La manifestation en soutien à l'indépendance a rassemblé 45.000 Catalans à Bruxelles

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Quarante-cinq mille Catalans se sont réunis à Bruxelles ce jeudi pour une manifestation dans le quartier européen. Les organisateurs ont appelé l’Europe à "se réveiller". Ils ont également dénoncé l’emprisonnement d’élus et le "procès politique" mené contre eux dans leur pays.

Ils ont débarqués en train, en bus, en voiture et en avion. "Et s’il y avait la mer entre l’Espagne et la Belgique, ils arriveraient en bateau", avait expliqué Francesco Bellavista, un des organisateurs de la manifestation. 45.000 personnes se sont réunies ce jeudi à Bruxelles, en plein cœur du quartier européen, pour manifester en faveur de l’indépendance de la Catalogne. Leur slogan tenait en trois mots: "Europe, réveille-toi!"

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Le président catalan destitué, Carles Puigdemont, a fermé le cortège avec Marta Rovira, la tête de liste de l’ERC (gauche républicaine). C’est le seul événement où les deux leaders ont été côte à côte. L’ancien président catalan vit en exil en Belgique afin d’échapper à la prison.

Junts per Catalunya, le parti de Carles Puigdemont, et l’ERC ont choisi de faire campagne séparément, alors qu’ils dirigeaient ensemble l’exécutif catalan qui fit voter l’indépendance le 27 octobre.

Manifestation d'indépendantistes catalans à Bruxelles le 7 décembre 2017

La manifestation a été organisée par l’Assemblée nationale catalane (ANC) et Omnium Cultural, dont les présidents Jordi Sanchez et Jordi Cuixart sont emprisonnés depuis le 16 octobre.

Le cortège avait démarré à 11h30 du parc du Cinquantenaire pour rejoindre la place Jean Rey vers 15 heures. Plus de 250 bus étaient stationnés dans les alentours. "Nous coopérons de façon étroite avec la police", avait indiqué un organisateur. Les Catalans avaient prévu leur propre service d’ordre.

Réveiller l’Europe

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Une manifestation d’une telle envergure en appelant aux "valeurs européennes" est rare à Bruxelles. Généralement, la capitale est le théâtre de cortèges s’attaquant à une politique ou l’autre de l’UE. "L’Espagne a violé les dispositions des traités constitutifs de l’Union européenne garantissant la liberté d’association, a affirmé Agusti Alcoberro, vice-président de l’ANC. Nous sommes ici pour demander à la Commission européenne et au Conseil de sauvegarder les valeurs européennes."

Les séparatistes reprochent au gouvernement espagnol d’avoir emprisonné des élus et les violences policières lors du référendum du 1er octobre.

Manifestation d'indépendantistes catalans à Bruxelles le 7 décembre 2017

Puigdemont reste en Belgique

"Pour l’instant, on reste ici."
Carles Puigdemont
président catalan destitué

Combien de temps la Belgique restera-t-elle leur terre d’accueil? La question est sur toutes les lèvres depuis que le juge du tribunal suprême espagnol a retiré le mandat d’arrêt européen émis à l’encontre de Carles Puigdemont et de quatre de ses anciens conseillers.

Le leader catalan est apparu mercredi à Bruxelles, à l’hôtel Président (cela ne s’invente pas), pour commenter cette décision surprenante. "Je suis venu à Bruxelles, la capitale de l’Europe, là où nous pouvons au mieux défendre nos droits, a déclaré Carles Puigdemont. Pour l’instant, on reste ici."

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Retourner en Espagne entraînerait son arrestation immédiate. Un mandat d’arrêt national et international court toujours contre lui, et ses anciens conseillers. Carles Puigdemont ne devrait pas, par contre, craindre d’arrestation en Belgique.

Aucun nouveau mandat d’arrêt européen ne devrait être émis par la justice espagnole. "Quand je lis le jugement du tribunal suprême, je ne vois aucune raison d’émettre un nouveau mandat d’arrêt", dit Paul Bekaert, l’avocat de Carles Puigdemont.

Le Catalan a remercié son avocat. "J’aurais préféré que la Justice belge puisse se prononcer (…) car les avocats et les juges ont dépensé beaucoup de temps pour étudier cette affaire qui n’est pas normale, a-t-il dit. Nous n’avons pas peur de la Justice et de la démocratie, l’État espagnol, lui, a peur." S’il doit retourner en Espagne, ce sera après les élections du 21 décembre.

Son élection au Parlement catalan ne fait aucun doute. L’immunité parlementaire sera-t-elle suffisante pour échapper aux poursuites entamées contre lui pour "sédition", "rébellion" et "malversations"? Rien n’est moins sûr. Aussi, Carles Puigdemont a-t-il demandé hier des garanties à Madrid. "Lorsque nous serons élus, nous envisagerons un retour. Mais cela sera-t-il possible? Si les citoyens veulent le même gouvernement que celui qui a été stoppé par l’article 155 cela sera-t-il respecté par Madrid?"

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