"Le gouvernement joue les pleureuses" dans le dossier Carrefour

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Les réunions sur le dossier Carrefour se sont enchaînées ce vendredi. Les ministres de l'Emploi ont chargé les organismes publics de l'emploi de réaliser un plan d'action global. Le Fédéral a rencontré la direction de Carrefour, puis les syndicats, qui "n'attendent pas grand chose du gouvernement".

La direction de Carrefour est arrivée au Lambermont à 15h ce vendredi, pour rencontrer plusieurs membres du gouvernement et les représentants de la direction de Carrefour Belgique. 

Charles Michel, les ministres de l'Emploi, des Finances (Johan Van Overtveldt) et des Affaires sociales (Maggie De Block) se sont ensuite réunis avec les syndicats du groupe Carrefour à 16h30. Ces derniers ont dénoncé la "compassion hypocrite" du gouvernement Michel. 

→ Lire notre article sur la démission de Sabine Laruelle du CA de Carrefour Belgique 

"Nous sommes venus par politesse, mais nous n'attendons rien du gouvernement", a déclaré Delphine Latawiec, secrétaire nationale au syndicat chrétien CNE. "C'est de l'hypocrisie, le gouvernement a créé les conditions pour de telles restructurations", a enchaîné Myriam Delmée, vice-présidente du Setca, qui a ajouté: "Quand le gouvernement aura une alternative sérieuse aux prépensions, on en reparlera."  "Le gouvernement joue les pleureuses, mais c'est trop tard. Il a réduit à néant les conditions de travail de qualité avec l'élargissement des flexi-jobs, l'assouplissement du travail étudiant, du travail de nuit, du travail à temps partiel... S'il veut vraiment faire quelque chose pour l'entreprise, il faut un encadrement légal qui tienne la route et de l'emploi de qualité."

Le ministre bruxellois en charge de l’Emploi, Didier Gosuin (DéFI), a invité ses homologues régionaux à se réunir ce vendredi midi pour une "réunion de crise" afin d’établir un plan d’action et "répartir les rôles", réunion à laquelle le gouvernement fédéral n'a pas participé. Une manière de clarifier les choses et de mettre fin au "football panique" qui commençait à se jouer dans les différents cabinets ministériels…

Durant cette réunion, les organismes publics de l'emploi et de la formation ont été chargés de se mettre immédiatement au travail pour soumettre aux ministres régionaux compétents, d'ici le 19 février, un plan d'action global. Ce plan doit permettre d'activer des mesures d'accompagnement pour le reclassement des travailleurs Carrefour, et ce dès que nécessaire. Il vise donc particulièrement les 1.233 personnes visées par les licenciements. Le mandat a été accordé aux directions de ces organismes (Actiris, Forem, VDAB et Bruxelles Formation). 

"La première chose est de mettre Carrefour devant ses responsabilités pour limiter les pertes."
Pierre-Yves Jeholet
ministre wallon de l’Economie et de l’Emploi

Les trois ministres de l'Emploi (Didier Gosuin pour Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet pour la Wallonie et Philippe Muyters pour la Flandre) ont insisté sur la volonté de permettre un reclassement rapide des personnes impactées par le plan Carrefour. Pour ce faire, il sera demandé à Carrefour d'établir une liste des compétences de chaque personne qui perdra son poste pour l'accompagner au mieux vers un nouvel emploi. "Mais la première chose est de mettre Carrefour devant ses responsabilités pour limiter les pertes", a commenté Pierre-Yves Jeholet.

La semaine prochaine, Didier Gosuin rencontrera la direction de Carrefour.

Le ministre fédéral de l'Emploi Kris Peeter a pris contact avec son homologue française Muriel Pénicaud: "Nous travaillerons ensemble pour stimuler le dialogue social et limiter au maximum les pertes d'emplois", a-t-il annoncé sur Twitter.

Pas de recours aux prépensions

Johan Van Overtveldt (Finances, N-VA), qui a exprimé sa "compassion" pour les travailleurs de Carrefour, s'est dit opposé au recours aux prépensions pour amortir le choc social"Maintenant les autorités doivent se mettre ensemble pour soutenir les personnes licenciées. Je crois que la prépension n'est pas une bonne mesure dans ce cas-ci. Ce serait un mauvais signal parce que, actuellement, il y a en Belgique près de 300.000 emplois vacants. Donc, je ne peux pas m'imaginer que si tout le monde fait son boulot comme il faut, on ne puisse pas trouver des emplois pour les personnes licenciées."

"Maintenant les autorités doivent se mettre ensemble pour soutenir les personnes licenciées. Je crois que la prépension n'est pas une bonne mesure dans ce cas-ci."
Johan Van Overtveldt
ministre des Finances (N-VA)

"Le gouvernement a pris pas mal de mesures pour stimuler la création d'emplois. Ces derniers mois, on a vu une énorme création d'emplois. Si tout le monde, y compris les autorités fédérales et régionales, fait son travail comme il faut, ça doit certainement être possible de trouver des emplois intéressants pour toutes les personnes licenciées chez Carrefour"

"Le gouvernement fédéral fera tout son possible pour soutenir au maximum les travailleurs de Carrefour et leurs familles", ont indiqué le Premier ministre Charles Michel et le ministre fédéral de l’Emploi Kris Peeters, depuis Davos, où se tient le Forum économique mondial.

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