1. Dossiers
  2. Catalogne

La Catalogne proclame son indépendance, Madrid la met sous tutelle

Le gouvernement espagnol a décidé de dissoudre le parlement de Catalogne et va organiser des élections régionales le 21 décembre prochain. Quelques heures auparavant, le parlement catalan avait adopté quant à lui une motion proclamant l'indépendance de la région.
  • Ce qu'il faut retenir

    Le parlement catalan vote l'indépendance

    En milieu d'après-midi , le Parlement de Catalogne a adopté une Déclaration unilatérale d'indépendance, défiant le pouvoir central et accentuant une confrontation politique sans précédent en Espagne depuis la tentative de coup d'Etat de février 1981. 

    Rajoy destitue Puigdemont et son gouvernement

    Une heure après son adoption, le Sénat espagnol a validé le déclenchement de l'article 155 de la Constitution, permettant une mise sous tutelle de la région, un événement sans précédent en Espagne depuis le retour de la démocratie en 1977.

    Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a dans la foulée convoqué un conseil des ministres extraordinaire. A l'issue de celui-ci, il a indiqué que le gouvernement catalan dans son ensemble allait être destitué, annonçant diverses mesures en réaction au vote du parlement catalan.

    "Nous pensons qu'il est urgent d'entendre les citoyens catalans, tous les citoyens, de sorte qu'ils puissent décider leur avenir, et nul ne peut agir en leur nom en dehors de la loi."
    Mariano Rajoy

    Elections régionales en décembre

    Des élections régionales seront ainsi organisées le 21 décembre, a encore précisé le Premier ministre espagnol à l'issue d'un conseil extraordinaire des ministres. Il a ajouté qu'il chercherait à obtenir du Tribunal constitutionnel une censure de la déclaration unilatérale d'indépendance adoptée dans l'après-midi par le Parlement de Catalogne.

    ©AFP

    Rajoy a également annoncé que les ministères du gouvernement central assumeraient les pouvoirs de l'administration catalane et que le chef des Mossos d'Esquadra, la police de Catalogne, Josep Lluis Trapero, serait destitué.

  • Des milliers de partisans de l'indépendance manifestent dans Barcelone

  • Plusieurs villes catalanes replient le drapeau espagnol

    ifférentes villes de Catalogne ont retiré vendredi le drapeau espagnol flottant sur leurs bâtiments officiels. Sabadell - cinquième plus grande municipalité de la région- et Gérone, la ville dont le président catalan Carles Puigdemont a été bourgmestre, sont les plus grandes agglomérations à avoir franchi le pas. 

    D'autres villes plus modestes telles Figueres, Vic ou Tortosa ont aussi replié le drapeau espagnol. En revanche, la capitale catalane, Barcelone, n'a pas remisé le drapeau national. Sa bourgmestre Ada Colau a déjà à plusieurs reprises exprimé le fait qu'elle était opposée à une déclaration unilatérale d'indépendance et qu'elle optait de préférence pour le dialogue avec Madrid. 

  • Rajoy dissout le parlement de Catalogne, élections le 21 décembre

  • Un conflit interne qui doit se résoudre par le dialogue, selon Didier Reynders

    "Nous souhaitons que le dialogue ait lieu et qu'il y ait une capacité de se concerter à l'intérieur de l'Espagne. C'est avant tout un problème espagnol. Comme toute l'Union européenne l'a dit aujourd'hui, il faut que les Espagnols se parlent entre eux et cherchent une solution."
    Didier Reynders
    Ministre des Affaires étrangères

  • Ce que le vote du parlement catalan pourrait permettre

    La majorité indépendantiste du parlement catalan a proclamé une "République" constituée comme "Etat indépendant et souverain" et proposé d'établir des négociations immédiates avec l'Etat espagnol, des mesures qui placent la région hors du cadre constitutionnel espagnol.


        - Négociations avec l'Espagne   

    "Nous affirmons la volonté d'ouvrir des négociations avec l'Etat espagnol, sans conditions préalables, pour établir un régime de coopération au bénéfice de toutes les parties. Les négociations devront être, nécessairement, sur un pied d'égalité", selon ce texte.
       
        - Appel à la communauté internationale
       
    "Nous portons à la connaissance de la communauté internationale et des autorités de l'Union européenne la constitution de la République" et la volonté de négocier, précise le texte qui demande à l'UE "d'intervenir pour arrêter la violation des droits civiques et politiques" par le gouvernement espagnol.
       
        - Passeport et double nationalité
       
        Le parlement demande au gouvernement indépendant catalan de "promouvoir, devant tous les Etats et institutions, la reconnaissance de la République". La seconde partie du texte fait allusion à une Loi de Transition juridique, une sorte de Constitution préliminaire, approuvée en même temps que la déclaration d'indépendance, dans l'attente d'élections constituantes. Le parlement catalan invite le gouvernement régional à "promulguer les décrets nécessaires" pour produite des documents d'identité catalans, et impulser immédiatement la "souscription d'un traité de double nationalité avec le gouvernement du Royaume d'Espagne".
       
        - Adaptation des lois, surtout fiscales   

    Toutes les lois en vigueur en Catalogne doivent être adaptées à cette étape de transition, "avec une attention spéciale pour toutes celles qui régulent les impôts".
       
        - Intégration des fonctionnaires
       
    Tous les fonctionnaires dépendant directement de l'Etat central, 26.000 personnes au total, sont intégrés au service public catalan "sauf renonciation express", y compris les Catalans en service à l'étranger.
       
        - Banque centrale  

    Le texte prévoit aussi la création d'une banque centrale catalane, une banque publique d'investissement , ainsi que le démarrage de négociations sur la dette publique avec Madrid, et un "inventaire des biens".
       
        - Constitution

    Pour finir, il annonce le début du processus de rédaction d'une Constitution définitive et la convocation d'élections constituantes le plus tôt possible.

  • Le conseil des ministres du gouvernement espagnol a démarré il y a une heure maintenant. Aucune information n'a toutefois encore filtré sur les mesures concrètes qui seront prises à l'encontre de la Catalogne.

    Le parquet a déjà annoncé qu'il poursuivrait le dirigeant catalan, Carles Puigdemont, pour rébellion. Une communication devrait être faite dans la soirée.

  • Bourgeois espère que la raison triomphera

    Geert Bourgeois ©Photo News

    Le ministre-président flamand, Geert Bourgeois a déploré l'absence d'initiative en vue d'un dialogue par le gouvernement espagnol. "Je regrette que, depuis la consultation populaire du 1er octobre, aucune tentative sérieuse de dialogue ou même de prise de contact par le gouvernement de Madrid n'ait eu lieu. Je forme l'espoir que la raison triomphera et qu'il n'y aura pas de représailles au préjudice aussi bien du camp catalan que du camp espagnol", a expliqué Bourgeois.

    Le ministre-président renvoie une nouvelle fois à la résolution sur la Catalogne approuvée récemment au parlement flamand. "Dans le prolongement de cette résolution, je répète plus que jamais mon appel au dialogue et à une médiation internationale, dont l'Union européenne serait le partenaire logique", a-t-il dit.

  • Le parquet poursuivra le président catalan pour rébellion

    Le parquet général d'Espagne engagera la semaine prochaine une procédure judiciaire contre le président catalan Carles Puigdemont pour "rébellion", a indiqué un porte-parole du ministère public. "Un délit puni d'une peine de prison allant jusqu'à 30 ans", a indiqué ce porte-parole.

  • Le PS catalan va au Tribunal constitutionnel espagnol

    Le Tribunal constitutionnel espagnol a engagé l'examen d'un recours contre la déclaration unilatérale d'indépendance votée dans l'après-midi par le Parlement régional de Catalogne.

    La plus haute cour de justice a été saisie par le Parti socialiste catalan (PSC), opposé à l'indépendance, qui estime que la décision du bureau du Parlement de Catalogne d'inscrire cette motion à l'ordre du jour était contraire à la Constitution. Le tribunal a donné trois jours aux parties impliquées pour présenter leurs arguments.

  • Le Sénat espagnol n'autorise pas la mise sous tutelle des médias catalans

    La mise sous tutelle des médias publics catalans et le contrôle a priori des mesures prises par le Parlement régional que réclamait le gouvernement conservateur espagnol n'ont pas été autorisés par les sénateurs.

    La chambre haute a en revanche donné son feu vert au gouvernement central de Mariano Rajoy pour destituer les dirigeants indépendantistes catalans.

    C'est un amendement socialiste qui a fait barrage à la demande du gouvernement central de placer sous tutelle la chaîne de télévision publique catalane TV3 au nom d'"une information fiable, objective et équilibrée".

    D'autre part, les sénateurs ont adopté un amendement supprimant un contrôle a priori par le gouvernement central des textes adoptés par le Parlement de Catalogne, jugeant cette mesure anticonstitutionnelle. L'assemblée régionale ne pourra cependant toujours pas présenter de candidat à la tête du gouvernement catalan ni contrôler les décisions prises directement par l'exécutif sous tutelle, et ce jusqu'à la convocation d'élections régionales anticipées.

  • Les réactions internationales

    • Le président du conseil européen Donald Tusk a été le premier à réagir sur Twitter. "Pour l'UE, rien ne change. L'Espagne reste notre seul interlocuteur. J'espère que le gouvernement espagnol favorisera la force des arguments au lieu de l'argument de la force", a-t-il indiqué.

    • Les Etats-Unis ont quant à eux tenu à souligner "l'unité de l'Espagne". "La Catalogne fait partie intégrante de l'Espagne, et les Etats-Unis soutiennent les mesures constitutionnelles du gouvernement espagnol visant à maintenir l'Espagne forte et unie", a indiqué la porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert.
    • Berlin a annoncé qu'il ne reconnaissait pas la déclaration d'indépendance de la Catalogne. "Le gouvernement allemand voit l'aggravation de la situation en Catalogne avec inquiétude" et "ne reconnait pas une telle déclaration d'indépendance", a affirmé sur Twitter Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel.

    • Rajoy (le président du gouvernement espagnol) "a mon plein soutien", a déclaré quant à lui le président français Emmanuel Macron, qui a ajouté que la France "n'avait qu'un seul interlocuteur, le gouvernement de Madrid". "Il y a un Etat de droit en Espagne, avec des règles constitutionnelles. Il veut les faire respecter et il a mon plein soutien".
    • "L'UE n'a pas besoin d'autres fissures, d'autres fractures", a affirmé Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. "Nous n'avons pas à nous insérer dans ce débat hispano-espagnol mais je ne voudrais pas que, demain, l'Union européenne se compose de 95 Etats membres", a-t-il indiqué.
    • Londres "ne reconnait et ne reconnaîtra pas" l'indépendance de la Catalogne. "La déclaration d'indépendance est basée sur un vote qui a été déclaré illégal par les tribunaux espagnols. Nous continuons à vouloir voir l'Etat de droit maintenu, la Constitution espagnole respectée, et l'unité préservée", a annoncé un porte-parole du gouvernement.
  • Charles Michel prône le dialogue ... et Puigdemont lui répond

    Charles Michel a réagi sur Twitter. "Une crise politique ne peut être résolue qu'à travers le dialogue. Nous appelons à une solution pacifique avec le respect des lois nationales et internationales", a-t-il déclaré en anglais/ .

    Le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, lui a répondu, également en anglais et sur Twitter, que "le dialogue a été et sera toujours notre choix pour résoudre des situations politiques et aboutir à des solutions pacifiques".

  • Chute en Bourse pour les banques catalanes

    Les banques catalanes ont fait vaciller la Bourse de Madrid après la proclamation de l'indépendance de la Catalogne par le parlement régional, CaixaBank, troisième banque espagnole, perdant environ 2,38% après s'être repliée de 5% en cours de séance, et Banco Sabadell terminant en retrait de 4,13% à 1,60 euros.

    L'indice Ibex 35 de la Bourse de Madrid a fini en baisse de 1,45% après avoir plongé de 3% immédiatement après le vote au parlement catalan. 

  • "Une résolution ayant peu de valeur juridique"

    "La résolution exhortant l'exécutif régional catalan à déclencher l'indépendance de la région n'a en soi que peu de valeur juridique car la Constitution ne l'autorise pas. De plus, de nombreux partis avaient quitté l'hémicycle au moment du vote", selon le professeur Luk Van Langenhove (VUB).

    En outre, une telle déclaration n'a de sens que si elle est reconnue par suffisamment d'autres nations "et je ne vois les choses se passer ainsi rapidement", poursuit le professeur. "Certainement pas au sein de l'Union européenne", dit-il. "Cela s'avèrera probablement un coup dans l'eau".

    Un impact économique important

    "L'économie va en souffrir, surtout en Catalogne, mais aussi en Espagne et, peut-être, dans toute l'UE", indique le professeur.

    Selon lui, la résolution va exacerber les tensions en Catalogne. "Madrid va devoir maintenant mettre en oeuvre l'article 155 de la Constitution (autorisant la mise sous tutelle de la Catalogne, ndlr) avec beaucoup de prudence. Arrêter le président catalan Puigdemont ou prendre d'autres mesures brutales seraient une grosse erreur".

  • "La Catalogne va devenir un paria international"

    "Ca ne va pas changer grand-chose. La communauté internationale ignorera cette déclaration d'indépendance et la Catalogne va devenir un paria international."
    Hendrik Vos
    Professeur en politique européenne - UGent

    "La communauté internationale va ignorer cette déclaration d'indépendance. La Catalogne ne sera reconnue comme Etat indépendant par aucun pays et deviendra un paria international", explique le professeur de l'Université de Gand, Hendrik Vos. La Flandre ne se risquera pas non plus à le faire, malgré la sympathie qu'elle éprouve pour la Catalogne, précise ce spécialiste de la politique européenne. "En faisant cela, on ferait trembler les piliers de l'Union européenne, personne ne se prendrait un tel risque".

    La résolution catalane va par contre continuer à faire des remous en Espagne, selon l'universitaire. "Ça n'est pas bon. Il faudra de toute façon, un jour ou l'autre, accepter de dialoguer entre Catalans et Espagnols. Ce genre de dramatisation est peut-être utile pour avancer. Mais je pense que de nouvelles élections seront nécessaires en Catalogne afin que tous les partis puissent prendre un nouveau départ".

  • Puigdemont appelle les Catalans à "rester pacifiques"

    Le président de la région, Carles Puigdemont, a appelé les Catalans à rester "sur le terrain de la paix et du civisme". "Viennent des heures pendant lesquelles il nous faudra maintenir l'élan de ce pays (la Catalogne, ndlr) et le maintenir surtout sur le terrain de la paix, du civisime et de la dignité", a dit Puigdemont à l'intérieur du parlement régional, devant des députés et maires séparatistes.

    Quant au principal groupe indépendantiste catalan, il a demandé aux citoyens de ne pas suivre les ordres de Madrid, mais de répondre "de façon pacifique".

  • Un conseil des ministres extraordinaire à 18h00

    Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a convoqué un conseil des ministres extraordinaire à 18h00, après avoir obtenu le feu vert du Sénat pour des mesures de mise sous tutelle de la Catalogne.

    Le gouvernement espagnol discutera notamment de la destitution des dirigeants indépendantistes de la région à Barcelone.

  • Scènes de joie à Barcelone

    A Barcelone, plusieurs dizaines de milliers d'indépendantistes ont laissé exploser leur joie à l'annonce de la déclaration d'indépendance de la région.

  • Une première depuis ... 1934

    1934
    La dernière tentative de la Catalogne pour déclarer son indépendance remonte à 1934, lorsque le président de l'époque Lluis Companys avait proclamé une "République catalane" au sein d'une "République fédérale espagnole".

  • Quels seront les mesures adoptées?

    En mettant en oeuvre l'article 155 de la Constitution, le gouvernement peut maintenant destituer l'exécutif régional, contrôler la police et mettre sous tutelle le parlement régional. Mariano Rajoy doit désormais réunir un conseil des ministres lors duquel seront adoptées les premières mesures.

  • Rajoy appelle les Espagnols "au calme"

    Dès l'annonce de l'indépendance côté catalan, le président du gouvernement espagnol Mariano rajoy avait tweeté, demandant à tous les Espagnols de "garder leur calme", tout en promettant que "l'Etat de droit sera restauré en Catalogne".

  • La Catalogne déclare l'indépendance, l'Espagne la met sous tutelle

    Comme il l'avait laissé sous-entendre depuis le début de la semaine, le Sénat espagnol a déclaré ce vendredi après-midi la mise sous tutelle de la Catalogne. La proposition du gouvernement, basée sur l'article 155 de la Constitution, a été approuvée par 214 voix pour, 47 contre et une abstention.

    Cette décision était devenue incontournable suite à la décision, quelques minutes plus tôt, du parlement de Catalogne de déclarer son indépendance. Les députés catalans ont adopté une résolution déclarant que la région devenait un "Etat indépendant prenant la forme d'une République", avant d'entonner l'hymne indépendantiste, en l'absence de l'opposition.

    70
    Le vote avait été boycotté par les élus du Parti socialiste (PSOE), du Parti populaire (conservateurs, PP) et de Ciudadanos (centre), qui avaient précédemment quitté l'hémicycle en signe de protestation. La résolution a été votée avec 70 voix pour, 10 contre et 2 abstentions.

    Il est à présent demandé à l'exécutif catalan de négocier sa reconnaissance à l'étranger, alors qu'aucun Etat n'a manifesté son soutien aux indépendantistes. Cette motion sera vraisemblablement déclarée illégale par le Tribunal constitutionnel espagnol.

  • Bonjour à toutes et à tous,

    Bienvenue sur ce live pour suivre les événements qui se déroulent en Espagne.

Plus sur Les Marchés

Contenu sponsorisé

Partner content