Charles Michel cherche encore le compromis budgétaire

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Le Fédéral cale sur la taxation des comptes-titres et a abandonné l'idée d'un retour à l’équilibre. Les négociations reprennent ce mardi midi.

Ainsi fluctue le baromètre des négociations au sein du gouvernement fédéral. "Lundi dernier, il était question d’aboutir. Puis, fin de la semaine, rien n’allait plus", résume-t-on, un petit sourire au coin des lèvres, dans les rangs de l’équipe Michel.

Le Premier ministre a donc dû faire usage, une fois de plus, de sa botte secrète. Le massage, tout le week-end durant. En tête à tête, ou en groupe. Une série de rencontres "bilatérales", histoire de détendre tout le monde et de préciser qui pourrait lâcher quoi, et ce qui coincerait durablement. Suivies de "kerns thérapeutiques", de quoi ressouder un brin les partenaires de coalition avant de repasser au vif du sujet.

Côté budget, une chose semble acquise. Michel fait une croix sur le retour à l’équilibre en 2019.

Le vif, c’était reparti pour ce lundi, où un kern a succédé, fin d’après-midi, aux consultations menées par Charles Michel. "Les chances d’atterrir ont augmenté", considérait-on ici. Il serait même probable qu’un accord intervienne dans le courant de la soirée ou de la nuit, glissait-on là, et ce dans la plus pure tradition politique belge. Même si rien ne permettait encore d’exclure un couac, un accident de parcours, comme lorsque le vice-Premier Kris Peeters (CD&V) quittait temporairement la table des négociations, en octobre dernier, pour finalement ne plus y revenir.

Raté, peut-on dire après coup. Les négociateurs se sont quittés vers 22h, sans accord, et se retrouvent ce mardi midi.

L’équilibre? Trop cher.

Côté budget, une chose semble acquise. Michel fait une croix sur le retour à l’équilibre en 2019. Décidément impayable, puisque le Comité de monitoring a fixé l’effort à réaliser pour ce faire à 7,67 milliards, confirmant par là les projections esquissées depuis des mois par la BNB et le Bureau du plan, que le Fédéral jugeait trop alarmistes. Au diable l’équilibre, le Fédéral s’en tiendra à l’assainissement exigé par la Commission européenne – que Michel aurait mise dans la confidence.

Ce sera donc 5,2 milliards et des poussières, répartis équitablement sur les deux ans à venir. De quoi coller au rythme européen (0,6% du PIB d’amélioration annuelle). Pour 2018, l’addition aurait déjà fondu de 2,6 milliards à 800 millions, par la grâce (un peu magique?) des corrections techniques, des effets de volume et de la belle tenue de la croissance. Miracle ou pas, les 800 millions restants sont, eux, plutôt ardus à dénicher.

Et ils s’imbriquent avec le menu socio-économique que s’est concocté Michel (période d’essai, flexi-jobs, coût salarial des jeunes et un paquet de mesures sectorielles). Sans oublier le duo infernal formé par la réforme de l’impôt des sociétés (Isoc), porté principalement par la N-VA, et le renforcement de l’équité fiscale voulu par le CD&V.

Pour l’heure, la situation est encore complexe. La taxation des comptes-titres, trouvaille de Charles Michel afin de prendre le relais de la taxe des plus-values, barrée par l’Open Vld et la N-VA, est loin de faire l’unanimité. La N-VA pourrait laisser passer, en échange de l’Isoc, mais les libéraux flamands calent toujours, tandis que le CD&V cache sa joie – sans doute trouvent-ils trop pâle figure à cette équité-là. Tout dépendra, au final, de la forme que prendrait cette taxe – différents scénarios circulent.

On verra bien ce mardi midi si la nuit leur a porté conseil.

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