La banque Sabadell déménage son siège hors de Catalogne

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La deuxième banque catalane, Banco de Sabadell, va transférer son siège social en dehors de la Catalogne, dans la ville d'Alicante. Dans le même temps, la Cour constitutionnelle espagnole a suspendu la session du Parlement régional de Catalogne prévue lundi prochain au cours de laquelle les dirigeants séparatistes devaient proclamer l'indépendance.

Nouveaux épisodes dans la lutte que se livrent le pouvoir central espagnol et les institutions catalanes.

Dans un premier temps, sur le champ judiciaire et politique. La Justice espagnole, souhaitant prendre de l'avance, a décidé d'interdire la séance parlementaire prévue lundi au Parlement catalan. Celle-ci devait d'abord acter les résultats du référendum d'autodétermination, interdit par Madrid, et dans la foulée, il était envisagé que l'assemblée régionale fasse une déclaration d'indépendance.

Il y a peu de chance que cette décision fasse fléchir les velléités séparatistes catalanes. Depuis le début de cette crise politique, les indépendantistes font fi de toutes les décisions de la Justice espagnole, qu'ils estiment illégitimes.

Dans son nouvel arrêt, la Cour adresse un avertissement à la présidente séparatiste du Parlement Carme Forcadell et à l'ensemble des membres du bureau des présidents (chargé de l'ordre du jour) des risques de poursuites pénales qu'ils courent s'ils ignorent sa décision. La Cour constitutionnelle avait été saisie en urgence par le Parti socialiste de Catalogne, qui s'oppose à la sécession.

L'Economie s'en mêle

Dans le même temps, Madrid, poumon économique espagnol, met un peu plus la pression sur la Catalogne. "Les projets d'investissement en Catalogne sont suspendus en raison de la situation politique dans la région", a ainsi indiqué le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos. "Cela crée de l'incertitude qui paralyse les projets d'investissement en Catalogne. Je suis convaincu qu'aucun investisseur international ou national ne participera à un nouveau projet d'investissement tant que (la situation) ne se sera pas éclaircie", a-t-il encore déclaré.

Luis de Guindos a en revanche assuré que la crise politique actuelle n'avait pas affecté pour le moment la croissance économique espagnole, toujours attendue au-dessus de 3% cette année.

20%
La Catalogne représente un cinquième du produit intérieur brut (PIB) espagnol.

Ce que les banques craignent

La plus grande crainte des banques catalanes est de se retrouver en dehors de la zone euro en cas de déclaration unilatérale d'indépendance de leur région, ce qui leur ferait perdre leur accès au financement de la Banque centrale européenne.

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Du coup, la banque Sabadell, basée à Barcelone, a décidé d'aller voir si l'herbe n'était pas plus verte ailleurs. Elle a ainsi confirmé après-Bourse qu'elle allait transférer son siège social à Alicante.

La procédure, qui concerne uniquement le domicile social de la banque et non son personnel, démarrera vendredi "et sera rapide", prenant quelques jours, a précisé un porte-parole de la Banque à l'issue d'une réunion extraordinaire du conseil d'administration du cinquième établissement bancaire d'Espagne. A la Bourse de Madrid, ce transfert, qui n'était en cours de séance qu'une rumeur, a fait rebondir l'action Sabadell de 6,16% à 1,69 euros.

Autre grande banque catalane sujette à un possible déménagement: CaixaBank. La troisième banque au niveau national se décidera ce vendredi. Mais le quotidien El Mundo évoque déjà un déplacement temporaire du siège social aux îles Baléares.

Et ce n'est pas tout, il se dit que Madrid va faciliter le transfert de sièges sociaux catalans. Le gouvernement espagnol s'apprête, selon deux sources proches du pouvoir, de prendre un décret qui permettra aux entreprises de transférer plus facilement leur siège social hors de Catalogne, une décision qui pourrait lourdement affecter les finances de la région dont les dirigeants séparatistes prévoient de proclamer l'indépendance.

La solution belge pour sortir de la crise

La Belgique encourage l'Espagne à organiser un dialogue interne afin de trouver une solution à la crise institutionnelle qui la mine après le référendum catalan jugé inconstitutionnel.

La question d'un accompagnement de l'Union européenne se pose mais "à ce moment je ne soutiens pas encore la médiation internationale, la priorité du moment va au dialogue interne", a indiqué le Premier ministre Charles Michel à la Chambre. "Peut-être à terme conviendra-t-il d'évaluer cette position en fonction des évolutions et de l'état des lieux", a ajouté le chef du gouvernement fédéral, renvoyant au sommet européen des 19 et 20 octobre.

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