Michel sur le budget: "Notre objectif, c'est la relance, pas la hausse d'impôts"

©EPA

Le Premier ministre Charles Michel a tenu à défendre le budget fédéral ce mercredi, alors que l'opposition et la Commission européenne ont fait pleuvoir une pluie de critiques.

Après l'avis rendu vendredi dernier par la Cour des comptes sur le budget fédéral, une pluie de critiques, principalement venant de l'opposition, mais aussi de la Commission européenne, s'est abattue sur l'action du gouvernement Michel, et en particulier sur la neutralité budgétaire de la réforme de l'Isoc.

"Nous avons fait des choix clairs et nous nous y tenons. Notre objectif, c'est la relance, pas la hausse d'impôts. Il faut avoir une attention pour l'assainissement, mais en même temps pour la relance", a affirmé le Premier ministre Charles Michel. "Par le passé, les faits ont également donné raison à la Belgique, malgré les avertissements de la Commission européenne", a-t-il commenté.

"Je suis donc serein et je garde mon sang-froid. La relance que nous soutenons doit procurer plus de croissance et donner plus de souffle à notre économie. Nous devons être rationnels avec nos dépenses et mieux dépenser, mais agir trop durement serait trop contreproductif pour la relance", a ajouté le Premier ministre.

La ministre du Budget, Sophie Wilmès (MR) a aussi tenu à mettre les points sur les 'i'. "De l'assainissement budgétaire, il y en a. Parti de 3,1% du PIB en 2014, le déficit nominal devrait s'arrêter à 1,2% en 2017", explique-t-elle en précisant que le "'jobs, jobs, jobs', ce n'est pas qu'un slogan. C'est ce à quoi nous travaillons réellement. C'est pourquoi nous menons l'assainissement de manière moins rapide que ne le voudrait une lecture stricte des règles européennes. Afin de ne pas casser la reprise et la croissance. Ceux qui nous le reprochent dans l'opposition font-ils l'apologie de l'austérité?"

Critiques internes

Hendrik Bogaert (CD&V) n'en est pas à ses premières critiques contre le budget du gouvernement fédéral ©Dieter Telemans

Pour Hendrik Bogaert, député CD&V, la politique budgétaire du fédéral, gouvernement où son parti occupe une place de choix, ne s'inscrit pas dans le long terme. Pour lui, le budget 2018 constitue un "point faible d'un gouvernement à part ça solide."

Et encore, ajoute l'ancien secrétaire d'État fédéral, deux tiers de la minime amélioration est due à la baisse des charges d'intérêt. A ses yeux, une telle politique budgétaire ne constitue pas une politique durable à l'égard des générations futures.

"La N-VA nous dira, après ce mauvais rapport, qu'il est pas possible de faire autrement que de procéder à des économies supplémentaires. Des services publics aussi essentiels que les soins de santé, les transports en commun, les droits sociaux devront à nouveau être saignés à blanc. On va à nouveau économiser sur le dos des gens."
Karin Temmerman
Députée sp.a

Pour son homologue N-VA Peter Dedecker, il faut voir dans le bulletin rendu par la Commission un avertissement à chacun au sein du gouvernement qu'il faudra réaliser les économies convenues. C'est aussi une preuve à ses yeux que le contrôle sur les dépenses doit être d'urgence renforcé, tandis que les recettes lui paraissent rester dans la ligne, ce qui devrait éviter de recourir à de nouveaux impôts.

Le député N-VA, dont le parti tient en ses rangs le ministre des Finances Johan Van Overtveldt, épargne cependant le gouvernement Michel. Il attribue plutôt le report de l'équilibre budgétaire au-delà de la législature aux conséquences des politiques du passé, tandis que l'actuel gouvernement pourrait se montrer "fier de sa trajectoire (budgétaire) à long terme".

Bis repetita pour l'opposition

Du côté de l'opposition, on ne change pas de disque. "Sans adhérer à la politique d'austérité de la Commission européenne, je ne peux que constater qu'elle doute du travail budgétaire de la Belgique, comme la Cour des comptes il y a quelques jours. Les efforts sont reportés à plus tard alors que les citoyens ont déjà payé en pouvoir d'achat et que les services publics sont mis en coupe réglée", a souligné le chef de groupe PS à la Chambre, Ahmed Laaouej, qui a une fois de plus accusé le gouvernement de "bricolage et de tromperie".
   
Les socialistes flamands ont dénoncé de leur côté une "stratégie perverse" de la N-VA. "La N-VA nous dira, après ce mauvais rapport, qu'il n'est pas possible de faire autrement que de procéder à des économies supplémentaires. Des services publics aussi essentiels que les soins de santé, les transports en commun, les droits sociaux devront à nouveau être saignés à blanc. On va à nouveau économiser sur le dos des gens", a dénoncé la députée Karin Temmerman (sp.a). 

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