majorité suédoise. "L'appel à l'aide d'un homme aux abois", raillent les autres députés.

Sauf que rien n'y fait. Les partis flamands se tirent encore dans les pattes et s'échangent des amabilités sur la place publique.

Alors il se fâche

Vendredi matin, un SMS tout sec convoque ses trois vice-Premiers flamands: Kris Peeters (CD&V), Jan Jambon (N-VA) et Alexander De Croo (Open Vld). Rendez-vous à 11 heures au 16, rue de la Loi. La question est posée: ont-ils l'intention de poursuivre le travail de négociation dans un climat serein et sérieux, en cessant cette "communication négative" qui saborde et met en péril le travail effectué par la suédoise?

La réponse est oui

Alors les négociations reprennent. Dans une discrétion plus consistante, dirons-nous, que précédemment. C'est pour cela que Didier Reynders, le vice-Premier MR, ne rejoint l'antre de Charles Michel que vers 14 heures. Lui, il ne s'est pas fait sonner les cloches. Enfin, cette fois-ci, parce qu'en début de semaine, il a quand même annoncé un accord qui n'existait pas encore. Mais ça, c'est une autre histoire.

Et elles durent. Il faut attendre 22h50 pour que de la fumée blanche sorte. Il y en a un petit peu moins que prévu, de fumée, mais ne mégotons pas. La suédoise s'est accordée sur le budget et ses 3,3 milliards d'efforts (300 millions en 2016 et 3 milliards en 2017). Sur la flexibilité au travail (le "werkbaar werk" cher à Kris Peeters). Sur la réforme de la loi de 1996 (compétitivité et formation des salaires).

Par contre, pour le triolet infernal, il faudra repasser. Refonte de l'impôt des sociétés (Isoc), taxation des plus-values et mobilisation de l'épargne: les trois trophées, respectivement de la N-VA, du CD&V et de l'Open Vld, ne sont pas encore mûrs. Les négociations doivent se poursuivre. Rapidement, insiste-t-on dans les rangs de la suédoise.

La cause du report est double. Déjà, les trois partis flamands n'ont pas fini d'accorder leurs violons et il subsiste de solides divergences. Et puis, il n'y a nulle urgence en la matière. La Belgique peut très bien rendre son projet de budget 2017 à la Commission européenne sans accord là-dessus. Comme il s'agit de réformes de taille, autant ne pas se précipiter.

Voilà, ça y est. Les ministres suédois peuvent aller se coucher. Ils présenteront à la presse le fruit de leur labeur ce samedi matin à 11 heures.

 

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