La direction de Carrefour très floue sur les pertes d'emplois

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Première réunion du conseil d'entreprise de Carrefour Belgique depuis l'annonce du plan. Et force est de constater que les syndicats sont restés sur le faim. Dans un climat très tendu, ils ont obtenu des chiffres qu'ils qualifient de "hasardeux" par rapport au réel impact du plan sur l'emploi.

Le premier conseil d’entreprise consacré au plan de restructuration et aux 1.233 pertes de postes de Carrefour Belgique s’est tenu dans un climat tendu. Les syndicats, qui attendaient des précisions de la part de la direction, sont restés sur leur faim. Pour le Setca (FGTB), celle-ci s’est contentée de "reprendre le même refrain qu’en 2007 et en 2010". "La direction nous dit qu’en renforçant la polyvalence du personnel et en travaillant avec moins de bras et avec des caisses automatiques, Carrefour pourra assurer sa rentabilité au-delà de 2020. C’est trop court. Nous attendons des réponses crédibles", résume Myriam Delmée (Setca).

Qu'est-il ressorti de cette réunion? 

→ Deux hypermarchés sont appelés à fermer leurs portes: Belle-Île à Liège et Genk. Impact sur l'emploi: 270 personnes.

→ Quatre magasins vont voir leur volume se réduire. Trois sites passeront sous enseigne Carrefour Market (Haine-Saint-Pierre, Bruges Saint-Croix et Westerlo). Le dernier restera un hypermarché mais sur une surface réduite (Turnhout). Impact sur l'emploi: 295 personnes.

180 emplois seront supprimés au siège.

→ Reste un solde de 513 emplois. La direction a transformé ce nombre en volume d'heures: 12.000 heures. S'il est difficile de transposer cela en emplois effectifs, compte tenu des temps partiels et des temps pleins des salariés dans chaque magasin, les syndicats tablent certes sur quelque 340 équivalents temps plein. Soit, selon les calculs de Myriam Delmée une moyenne de 10 ETP par magasin.

→ Le plan porte sur deux volets: la digitalisation et une réorganisation du travail
La digitalisation passera par l'installation dans les deux ans à venir, de 6 et 14 caisses self-checkout dans les hypermarchés. Ce système, déjà utilisé chez Delhaize ou Ikea, offre, selon la direction, le double avantage de réduire la longueur des files et le temps passé à la caisse.

La réorganisation du travail passera, elle, par une plus grande polyvalence des salariés. Pour Myriam Delmée, c'est ce volet qui explique la majorité des pertes d'emplois annoncées par la direction et non pas la digitalisation et le e-commerce, comme avancé.

Licenciements ou départs volontaires? Rien n'est acquis pour l'heure. La syndicaliste affirme toutefois ne pas avoir un nombre suffisant de personnes prépensionnables pour limiter la casse. Alors que Carrefour Belgique affirme être rentable, elle indique que des solutions autres que celles trouvées sur le dos du personnel devront être dégagées. Elle attend ainsi de la direction un véritable plan commercial, histoire notamment de rendre plus attractifs les magasins.    

Myriam Delmée (SETCA / FGTB) ©Photo News

Alexandre Bompard, CEO du groupe avait indiqué en présentant son plan de restructuration pour la France que les 2.400 postes supprimés le seraient via des départs volontaires. Il reste toutefois que des magasins vont être franchisés, d'autres vont également voir leur surface réduite alors que les magasins ex-Dia sont en quête de repreneurs. Tout ceci pèse sur l'avenir d'un millier de salariés, pour qui un licenciement ne peut être écarté. "Le groupe Carrefour se donne bonne conscience mais si on additionne tout cela, nous sommes bien au-delà des 2.400 personnes annoncées", conclut Myriam Delmée .

Des assemblées d’information sont prévues ce jeudi dans les hypermarchés et au siège. Les responsables syndicaux n’excluent pas de nouvelles actions dans la foulée.

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