L'avocat belge Paul Bekaert a rencontré Puigdemont en Belgique

©EPA

L'avocat belge Paul Bekaert confirme qu'il a été nommé conseiller par Carles Puigdemont, le président catalan destitué par le gouvernement central espagnol. Il lui a parlé ce lundi après-midi en Belgique.

Selon l'avocat belge Paul Bekaert, le président destitué de Catalogne Carles Puigdemont est bel et bien en Belgique. Il l'a rencontré ce lundi après-midi. Il a été nommé pour être son conseiller.

L'information avait été révélée en fin de matinée par le quotidien espagnol El Periodico. Selon le journal, Puigdemont était à Bruxelles pour rencontrer des avocats et des autorités flamandes. L'information est donc confirmée par l'avocat belge ce lundi soir.

Me Bekaert, inscrit au barreau de Bruges, est connu comme défenseur des causes liées aux droits de l'Homme, aux questions d'extradition et à l'application du mandat d'arrêt européen.

Invoquant le secret professionnel, l'homme a refusé de confirmer si Puigdemont s'était informé sur la procédure de demande d'asile en Belgique. Il a également refusé de préciser si l'ex-président de la région catalane était à Bruxelles, "mais il est en Belgique". Selon le journal catalan La Vanguardia, Puigdemont devrait donner plus de détails sur les raisons de son voyage chez nous ce mardi.

Me Bekaert, inscrit au barreau de Bruges, est connu comme défenseur des causes liées aux droits de l'Homme, aux questions d'extradition et à l'application du mandat d'arrêt européen. Il avait notamment défendu le couple belge d'origine basque Luis Moreno et Raquel Garcia, soupçonné par l'Espagne d'être membres de l'organisation séparatiste basque ETA et de la militante de l'organisation d'extrême gauche turque Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C).

"Il a quitté l'Espagne. Que vont penser ses électeurs catalans? N'est-ce pas une forme de lâcheté?"

Le président destitué et ses ex-conseillers "pourraient demander l'asile politique", affirment El Periodico et la télévision espagnole La Sexta. Ces anciens conseillers sont Meritxell Borràs (PDECat), Toni Comín (ERC), Joaquim Forn (PDECat)Dolors Bassa (ERC) et un cinquième membre de l'ancien exécutif. Cette visite aurait été organisée par le représentant sortant de la Généralité de Catalogne, Amadeu Altafaj. Une réception privée avec la N-VA serait organisée ce lundi.

Le ministre de l'intérieur, Jan Jambon (N-VA), a toutefois précisé qu'il n'était "pas au courant" de la venue en Belgique du président catalan. Il a également assuré qu'il n'avait au cours des derniers jours eu "aucun contact avec Puigdemont". Précédemment, c'est le porte-parole du parti nationaliste flamand, Joachim Pohlmann, qui a démenti qu'une invitation ait été formulée par la N-VA.

Alors que tout le monde se demandait ce qu'allaient faire les indépendantistes suite à la suspension de l'autonomie de la Catalogne, Carles Puigdemont avait publié ce matin une photo du Palais de la Generalitat, laissant croire à sa présence à Barcelone. Mais il s'est avéré plus tard qu'il s'agissait d'une ancienne photo. Le président destitué était également absent de la réunion de son parti, le PDeCAT, prévue ce lundi matin à 10h.

"Que vont penser ses électeurs catalans?"

"Il a quitté l'Espagne. Que vont penser ses électeurs catalans? N'est-ce pas une forme de lâcheté?", commente une source proche du dossier.

Les propos de Francken sont "inacceptables" et constituent "une grave attaque contre la justice espagnole".
Gonzalez Pons
Eurodéputé espagnol

Le secrétaire d'Etat aux Réfugiés Theo Francken (N-VA) a déclaré hier que Carles Puigdemont avait la possibilité de demander l'asile politique en Belgique. Une hypothèse qui n'est "absolument pas à l'ordre du jour" pour le Premier ministre belge Charles Michel. "Je demande à Theo Francken de ne pas jeter de l'huile sur le feu", a-t-il ajouté.

Les déclarations de Francken ont hérissé le gouvernement espagnol. Pour l'eurodéputé espagnol Gonzalez Pons (PPE), les propos de Francken sont "inacceptables" et constituent "une grave attaque contre la justice espagnole".

Poursuites pour sédition

Ce déplacement de Puigdemont a lieu alors que le procureur général espagnol a requis des poursuites contre lui et d'autres membres de l'exécutif catalan pour rébellion, sédition et détournement de fonds publics. Ces crimes sont passibles d'une peine de trente ans de prison.

"Les principaux responsables politiques de la Généralité de Catalogne ont entraîné, avec leurs décisions et leurs agissements, une crise institutionnelle qui a débouché sur la déclaration unilatérale d'indépendance."

Selon le procureur, "les principaux responsables politiques de la Généralité de Catalogne ont entraîné, avec leurs décisions et leurs agissements, une crise institutionnelle qui a débouché sur la déclaration unilatérale d'indépendance". Deux plaintes ont été déposée contre le leader catalan. Par ailleurs, les indépendantistes ont annoncé ce lundi leur intention de participer aux élections convoquées par Madrid le 21 décembre prochain.

Vendredi dernier, le Parlement de Barcelone a adopté une motion proclamant l’indépendance de la Catalogne. Une heure après, le Sénat espagnol validait le déclenchement de l'article 155 de la Constitution, permettant une mise sous tutelle de la région, un événement sans précédent en Espagne depuis le retour de la démocratie en 1977. La vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, a été désignée pour diriger la Catalogne.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content