Amnesty ne compte pas s'opposer à l'extradition de Puigdemont

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Pour Amnesty International, les dirigeants séparatistes détenus en Espagne ne sont pas des "prisonniers d'opinion". En ce qui concerne la Belgique, l'ONG ne compte pas, en l'état, s'opposer à l'extradition de Carles Puigdemont.

Amnesty International estime que les huit anciens "ministres" catalans emprisonnés en Espagne, avec les leaders indépendantistes Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, ne sont pas des "prisonniers d’opinion". L'ONG ne devrait pas, non plus, s'opposer à l'extradition de Carles Puigdemont si la justice belge devait le décider. Mais Amnesty restera vigilante quant aux "conditions équitables" dans lesquelles la justice sera rendue.

L’ONG pense que la justice espagnole a le droit d’enquêter sur les délits présumés commis par les séparatistes. "Ils sont accusés d’actes qui peuvent constituer des délits", affirme Amnesty Espagne. 

L’emprisonnement des élus et anciens "ministres" séparatistes est une question clé qui déterminera la suite de cette crise. Le camp indépendantiste voit en eux des "prisonniers politiques" détenus par Madrid, alors que des élections doivent avoir lieu le 21 décembre prochain.

La question de savoir s'il s'agit de prisonniers d'opinion est prématurée. "Ils ne sont pas poursuivis pour une opinion exprimée, ce qui justifierait le label prisonnier d'opinion, mais pour un délit qu'ils auraient commis au regard du droit espagnol", précise Philippe Hensmans, directeur d’Amnesty Belgique.

"Dans l’état actuel des choses, nous ne comptons pas nous opposer à leur extradition car tant qu’il n’y a pas eu de procès, rien ne nous permet de conclure qu’il n’est pas équitable"
Philippe Hensmans
Directeur d'Amnesty Belgique

L’ONG est également attentive à la situation en Belgique, où la justice doit se prononcer sur l’extradition de Carles Puigdemont et de ses anciens conseillers. Un dossier politique inhabituel dans notre pays.

"Amnesty examine aussi la situation en Belgique. Dans l’état actuel des choses, nous ne comptons pas nous opposer à leur extradition car tant qu’il n’y a pas eu de procès, rien ne nous permet de conclure qu’il n’est pas équitable", ajoute M. Hensmans.

Les magistrats belges doivent analyser, entre autre, l’existence dans le droit belge des délits de "rébellion" et de "sédition" pour lesquels la justice espagnole poursuit les séparatistes, ce qui semble être le cas. "N’importe qui peut réclamer son indépendance. Mais à partir du moment où quelqu’un déclare cette indépendance hors de procédures légales, on peut considérer que c’est une atteinte à la sûreté de l’État, l’équivalent espagnol de la sédition", ajoute-t-il.

Le mouvement indépendantiste ne désarme pas. Une grande manifestation est programmée ce samedi pour la libération des prisonniers. Leurs familles ont annoncé qu’elles défileraient en tête du cortège.

La crise catalane continue à inquiéter les milieux économiques. John Hoffman, l’organisateur du Mobile World Congres, la grand-messe des nouvelles technologies, a menacé hier de déplacer l’événement hors de Catalogne si on ne pouvait garantir la "stabilité et la sécurité politique" de la région.

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