Le retour à l'équilibre budgétaire s'annonce difficile

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Le Premier ministre Charles Michel a mené ce dimanche des négociations avec les partenaires de sa majorité. Elles se sont achevées en soirée. Le but était de préparer le budget 2018, de dégager les grandes orientations du budget 2019 et d'approfondir les réformes menées dans le domaine de l'emploi. L'agenda des jours suivants n'a pas encore été établi.

Deux réunions ont eu lieu ce week-end au château de Val-Duchesse entre les ministre du gouvernement fédéral. Après plusieurs mois de préparatifs, le Premier ministre Charles Michel a entamé son grand chantier budgétaire de l’année. D’ici la fin de ce mois de juillet, il espère aboutir à un accord budgétaire global pour les deux prochaines années, c’est-à-dire jusqu’aux prochaines élections. Cet accord comporterait une réforme du marché du travail, une réforme de l’impôt des sociétés et l’introduction d’une taxation du patrimoine (vieille revendication du CD&V). "C’est une tâche ambitieuse, mais chacun se rend compte que c’est maintenant ou jamais", apprend-on dans les milieux gouvernementaux.

Koen Geens, le ministre de la Justice (au volant) et son collègue Kris Peeters, ministre de l'Economie, sont arrivés ensemble à Val Duchesse ©BELGA

Le Conseil des ministres restreint de ce dimanche a servi à préparer les super conseils des ministres planifiés par Charles Michel. Officiellement, le Premier ministre entend toujours organiser deux types de conseils : l’un sur l’économie et le marché du travail, l’autre sur les affaires sociales et la pauvreté. Et ce dimanche soir, c’était une réunion sur le budget qui est à l’agenda. C’est la première fois que les principaux ministres se réunissent au complet sur cette question. Jusqu’ici en effet, Michel s’était limité à des contacts bilatéraux avec chacun des partis de sa majorité.

Le gouvernement doit maintenant arrêter les chiffres définitifs. Aucun agenda précis n'a encore été établi pour les prochains jours. L'exercice s'annonce difficile, a averti sur le plateau de VTM le vice-premier ministre CD&V, Kris Peeters.

Mauvaise nouvelle

Si le travail budgétaire ne peut réellement être entamé que maintenant, c’est parce qu’il a fallu attendre la publication du rapport du Comité de monitoring, dont la mission est de dresser un tableau de la situation budgétaire du pays. Dans une version provisoire du rapport, le Comité estimait le déficit pour l’an prochain à 4 milliards d’euros. Ce qui signifie que pour maintenir la trajectoire budgétaire, le gouvernement doit trouver environ 3 milliards d’euros.

La version définitive du rapport est cependant plus sévère : le comité de monitoring estime qu'il il faudra trouver 83 millions d'euros pour 2017 et 4,2 milliards pour 2018 afin de respecter la trajectoire budgétaire. L'effort à fournir s'accroît ensuite substantiellement pour atteindre 7,7 milliards pour le budget 2019, année à laquelle la Belgique doit en principe renouer avec un budget en équilibre.  Tant la ministre du Budget, Sophie Wilmès (MR), que son collègue des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), ont insisté sur la nécessité de ne pas casser la relance économique. Interrogé sur VTM, le vice-premier ministre CD&V, Kris Peeters, a abondé dans le même sens. Les priorités sont selon lui l'économie et la création d'emplois.    

Un emploi pour chaque Belge

Ces difficultés budgétaires compliquent également la gestion des autres dossiers. Notamment celui de la réforme du marché du travail. Le ministre de l’Emploi Kris Peeters (CD&V) avait annoncé une séries de réformes touchant le marché de travail avec pour objectif d’arriver au plein-emploi en 2025. Une annonce bien reçue par ses partenaires de gouvernement.

Jeudi dernier, Peeters annonçait à la tribune de la Chambre qu’il ne comptait plus attendre les partenaires sociaux pour aller de l’avant. Il compte dès lors mettre lui-même une série de propositions sur la table, dont la réintroduction de la période d’essai, des baisses de charges pour l’e-commerce et la construction et, enfin, une diminution du salaire minimum pour les jeunes.

En répondant de la sorte à certaines aspirations libérales, Kris Peeters espère se donner un peu d’air pour avancer sur des dossiers qui lui tiennent tout autant à cœur. Dont la volonté de taxer plus lourdement les patrimoines. Une taxation des plus-values sur actions se heurte toutefois à une fin de non-recevoir de la part de la N-VA et de l’Open VLD. Mais Charles Michel aurait de son côté développé de nouvelles propositions en la matière qu’il souhaiterait exposer à ses partenaires aujourd’hui.

©MFN

Le temps presse

Tous les partenaires de la majorité ont intérêt à faire avance ce dossier s’il veulent que le CD&V donne son feu vert à une baisse de l’impôt des sociétés. Actuellement toujours à 33,99%, ce tarif n’est plus du tout concurrentiel. Il a été question la semaine dernière d’accorder dans un premier temps une baisse du taux aux PME, avant que les grandes entreprises puissent plus tard également en bénéficier.

Mais le temps presse. Il faut avancer car les élections communales de 2018 approchent. De sorte qu’il devient de plus en plus irréaliste de faire passer de grosses réformes après cet été.

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