Le candidat à la présidence catalane placé en détention provisoire

©REUTERS

Cinq indépendantistes catalans, dont Jordi Turull ont été placés en détention provisoire ce vendredi. Le candidat à la présidence catalane ne pourra donc pas à assister a un débat sur son investiture prévu ce samedi.

Le Tribunal Suprême est finalement allé dans le sens de la demande du Ministère Public. Il a décidé ce vendredi de placer en détention provisoire Jordi Turull, candidat à la présidence catalane, et quatre autres accusés, en l'attente de leur procès. Le débat concernant l'investiture de Jordi Turull se fera donc sans la présence du principal intéressé.

Le Ministère public avait en effet requis la prison ferme pour Jordi Turull. La même demande avait été formulée en ce qui concerne Carme Focadell, l'ex-présidente du parlement catalan et les trois anciens conseillers Raül Romeva, Josep Rull et Dolors Bassa.

Carles Puigdemont, ancien aspirant à la présidence de la Catalogne, a dénoncé à la suite du verdict le non-respect des droits politiques. "Le jour où l'ONU exige de l'Espagne qu'elle respecte les droits de Jordi Sánchez, le juge a envoyé en prison cinq de nos collègues pour leurs idées et leur engagement. L'Etat espagnol antidémocratique est une honte pour l'Europe", a-t-i tweeté

13 indépendantistes catalans poursuivis

L'actuel candidat à la présidence de la Catalogne, Jordi Turull, est poursuivi pour rébellion. Le juge de la Cour suprême espagnole, Pablo Llarena, avait en effet confirmé les poursuites contre Turull mais aussi 12 autres indépendantistes catalans, dont l'ex-président régional Carles Puigdemont.

Jordi Turull, candidat à la présidence de la Catalogne, est poursuivi pour rébellion. ©EPA

Les peines peuvent aller jusqu'à 30 ans de prison, notamment pour avoir "impulsé la mobilisation en tant que porte-parole du gouvernement" régional.

Au total, neuf membres du gouvernement destitué sont poursuivis pour rébellion, dont Carme Forcadell, les présidents d'associations indépendantistes Jordi Sanchez et Jordi Cuixart et la numéro deux de la Gauche républicaine de Catalogne Marta Rovira.

En parallèle, Jordi Turull fait l'objet d'une enquête menée par le Ministère Public catalan.  Il lui est reproché d'avoir cédé à son épouse la titularité d'une grande partie de son patrimoine quelques mois avant la tenue du référendum pour l'indépendance selon RTVE.

Le président du Parlement catalan Roger Torrent a fait part de son soutien aux indépendantistes poursuivis."Vous n'êtes jamais seuls avec tant d'injustice", a-t-il tweeté. Ce vendredi, le Conseil porte-parole du Parlement catalan a publié une déclaration portant sur la défense des droits civiques et politiques. Le document dénonçait une "intolérable situation de judiciarisation de la politique qui affecte toute la société civile, les institutions et les débats parlementaires".


"Malgré les déclarations répétées d'inconstitutionnalité et de nullité (...) les organes exécutifs de la Généralité (exécutif) de Catalogne ont continué leur permanente et obsessionnelle activité pour créer les dénommées structures d'État" qui devaient poser les bases d'une République indépendante, écrit le magistrat.

Le juge évoque particulièrement une manifestation tendue, dix jours avant le référendum interdit, où des milliers de militants séparatistes ont assiégé pendant plusieurs heures un bâtiment public où la garde civile menait une perquisition. Il la qualifie de "soulèvement violent", estimant que les dirigeants catalans "savaient que ce type d'agissement était indispensable pour mener à bien un référendum interdit par les tribunaux, dont dépendait la déclaration d'indépendance".


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"Ca suffit de faire passer pour des violents ceux qui ont organisé les manifestations les plus pacifiques et massives de l'histoire récente de l'Europe", a vivement réagi Carles Puigdemont, en déplacement en Finlande.

Notons que de son côté Marta Rovira ne s'est pas présentée à la Cour suprême. Elle a en effet quitté l'Espagne et pris "le chemin de l'exil", avait-t-elle indiqué dans une lettre publiée vendredi par son parti. Face à son absence, le Ministère public a sollicité au juge un mandat d'arrêt international à son encontre.

Roger Torrent, Carles Puigdemont et Jordi Sanchez avaient exprimé tout leur soutien aux indépendantistes entendus ce vendredi.

Une tuile pour la présidence

Après les désistements de Carles Puigdemont et de Jordi Sanchez au titre de candidat à la présidence de la Catalogne, le nom de Jordi Turull avait été énoncé. Roger Torrent avait appelé à une convocation express ce jeudi visant à court-circuiter les "ingérences" de la justice dans le processus de sécession de la Catalogne.

Son élection s'est toutefois confrontée au manque de soutien des séparatistes les plus radicaux, en cause notamment sa convocation judiciaire du jour. Le parti fustigeant par ailleurs l'abandon par ses anciens partenaires de l'idée d'une sécession unilatérale.

Un second tour était prévu ce samedi mais les députés s'inquiètent d'un éventuel retour à la case prison. Une inquiétude désormais avérée.  Les indépendantistes devraient donc trouver un quatrième candidat pour prendre la tête de la Catalogne.

Le président espagnol Mariano Rajoy avait prôné ce vendredi la tenue d'un dialogue qui s'établirait dans le cadre de la loi et du respect de la Constitution espagnole. "Il appartient aux partis catalans d'offrir des solutions qui respectent la gouvernabilité de la Catalogne. Mon gouvernement continuera à offrir, comme il l'a toujours fait, un dialogue dans le cadre de la loi. J'espère que la normalité institutionnelle, économique et sociale sera bientôt réinstaurée", avait-t-il déclaré.

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