Les séparatistes catalans conservent la majorité absolue

©AFP

Après le dépouillement de la quasi totalité des bulletins de vote, les partis indépendantistes remportent les élections. Ils conservent leur majorité absolue au parlement régional catalan avec 70 sièges sur 135.

Les formations indépendantistes catalanes étaient bien parties pour conserver leur majorité absolue au Parlement régional à l'issue des élections de jeudi, selon des résultats partiels publiés par l'exécutif catalan après dépouillement de 95% des bulletins.

Ces résultats partiels confirmant la tendance exprimée par un sondage à la sortie des urnes sonnent comme un désaveu pour Madrid, qui espérait que ce scrutin affaiblirait les partis indépendantistes et étoufferait leur campagne pour une sécession à marche forcée.

D'après les projections réalisées à partir des résultats dépouillés, les mouvements séparatistes (Junt per Catalunya de Puigdemont, ERC et CUP) obtiendraient 70 élus, soit deux de plus que la majorité absolue, dans le Parlement de 135 sièges. Carles Puigdemont resterait le président catalan.

Les résultats définitifs ne sont pas attendus avant minuit.

Participation en forte hausse

Le taux de participation s'est établi à un record de 82%, largement au-dessus des 75% lors des élections de 2015. Il est à noter que le précédent scrutin avait eu lieu un dimanche.

Oriol Junqueras, l’ancien vice-président de Catalogne, tête de liste de l’ERC, a fait campagne depuis sa prison de Madrid où il est en détention préventive pour "rébellion", "sédition" et "malversations financières".

Carles Puigdemont, son ancien allié, poursuive des mêmes charges, s’est exilé en Belgique pour mener campagne et "sensibiliser" l’Europe. Un départ vu comme une "fuite" par certains indépendantistes, tandis que Junqueras fait plutôt figure de martyr.

D’intenses négociations s’annoncent, alors que les partis indépendantistes présentent des sensibilités politiques diverses, allant de la CUP à Junt per Catalunya, une formation de centre droit.

Plusieurs semaines seront nécessaires pour bâtir une coalition capable de gouverner la Catalogne. Entre-temps, la région restera sous contrôle de Madrid.

Le 27 octobre, pas moins de 70 députés catalans sur 135 avaient voté une déclaration d’indépendance de la "République catalane". Pour bloquer l’agenda sécessionniste, le gouvernement Rajoy avait enclenché la procédure de l’article 155 de la Constitution espagnole lui permettant de prendre les commandes en Catalogne. Dans la foulée, il avait convoqué les élections. La justice espagnole avait ensuite émis des mandats d’arrêts contre les anciens membres de l’exécutif catalan.

Depuis lors, les liens se sont relâchés dans le camp indépendantiste.

Le Premier ministre Mariano Rajoy n’a pas réussi à éroder le succès électoral des indépendantistes, mais sa stratégie a brisé la marche forcée vers la république. La fermeté de sa réaction et le soutien de l’Union européenne ont étouffé le mouvement qui semblait irrésistible depuis le référendum du 1er octobre dernier.

Mais il faudra encore du temps pour "rétablir la normalité", comme l’a souhaité M. Rajoy avant les élections.

L'économie en berne

L’économie catalane a souffert de la crise indépendantiste. Le tourisme, un des poumons de l’économie la plus riche d’Espagne, a reculé de 10% à 15% en octobre et novembre, surtout à Barcelone. Les réservations hôtelières au premier trimestre 2018 sont en baisse de 10% en un an.Le climat incertitude pèse sur les affaires. Près de la moitié des patrons catalans ont gelé leurs investissements et un quart embaucheront moins que prévu l’an prochain.Plus de trois mille grandes entreprises — représentant 30% du PIB régional — ont déménagé leur siège hors de la Catalogne afin de se préserver de l’instabilité politique.Les agences de notation Standard and Poors et Fitch envisagent, quant à elles, d’abaisser la note de la dette de la Catalogne.

Des Catalans indécis

La presse espagnole titrait ce jeudi sur le million d'indécis, près d'un cinquième du collège électoral, dont le choix pouvait faire basculer le scrutin d'un côté ou de l'autre.

©El Pais

La récente étude du cabinet catalan d'études sociales et d'opinion publique (GESOP), citée par le quotidien national El Periódico, indiquait que 45% des Catalans étaient en faveur de l'indépendance. 20% de ceux-ci précisaient en outre qu'ils l'étaient "depuis toujours". À l'inverse, 51% des Catalans se déclaraient "non indépendantistes".

En 2015, les indépendantistes avaient pour la première fois remporté une majorité des sièges au parlement catalan, en rassemblant 47,8% des suffrages avec déjà un record historique de participation (74,95%). Les élections ont été convoquées par le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, qui a placé la région sous tutelle après la déclaration d'indépendance de son parlement régional.

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