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Voici les 4 scénarios pour l'avenir de la Catalogne

Dimanche, le "oui" l'a emporté à 90% lors du référendum sur l'indépendance de la Catalogne, organisé en dépit de l'interdiction par le pouvoir central madrilène. Lundi matin, alors que le gouvernement catalan tient une réunion de crise, les banques catalanes chutent à la Bourse de Madrid.
  • Les banques espagnoles ont chuté ce lundi

    Les banques espagnoles, en particulier les catalanes CaixaBank et Banco de Sabadell, mais aussi Banco Santander, ont fortement chuté à la Bourse de Madrid aujourd'hui.

    → Le cours de CaixaBank a clôturé en baisse de 4,43% à 4,05 euros. Banco de Sabadell a perdu 4,53%, à 1,69 euro, dans un marché en baisse de 1,21%.

    Les deux banques ont enregistré des baisses supérieures à 5% durant la séance.

    Les autres banques espagnoles sont également en nette baisse:

    • Banco Santander, première banque espagnole mais aussi de la zone euro, a frôlé les -3% pendant la séance, avant de clôturer en baisse de 1,61% à 5,81 euros.
    • BBVA, deuxième banque espagnole, a perdu 2,37% à 7,38 euros.

    "Nous ne prévoyons pas pour l'instant que le problème se transmette au reste des principales places européennes ni à l'euro", estiment dans une note les analystes de Link Analisis. "Néanmoins, si la situation s'enkystait en Espagne jusqu'à provoquer une grave crise institutionnelle, nous n'écartons pas la possibilité que cela puisse affecter le reste des marchés de la zone euro", ajoutent-ils.

  • Débat mercredi au Parlement européen

    Les députés européens ont décidé d'ajouter à leur ordre du jour de mercredi un débat consacré à la situation en Catalogne.

    Ce débat d'urgence aura lieu mercredi après-midi à Strasbourg, a annoncé le président du Parlement, Antonio Tajani, après un vote sur cette question organisé en ouverture de la session plénière.

  • Le Barça se joint à la grève générale prévue demain

    Le FC Barcelone a annoncé son intention de se joindre au mouvement de grève générale prévu demain en Catalogne en réaction aux violences policières intervenues lors du référendum. "Le FC Barcelone se joindra à la grève générale de mardi et en conséquence, le club sera fermé demain", a indiqué le Barça dans un communiqué.

    "Ni les équipes professionnelles ni les jeunes du centre de formation ne s'entraîneront demain", est-il précisé. L'immense majorité des stars du club ne devaient de toute façon pas s'entraîner avec le Barça.

  • Des "millions" de bulletins imprimés en France

    "Plusieurs millions de bulletins" pour le référendum ont été imprimés dans la partie française de la région transfrontalière. C'est ce qu'a indiqué Jordi Vera, un responsable du parti nationaliste catalan français "Oui au Pays Catalan".

    Mais "les personnes qui ont travaillé ne souhaitent pas pour l'instant sortir de l'anonymat car des juges espagnols pourraient les mettre en examen et lancer des mandats d'arrêt internationaux", a-t-il ajouté. "Certains sont de 'Oui au Pays Catalan', d'autres non. Mais il fallait aider les Catalans du Sud à voter, à s'exprimer. On voulait montrer qu'on est solidaires et que les frontières ne nous séparent pas", a souligné le responsable.

  • Tusk exhorte Rajoy à "éviter" un nouvel "usage de la force"

    Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a exhorté le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy à éviter "un nouvel usage de la force".

    Lors d'une conversation téléphonique avec Rajoy, "j'ai appelé à trouver des moyens pour éviter une nouvelle escalade et un nouvel usage de la force", a déclaré Tusk, sur le réseau social Twitter.

  • Quels scénarios maintenant?

    ♦ Proclamation d'indépendance

    Carles Puigdemont, président catalan. ©AFP

    Le président catalan Carles Puigdemont a annoncé dimanche soir qu'il transmettrait au parlement régional les résultats du vote (victoire du "oui" avec 90% des voix) "pour qu'il agisse selon ce que prévoit la loi du référendum". Cette loi prévoit que le parlement catalan proclame l'indépendance dans les deux jours suivant la proclamation officielle des résultats.

    Pour Oriol Bartomeus, politologue à l'université autonome de Barcelone, "les indépendantistes ont une feuille de route, et après ce qu'il s'est passé hier, que ce soit ou non un bon résultat, ils n'ont pas d'autre issue que de continuer". Selon lui, "c'est une boule de neige qui dévale la montagne, qui va de plus en plus vite, et que personne ne peut arrêter".

    ♦ Suspension de l'autonomie catalane

    Si la déclaration d'indépendance a lieu, "cela obligera l'Etat à intervenir", estime Javier Pérez Royo, professeur émérite de droit constitutionnel à l'université de Séville. Il évoque l'article 155 de la Constitution espagnole qui permet au gouvernement, si une région viole ses obligations constitutionnelles et légales ou "porte gravement atteinte à l'intérêt général d l'Etat", de "l'obliger à les respecter".

    Jamais déclenché, il a souvent été présenté comme un dernier recours, mais le ministre de la Justice a semblé ouvrir la porte à son application, en affirmant que le gouvernement, qui a déjà mis sous tutelle le budget catalan, ferait "tout ce que permet la loi" pour empêcher la déclaration d'indépendance. "

    ♦ Motion de censure contre Rajoy

    Mariano Rajoy, Premier ministre espagnol. ©REUTERS

    Le Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy et les centristes de Ciudadanos, radicalement hostiles aux indépendantistes, n'ont pas la majorité absolue à la chambre des députés. Théoriquement, les socialistes du PSOE et la gauche radicale de Podemos, soutenus par des partis régionaux dont les catalans, peuvent donc réunir une majorité pour renverser Rajoy.

    "Rajoy a pressé le citron de l'affrontement jusqu'au bout et ça commence à se retourner contre lui", estime Javier Pérez Royo. Pour Pablo Simon, une motion de censure est un scénario qui "ne peut pas être exclu, mais cela doit se produire dans les 48 heures. S'il y a une déclaration unilatérale d'indépendance, il n'y a pas de compromis possible, tout le cadre est brisé."

    Or, les socialistes, qui soutiennent "l'application de la Constitution", ne semblaient pas privilégier cette voie. Cela supposerait en effet que leur chef Pedro Sanchez fasse d'importantes concessions aux indépendantistes, peut-être un référendum d'autodétermination en bonne et due forme, ce qu'une partie du PSOE rejette catégoriquement.

    ♦ Ouverture de négociations

    Après cinq ans de dialogue de sourds entre les Catalans et l'Etat espagnol, une reprise des négociations semble très improbable. Carles Puigdemont a appelé à une "médiation internationale" pour résoudre la crise, sans préciser ce qu'il attendait d'elle. Mais Pablo Simon voit "très difficilement comment les modérés de chaque camp pourraient s'imposer".

    De nouvelles élections régionales en Catalogne, comme le réclament les centristes de Ciudadanos, sont aussi très peu probables, selon lui. "Ce serait remettre les compteurs à zéro".

  • L'euro toujours en baisse face au dollar

    L'euro continue de baisser face au dollar ce lundi. Vers 15h, l'euro valait 1,1757 dollar contre 1,1818 dollar vendredi vers 23h.

    La monnaie unique baissait également face à la devise japonaise, à 132,38 yens pour un euro contre 132,97 yens vendredi soir.

  • Macron dit à Rajoy son "attachement à l'unité constitutionnelle de l'Espagne"

    Le président français Emmanuel Macron a exprimé au chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy "son attachement à l'unité constitutionnelle de l'Espagne".

    Lors d'un entretien au téléphone, Macron lui a réaffirmé qu'il n'avait "qu'un seul interlocuteur en la personne de Rajoy", a ajouté l'Elysée, sans évoquer les violences policières qui ont fait près de 900 blessés.

  • Guy Verhofstadt condamne avec force ce qu'il s'est passé dimanche

    "Je ne veux pas m'immiscer dans les questions intérieures de l'Espagne, mais je condamne absolument ce qu'il s'est passé aujourd'hui [dimanche] en Catalogne", a indiqué Guy Verhofstadt sur son compte Facebook dimanche soir.

    "Même basée sur des décisions de justice, l'utilisation de la violence a été disproportionnée pour mettre fin à cette situation."

    "D'une part, les partis séparatistes ont organisé un soi-disant référendum qui était interdit par la Cour Constitutionnelle, sachant très bien trop bien que seule une minorité participerait vu que 60 % des Catalans sont contre la séparation", a-t-il estimé.

    "D'autre part, même basée sur des décisions de justice, l'utilisation de la violence a été disproportionnée pour mettre fin à cette situation. Dans l'Union Européenne, nous essayons de trouver des solutions par le dialogue politique et le respect de l'ordre constitutionnel tel qu'inscrit dans les traités, en particulier dans l'article 4", a poursuivi le député européen belge.

    "Il est grand temps de procéder à une désescalade. Seule une solution négociée, dans laquelle tous les partis politiques, y compris l'opposition au parlement catalan, sont impliqués et dans le respect de l'ordre constitutionnel et juridique du pays, est la voie à suivre", a conclu l'ancien Premier ministre.

  • La N-VA prône le dialogue pour l'indépendance

    ©BELGA

    "Les Catalans se sont exprimés clairement malgré les intimidations. Pour la N-VA, il est clair qu'un dialogue doit s'engager en vue de donner une suite à la volonté exprimée par le peuple catalan", a expliqué le président des nationalistes flamands, Bart De Wever.

    "Ce fut un triste jour pour l'Europe. Les Catalans ont le droit de s'exprimer, et ce droit a été bafoué par la violence d'Etat. C'est inacceptable", dit-il. La N-VA déposera des résolutions à la Chambre et au parlement flamand en vue d'un dialogue entre Madrid et Barcelone sous l'égide de médiateurs internationaux. Elle demandera également l'inscription de ce sujet à l'agenda du Parlement européen.

    L'Etat espagnol a perdu le sens de la mesure, selon les nationalistes. "Cela n'est pas arrivé comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu. La situation a dégénéré après que le statut d'autonomie négocié de la Catalogne a été annulé et que tout dialogue avec les Catalans a été refusé", dit encore le parti nationaliste.

     

    "Quand un Etat membre tire sur ses propres citoyens et les empêche d'exercer un droit démocratique fondamental, on ne peut pas regarder ailleurs."

  • L'ONU appelle Madrid à enquêter sur "tous les actes de violence"

    Le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Zeid Ra'ad Al Hussein a exhorté les autorités espagnoles à mener des enquêtes "impartiales" sur "tous les actes de violence" commis en Catalogne à l'occasion du référendum interdit de dimanche.

    "J'exhorte les autorités espagnoles à garantir des enquêtes complètes, indépendantes et impartiales sur tous les actes de violence", a déclaré le Haut Commissaire dans un message écrit, appelant au dialogue et soulignant que "les interventions policières doivent être en tout temps proportionnées et nécessaires".

  • Le président catalan demande une médiation internationale

    A l'issue d'une réunion de crise de son gouvernement, le président catalan a exigé le retrait des forces policières déployées par Madrid en Catalogne.

    Carles Puigdemont a également estimé qu'une médiation internationale était indispensable dans la crise opposant Madrid à la région. "Il nous faut la présence d'un tiers, elle doit être internationale pour être efficace", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Barcelone, en souhaitant l'instauration d'un "climat plus détendu".

  • Nadal: "Mon coeur a saigné toute la journée"

    ©REUTERS

    "Mon coeur a saigné toute la journée" a déclaré le tennisman espagnol Rafael Nadal. "J'ai envie de pleurer quand je vois un pays où nous avons appris à co-exister et à devenir un bon exemple pour le reste du monde se retrouver dans une telle situation", a déclaré le gaucher de 31 ans.

    "Je crois que nous avons donné une mauvaise image au monde. C'est un moment triste. J'ai passé plusieurs parties de ma vie en Catalogne, j'y ai passé des moments importants et voir une société si radicalisée me surprend et me désole", a ajouté le héros espagnol.

    Nadal avait pris position contre le référendum d'autodétermination. "Je me sens très proche des Catalans, mais je me sens très Espagnol également. Je n'imagine pas une Espagne sans la Catalogne. Je n'aimerais pas voir ça. Ce vote ne devrait pas se produire parce que, de mon point de vue, chacun doit respecter les lois. Je pense qu'il faut faire un effort pour trouver un terrain d'entente parce que nous sommes plus forts unis que divisés. L'Espagne est meilleure avec la Catalogne, et la Catalogne est meilleure avec l'Espagne", avait-il déclaré le 12 septembre.

  • Journée chargée pour Mariano Rajoy

    Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a commencé la journée en rencontrant des membres de son parti, le parti populaire (Partido Popular, PP). Il doit encore s'entretenir dans la journée avec Pedro Sanchez, à la tête du Parti socialiste et ouvrier espagnol (PSOE) puis avec le leader du parti centriste Ciudadanos, Alberto Rivera.

    De son côté, le président catalan Carles Puigdemont a convoqué une "réunion de crise" de son gouvernement et devrait s'exprimer devant la presse dans l'après-midi.

  • "Passer de la confrontation au dialogue"

    Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a appelé "tous les acteurs pertinents" à "passer rapidement de la confrontation au dialogue". "La violence ne peut jamais être un instrument en politique", a-t-il indiqué.

    Pour Jean-Claude Juncker, il s'agit d'un problème interne à l'Espagne, qui doit être réglé en interne. "Au-delà des aspects purement légaux, il est temps pour l'unité et la stabilité, pas pour la division et la fragmentation", affirme la déclaration de la Commission, qui "fait confiance au leadership de Mariano Rajoy (le Premier ministre espagnol, ndlr) pour gérer ce processus difficile dans le plein respect de la Constitution et des droits fondamentaux qu'elle protège".

  • "Une lourde atteinte au prestige démocratique"

    En faisant usage de la violence lors du référendum d'autodétermination de la Catalogne, et avec la réaction du Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, Madrid est loin d'avoir fait bonne impression, estime ce lundi le quotidien espagnol El Pais.

    "Le monde avait les yeux rivés vers nous, et ce qu'il a vu ne lui a pas plu. Le bilan pour l'image du gouvernement et donc pour l'Espagne, n'aurait pas pu être pire. Rajoy a bloqué le référendum, mais au prix d'une lourde atteinte au prestige démocratique de l'Espagne", écrit le quotidien.

    "Un leader politique est quelqu'un qui doit pouvoir communiquer avec les citoyens, et qui doit être capable d'expliquer ses décisions, même les plus difficiles. Ce n'est pas le cas de Mariano Rajoy."

  • Madrid hausse le ton

    Le ministre espagnol de la Justice, Rafael Catala, a assuré ce lundi que l'Etat ferait "tout ce que permet la loi" si les séparatistes catalans déclaraient unilatéralement l'indépendance après le référendum d'autodétermination interdit de dimanche.

    "Si quelqu'un prétend déclarer l'indépendance d'une partie du territoire par rapport à l'Espagne (...), il faudra faire tout ce que permet la loi pour que ce ne soit pas ainsi", a-t-il déclaré à la télévision publique espagnole.

  • L'euro recule face au dollar

    L'euro baisse face au dollar ce lundi, alors que plane une possible crise politique en zone euro.

    Vers 11H, l'euro valait 1,1741 dollar contre 1,1818 dollar vendredi vers 23h. La monnaie unique baisse également face à la devise japonaise, à 132,45 yens pour un euro contre 132,97 yens vendredi soir.

  • Près de 900 blessés

    Le gouvernement catalan parle d'environ 900 blessés suite à l'intervention des forces de police dimanche lors du référendum. 

    Les services de santé catalans ont indiqué avoir soigné 893 personnes blessées. Quatre de ces blessés sont dans un état grave mais stable, ont-ils précisé.

  • Les banques catalanes chutent à la Bourse de Madrid

    A 11H40, le cours de Caixa Bank chutait de 3,23%, à 4,10 euros, et celui de Banco de Sabadell perdait 4,81%, à 1,68 euro, après avoir plongé de 5,10% quelques minutes auparavant, dans un marché en baisse de 1,13%.

    → Les autres banques espagnoles étaient également à la baisse, mais moins fortement: Banco Santander perdait 2% à 5,79 euros et BBVA 2,34% à 7,38 euros.

  • Une réunion de crise du gouvernement catalan se tient depuis 30 minutes à huis-clos.

    Aucune information n'a encore filtré pour le moment.

  • "Espagne meurtrie", "déchirure profonde": la presse espagnole unanime

    ♦ El Pais

    Le quotidien de gauche El Pais parle d'"une déroute pour notre pays (...) pour le destin de notre démocratie et pour la stabilité et l'avenir du système de coexistence que nous nous sommes donnés il y a près de quarante ans."

    Le journal dénonce à la fois "l'arrogance xénophobe" du président régional catalan Carles Puigdemont et "l'incapacité absolue de Mariano Rajoy à gérer le problème depuis le début de la crise". Le journal reproche au dirigeant conservateur de l'Espagne de ne pas avoir entrepris de réforme de la Constitution ou du statut des régions ces dernières années.

    ♦ El Mundo

    "Rajoy a déclaré que (le référendum) était un échec, mais sa stratégie d'attendre d'abord et d'envoyer la police ensuite s'est révélée être un échec peut-être pire", estime le quotidien de centre-droit madrilène El Mundo.

    ♦ ABC

    Même le quotidien conservateur ABC critique la stratégie de Rajoy: "il est très difficile d'affirmer que les violents incidents d'hier auront un coût moindre que celui qu'aurait eu l'application à temps de l'article 155 de la Constitution", qui permet de suspendre l'autonomie de la Catalogne. Il estime néanmoins que "l'emploi de la force a été légitime, proportionné et nécessaire".

    Pour le journal, l'objectif des dirigeants catalans n'était pas de "célébrer un référendum mais provoquer une occupation des rues catalanes (...) pour chercher la confrontation avec l'Etat et fracturer la Catalogne". "Il n'y a jamais eu en Catalogne de référendum digne de ce nom parce qu'il était illégal", soutient-il.

    ♦ La Vanguardia

    Une opinion partagée par le grand quotidien catalan La Vanguardia: "il n'y a pas eu hier de référendum digne de ce nom en Catalogne". Pour autant, "la déchirure est profonde. La situation est grave. (...) Nous avons tous perdu", poursuit le quotidien, qui voit dans cette "désolation" le prix à payer pour la politique de Rajoy, "dirigée vers ses électeurs dont une bonne partie réclamaient la méthode forte, mais jamais assortie de proposition de dialogue alternative".

    Après ce qu'il s'est passé dimanche, "quelqu'un croit-il réellement que l'indépendantisme en sorte affaibli? Pire, d'autres journées très dures et d'autres épisodes de tension nous attendent", écrit le directeur de la Vanguardia Marius Carol.

    ♦ El Periodico

    Le quotidien catalan El Periodico prévoit à court terme une "proclamation unilatérale de la République catalane" et une "réponse ferme de l'Etat" dont "l'ensemble des Catalans et les institutions qui permettent l'autonomie de la région" paieront les conséquences.

  • Réunion de crise

    Le chef de l'exécutif catalan, Carles Puigdemont, a convoqué une réunion de crise du gouvernement. La réunion se tiendra à 10h30 à huis clos, rapportent des médias espagnols.

  • L'indépendance est-elle possible?

    Difficile de juger ce que donnerait une Catalogne indépendante.

    Selon le ministre espagnol de l'Economie, une Catalogne indépendante sortirait de l'Union européenne, son PIB chuterait de 25 à 30% et le chômage doublerait.

    Certains économistes, estimant au contraire que le nouvel Etat se maintiendrait dans l'UE, calculent que son PIB resterait à peu près stable à court terme, et augmenterait de 7% à long terme.

    Le gouvernement indépendantiste catalan estime aussi que la Catalogne ne souffrirait plus du "déficit budgétaire", le fait qu'elle verse plus d'argent à l'Etat central qu'elle n'en récupère. L'exécutif catalan chiffre ce déficit à environ 16 milliards d'euros (8% du PIB régional) et le gouvernement central, avec une méthodologie différente, à quelque 10 milliards d'euros (5% du PIB régional).

    ©Photo News

  • Didier Reynders appelle à un débat européen sur l'état de droit

    Didier Reynders attend désormais un vrai débat en Europe sur l'Etat de droit. "Il ne faut pas attendre qu'il y ait un problème majeur pour avoir un vrai débat sur l'état de droit: son fonctionnement, ses règles démocratiques", indique le ministre des Affaires étrangères (MR) sur les ondes de Bel RTL.

    Il ajoute qu'on ne peut pas nier les résultats du référendum. "On est aujourd'hui face à deux camps qu'il va être difficile de rapprocher. Voir comment vivre ensemble et comment trouver une voie d'autonomie, est donc une obligation, pas la violence."

    → Retrouvez ici l'interview de Didier Reynders.

  • La Catalogne, qu'est-ce que c'est?

    La Catalogne est l'un des moteurs de l'économie espagnole, première région exportatrice, en pointe sur l'industrie, la recherche et le tourisme, mais encombrée d'une lourde dette.

    · En chiffres. Avec 19% du PIB espagnol en 2016, elle est au coude-à-coude avec Madrid (18,9%) pour le titre de région la plus riche du pays. Le taux de chômage, similaire à celui de la capitale, y est bien moindre que dans le reste du pays: 13,2% au deuxième trimestre 2017 contre 17,2% au niveau national (13% à Madrid). C'est la première région exportatrice d'Espagne, avec un quart des ventes de marchandises à l'étranger en 2016 et au premier trimestre 2017.

    ·  Son économie. L'agroalimentaire est le premier secteur industriel de la région en termes d'emploi et de chiffre d'affaires, tiré par l'industrie de la viande, grande exportatrice de porc. Elle concentre la moitié de toute la production chimique d'Espagne.

    ·  Ses atouts. La Catalogne, avec sa capitale Barcelone et les plages de la Costa Brava, est la région espagnole attirant le plus de touristes étrangers. La tendance s'est encore accrue ces dernières années. Plus de 18 millions s'y sont rendus en 2016, soit un quart du total des étrangers accueillis par le pays.

    · Son point faible. Le poids de la dette publique est l'un des points faibles de la Catalogne. Elle représente 35,4% de son PIB, ce qui en fait la troisième région la plus endettée d'Espagne au deuxième trimestre 2017. En valeur absolue, la Catalogne est même en tête, avec 76,7 milliards d'euros à fin juin. Sa dette, classée dans la catégorie spéculative, l'empêche de se financer directement sur les marchés. Elle dépend des prêts de l'Etat central.

  • Appel à la grève

    Une quarantaine d'organisations syndicales, politiques et sociales de Catalogne ont lancé un appel à la grève générale dans la région pour mardi, en réaction à l'intervention de l'Etat espagnol pour empêcher le référendum.

  • La pire crise politique depuis 1981

    Le président de la Catalogne a affirmé que les habitants de sa région avaient gagné "le droit d'avoir un Etat indépendant" de l'Espagne, après la victorie du "oui".
    Carles Puigdemont, 54 ans, à la tête de la Catalogne depuis début 2016, a ainsi porté son défi à l'Etat espagnol à un nouveau sommet.

    Cette confrontation est considérée en Espagne comme la pire crise politique vécue par le pays depuis le Coup d'Etat militaire avorté de 1981.

    De son côté, le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy a lancé: "Aujourd'hui, il n'y a pas eu de référendum d'autodétermination en Catalogne. L'Etat de droit reste en vigueur avec toute sa force."

  • Les résultats

    • Le "oui" a gagné à 90%.

    • Le taux de participation atteindrait, selon les comptes de l'exécutif catalan, 42,3%.

    • 2.262.424 bulletins ont été déposés dans les urnes.

    • 2.020.144 (90,09%) des votes dépouillés sont en faveur de l'indépendance de la région autonome du nord-est du pays, 176.565 (7,87%) contre, 45.586 (2,03%) sont des votes blancs et 20.126 (0,89%) nuls, selon les autorités catalanes.

    ©Photo News

  • Si vous n'avez pas tout suivi ce week-end

    → Un référendum sur l'indépendance de la Catalogne était organisé dimanche en dépit de l'interdiction par le pouvoir central madrilène.

    → Les électeurs devaient répondre à la question: "Voulez-vous que la Catalogne devienne un Etat indépendant sous forme de République?". Le référendum n'était cependant assorti d'aucun des critères garantissant la fiabilité des résultats: listes électorales transparentes, commission électorale indépendante, vote secret.

    → La police espagnole a tenté par la force d'interdire aux Catalans de se rendre dans l'isoloir pour cette consultation interdite par la Cour constitutionnelle, faisant au moins 90 blessés. Trente-trois policiers ont également été blessés.

    ©EPA

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