Limiter les pertes d'emplois

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Les réactions politiques à l’annonce de Carrefour de supprimer 1.233 emplois ont été immédiates. Le Premier ministre Charles Michel a eu un premier contact avec la direction. Les ministres de l'Emploi se réunissent aujourd'hui.

Les politiques n'ont pas manqué de réagir à l'annonce de la suppression de 1.233 emplois chez Carrefour. Place au dialogue, à la concertation, et aux solutions.

"Je suis aux côtés des travailleurs et des familles, je mesure le désarroi, l’inquiétude et la détresse", a commenté de son côté le ministre de l’Emploi wallon Pierre-Yves Jeholet (MR), en se disant surpris par l’ampleur de l’annonce de Carrefour.

Au-delà des messages de compassion pour les travailleurs et leur famille, les différents ministres ont insisté sur la nécessité de respecter les procédures de concertation sociale qui existent en Belgique. Avec un objectif clair en tête: limiter la casse. Kris Peeters a ainsi annoncé qu’il veillera à ce qu’il y ait une "enquête approfondie sur les alternatives" aux licenciements.

"Je suis aux côtés des travailleurs et des familles, je mesure le désarroi, l’inquiétude et la détresse."
Pierre-Yves Jeholet
ministre wallon de l’Economie et de l’Emploi

Le Premier ministre a annoncé immédiatement qu’il prenait contact avec la direction de Carrefour avec l’intention d’avoir un entretien avec elle "au plus vite". Charles Michel a finalement eu un premier contact avec la direction jeudi en fin de journée, et compte rencontrer les syndicats ce vendredi.

Plus tôt dans la journée en effet, les déclarations et prises de décision éparses se sont multipliées. Le ministre wallon de l’Emploi, Pierre-Yves Jeholet, annonçant d’un côté avoir pris rendez-vous avec la direction de Carrefour mardi prochain ainsi qu’avec les représentants des travailleurs. Le ministre flamand de l’Emploi Philippe Muyters déclarant de son côté qu’il mettrait tout en place avec le VDAB pour aider les employés de Carrefour à retrouver un job.

Pierre-Yves Jeholet n’excluait pas non plus de réunir une conférence interministérielle Emploi (il en est le président) et d’associer le gouvernement fédéral. Du côté du Fédéral, on parlait aussi de réunion d’une task force, sans plus de détails.

"Carrefour ne parle pas encore de restructuration, mais de plan de transformation. Vraisemblablement, ce le sera, mais on ne peut pas encore parler de Loi Renault à ce stade."
Didier Gosuin
ministre bruxellois de l’Economie et de l’Emploi

Finalement donc, Didier Gosuin aura pris les devants. Il sera d’ailleurs en première ligne pour gérer le dossier, étant donné que le siège social de Carrefour se trouve en Région bruxelloise. "Carrefour ne parle pas encore de restructuration, mais de plan de transformation. Vraisemblablement, ce le sera, mais on ne peut pas encore parler de Loi Renault à ce stade, précise-t-il prudemment, en invitant les dirigeants de l’entreprise à "prendre leurs responsabilités" et "qualifier correctement leur plan".

Pouvoir limité

"Je rencontrerai la direction lorsqu’il y aura un plan sur la table, nous explique-t-il. Mais je ne veux pas donner de fausses illusions aux travailleurs en laissant croire que l’on peut infléchir les décisions de la direction. Il faut rester dans le rationnel, et ne pas faire naître des espoirs…" Un message identique à celui délivré par son collègue fédéral Kris Peeters, qui invite à "ne pas lancer à ce stade des possibilités d’actions qui ne seraient pas réalistes…"

→ Lire notre article: "Les magasins Carrefour en grève le resteront jusque lundi"

Didier Gosuin rappelle malgré tout qu’entre les premières annonces chiffrées de pertes d’emplois et le résultat final après négociation, il y a souvent un fossé. "Pour ING, on parlait de plus de 1.000 emplois, et on est finalement redescendu à 500 ou 600 emplois…"

"Il faut rester dans le rationnel et ne pas faire naître des espoirs."
Didier Gosuin
ministre bruxellois de l’Economie et de l’Emploi

Quelle marge de manœuvre ont réellement les politiques pour influer sur la décision de la direction de Carrefour? "Il ne faut pas oublier qu’on ne parle pas de fermeture d’entreprise, mais de restructuration", nous rappelle Kris Peeters. On n’est donc pas dans le même schéma que pour Caterpillar." "La marge de manœuvre est donc nettement plus réduite", confirme Annick Hellebuyck, spécialiste de la concertation sociale à la Fédération des entreprises de Belgique.

Il faut respecter la procédure Renault, dont la première phase vise à consulter et informer les travailleurs. Durant cette phase, le politique ne peut pas agir, sauf à user de son influence de manière informelle. Ce que Kris Peeters appelle "stimuler le dialogue social." Mais la main reste aux partenaires sociaux, seuls habilités à négocier.

Une fois le plan de restructuration établi, il est communiqué au ministre fédéral de l’Emploi et aux syndicats. Et à ce stade seulement, les ministres régionaux pourront lancer les organismes de placement (Forem, VDAB et Actiris) sur le dossier pour mettre en place les cellules d’outplacement ou de reconversion et aider les travailleurs licenciés à retrouver rapidement un emploi.

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