Les nationalistes catalans se sont financés illégalement

Le parti des ex-présidents nationalistes de la Catalogne Carles Puigdemont (à gauche) et Artur Mas (à droite) s'est financé illégalement selon la justice espagnole. ©EPA

Le parti des ex-présidents nationalistes de la Catalogne Carles Puigdemont et Artur Mas s'était financé illégalement, a tranché un tribunal de Barcelone. Selon la justice espagnole, le parti catalan a reçu au moins 6,6 millions d'euros du groupe Ferrovial "en échange de l'attribution garantie d'un certain montant de travaux publics".

Le parti de Carles Puigdemont et d'Artur Mas, les deux derniers présidents catalans en date, est dans le collimateur de la justice. D'après le tribunal de Barcelone, le CDC (Convergence démocratique de Catalogne), ancien nom du parti indépendantiste PDeCAT (Parti démocrate européen catalan), est parvenu à se financer illégalement par le biais de Ferrovial, une entreprise réputée du secteur des transports et cotée à la Bourse de Madrid.

Selon la cour, des commissions transitaient par le Palais de la musique, prestigieuse institution culturelle de Barcelone, dont les dirigeants sont condamnés à une peine de prison pour avoir détourné 23 millions d'euros entre 2000 et 2009. Le scandale, qui a éclaté en 2009, a alimenté les soupçons de corruption envers le parti nationaliste qui a gouverné la région pendant des décennies et s'est lancé à partir de 2012 dans une marche vers l'indépendance s'étant soldée fin octobre par la proclamation d'une République mort-née.

4%
Le montant des commissions occultes
Selon la cour, Ferrovial et CDC avaient négocié une commission de 4% sur le total des marchés publics obtenus, qui se divisait entre le parti (2,5%) et les deux principaux dirigeants du Palais de la musique.

Pour réhabiliter son image, le parti s'est refondé en 2016 sous le nom PDeCAT. La semaine dernière, Artur Mas, dirigeant de la Catalogne de 2010 à 2016, en a quitté la direction, une décision que ses détracteurs attribuent à cette affaire judiciaire. CDC n'était pas accusée comme personne morale mais devra rendre les 6,6 millions d'euros obtenus de manière irrégulière.  

La Catalogne ne peut pas "être dirigée depuis la Belgique"

Sur le terrain politique, la Catalogne se cherche toujours un nouvel exécutif après les élections de la fin du mois de décembre. Si Mariano Rajoy et Carles Puigdemont ne se parlent plus en direct, les deux dirigeants politiques multiplient les invectives indirectes. Ce lundi, devant des élus de son parti, Mariano Rajoy a remis le couvert. Le chef du gouvernement espagnol a affirmé que le futur président de la Catalogne devrait "prendre ses fonctions", et le faire "physiquement" car "on ne peut pas prendre ses fonctions depuis Bruxelles".

Le leader de la droite espagnole a aussi menacé son homologue catalan en précisant que "s'il ne le fait pas, l'article 155 restera en vigueur". Pour rappel, c'est cet article de la Constitution qui a permis la mise sous tutelle de cette région du nord-est de pays, depuis le 27 octobre.

De son côté, Carles Puigdemont, qui risque d'être arrêté s'il revient en Espagne, se trouve depuis plus d'un mois en Belgique pour échapper aux poursuites pour rébellion et sédition contre lui. Il souhaite ainsi être investi à distance, une option qui ne convainc pas son principal allié, la Gauche républicaine de Catalogne, et que l'opposition et le gouvernement central ont promis de contester devant la justice. 

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