portrait

Soraya Saenz de Santamaria, une ambitieuse au pouvoir en Catalogne

À 46 ans, Soraya Saenz de Santamaria est l’un des piliers du gouvernement espagnol. Elle devra désormais s’occuper du dossier catalan.

Elle est à la fois vice-présidente et ministre de la Présidence et des Administrations territoriales – un portefeuille créé sur mesure en 2016 pour gérer le dossier catalan. Et depuis le 27 octobre, Soraya Saenz de Santamaria est à la tête de la Catalogne, à la place de son ancien président, Carles Puigdemont, destitué depuis la mise en tutelle de la région par Madrid.

"Si vous êtes jeune, vous êtes une femme et vous mesurez 1,50m, on vous perçoit comme quelqu’un de vulnérable", avait dit Soraya Saenz de Santamaria en assumant en 2008 le poste de porte-parole du groupe parlementaire du Parti populaire (PP, conservateurs au pouvoir). Personne n’oserait désormais sous-estimer cette avocate de formation qui depuis dix-sept ans est devenue la plus fidèle conseillère du Premier ministre espagnol Mariano Rajoy.

Le profil
  • 1971: Naissance à Valladolid au sein d’une famille de classe moyenne. Elle y étudie le droit.
  • 2000: Le chef de cabinet de Mariano Rajoy embauche cette jeune avocate qui lui avait envoyé son CV.
  • 2004: Devient député du Parti populaire au Parlement. Puis devient la porte-parole du groupe en 2008, la première femme à assumer ce poste.
  • 2011: Naissance de son fils Ivan. Elle devient vice-présidente du gouvernement.

Il lui a confié les taches les plus ingrates, les dossiers les plus délicats. Lorsque le ministre de la Santé s’emmêle les pinceaux dans l’affaire Ebola en 2014 (une infirmière est infectée du virus dans un hôpital de Madrid), c’est elle qui gère l’affaire. Lorsqu’en décembre 2015 Mariano Rajoy ne veut pas comparaître dans un débat électoral à quatre, avec entre autres le responsable du parti radical de gauche, Pablo Iglesias, c’est elle qui prend sa place. Et lorsqu’il y a un an, le gouvernement conservateur décide de négocier avec l’exécutif catalan une sortie de crise, c’est elle qui fait le va-et-vient entre Madrid et Barcelone.

Diplômée en droit de l’université de Valladolid, où elle est née en 1971 dans une famille de la classe moyenne de droite, elle a exercé comme avocate d’Etat – c’est-à-dire comme fonctionnaire du ministère de la Justice. En 2000, elle est recrutée en tant que conseillère juridique par Mariano Rajoy alors que celui n’est encore que vice-président du gouvernement de José María Aznar. C’est elle qui a pris l’initiative d’envoyer son CV au chef de cabinet de Rajoy. Elle travaille alors dans la petite ville de Leon et prend le bus pour aller le voir à Madrid.

Elle devient députée du PP un peu par hasard en 2004 lorsque l’un de ses élus, Rodrigo Rato, part à Washington prendre la tête du FMI. Depuis, son ascension a été fulgurante. En 2011, elle vient tout juste d’avoir son fils, Ivan, lorsqu’elle est nommée vice-présidente et porte-parole du gouvernement. Elle ne prend pas de congé maternité et intègre son poste dix jours plus tard.

Danser en public

Elle n’hésite pas à danser en public. On a ainsi pu la voir se trémousser allègrement lors des meetings de fin de campagne du Parti populaire; invitée à l’un des programmes les plus populaires de la télévision espagnole, El Hormiguirero, ou à l’occasion de la "Feria de Abril" de Séville.

Décrite comme un bourreau de travail par ses collègues, l’influence politique de Soraya Sáenz de Santamaría, qui perd rarement le sourire, est telle, selon le quotidien El País, que la vice-présidente "a créé un courant au sein du gouvernement" dont les jeunes loups – "les sorayos" – se battent pour étendre son influence.

Pour l’instant loyale au président espagnol, ses détracteurs lui soupçonnent néanmoins une ambition illimitée. L’année dernière, lorsque Mariano Rajoy n’arrivait pas à former un gouvernement en minorité, son nom fut mentionné à plusieurs reprises. Le dossier catalan pourrait être son tremplin vers le pouvoir.

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