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Préparez vos vieux jours... à tous les âges

©ANP XTRA

Le système des pensions légales est intenable, on ne parle que de cela dans les journaux. Mais alors, comment adoucir vos vieux jours? Plusieurs solutions s’offrent à vous, et à tous les âges.

La retraite est-elle pour vous un doux rêve? L’occasion d’enfin vous consacrer aux loisirs, de voyager? Vous pourriez vite déchanter. Le rêve ne résiste en effet pas toujours à la réalité. Quelque 67% des pensionnés vivent avec moins de 1.250 euros par mois. Et 25% avec moins de 500 euros. C’est en général insuffisant pour subvenir aux besoins quotidiens, surtout s’il faut encore payer un loyer, ou rembourser un emprunt hypothécaire. Sans compter que, pour certains, les dépenses augmentent une fois la carrière professionnelle remisée au placard. Finis en effet les avantages en nature comme le téléphone portable ou la voiture de société. Ceux qui en bénéficiaient devront les payer de leur poche s’ils souhaitent continuer à les utiliser. A cela vous devrez ajouter le coût des loisirs ou des voyages que vous projetez ainsi que, pour peu que votre santé fasse défaut ou que vous perdiez de votre indépendance, les dépenses de santé et de soins, les éventuels frais d’adaptation de votre logement, voire le coût d’un home ou d’une résidence service. Le prix moyen mensuel des premiers étant de 1.255 euros et celui des seconds tournant autour des 2.000 ou 3.000 euros, frais médicaux et dépenses comme le coiffeur ou les vêtements non compris, le calcul est vite fait.

"On présente la retraite comme une période dorée, où les pensionnés ont enfin le temps de vivre comme ils le veulent, mais c’est loin d'être le cas. La pauvreté, l'isolement, la maltraitance -physique ou morale-, les suicides ne sont pas rares", déplore Rosetta Flochon-Nolli, fondatrice de la Maison des seniors à Namur. "On a fait une enquête auprès de nos 200 membres. 30% des répondants ont reconnu renoncer à des soins de santé pour des raisons financières."

Express

Pour prendre les devants en vue de vos vieux jours, vous pouvez jouez sur plusieurs tableaux dont l’épargne, l’immobilier et la carrière.

 · Avant 50 ans, optez pour le bon mix entre  premier pilier (pension légale), deuxième pilier (assurance de groupe), troisième pilier (épargne individuelle fiscalement avantageuse) et  quatrième pilier (épargne libre).

Vous pouvez aussi envisager un achat immobilier qui complètera votre pension.

·Entre 50 et 65 ans, estimez le montant dont vous aurez besoin une fois à la retraite et faites le bilan de votre patrimoine.

·A 65 ans, la question de savoir que faire du capital reçu se pose...

Si certains sont mieux lotis que d'autres, en fonction notamment du statut (fonctionnaire, salarié ou indépendant) et des années de carrière, il est fréquent que la pension versée par l'Etat ne permette pas aux seniors de faire face à leurs dépenses. Et les épargnes-pensions ou assurances à long terme auxquelles certains ont cotisé ne combleront en général pas le manque. "Quelqu'un qui a 35 ans aujourd'hui et qui commence à consacrer chaque année 940 euros à une épargne pension, recevra, à 65 ans, +/- 42.000 euros", calcule Philippe Muys, de Feprabel. Si vous avez la chance de vivre encore 30 ans, ce bas de laine risque de s'épuiser rapidement...

Bref, pour pouvoir vivre décemment après 65 ans, vous avez intérêt à prendre certaines mesures dès maintenant. "Ne comptez que sur vous-même", conseille Gaetan Bleeckx, notaire à Bruxelles. "Cela fait 20 ans que l'on sait qu'il y aura un problème avec les pensions. Se reposer sur la pension légale n'est donc pas une option. Il ne faut pas non plus espérer recevoir un héritage : les parents pourraient avoir eu besoin ou envie de dépenser tout leur patrimoine."

Les mesures à adopter varient en fonction de l'âge. Vous n'aurez pas les mêmes moyens à 40 et à 50 ans, ni les mêmes besoins à 65 ans ou à 85 ans.

=> AVANT 50 ans

Epargne

L'un des principes de base est de faire travailler l'argent pour soi: plus tôt vous le placez, plus il aura de chances d'augmenter, risque boursier mis à part.

Outre la pension légale, dite du premier pilier et financée par l'Etat, il existe des systèmes d'épargne privée. La pension dite du 2e pilier par exemple réunit les systèmes liés à une activité professionnelle comme l'assurance groupe pour les salariés, l'engagement individuel de pension pour les indépendants en société et la pension libre complémentaire pour les indépendants (PLCI) "personnes physiques". Sous ces régimes, les primes versées sont fiscalement déductibles, le capital ne pourra être perçu qu'après 60 ans, voire plus tard, et il sera taxé.

Les pensions du 3e pilier réunissent quant à elles les épargnes individuelles donnant droit à des avantages fiscaux (l'épargne pension et l'épargne à long terme). Ici aussi, le capital ne pourra être perçu qu'à 65 ans et il sera taxé.

Enfin, les pensions du 4e pilier reprennent les épargnes libres. Elles ne donnent droit à aucun avantage fiscal mais le capital ne sera pas taxé à l'échéance du contrat. Dès lors, quel type de produits choisir?

"La première chose à faire est d'identifier la ou les solutions les plus efficaces pour vous", insiste Philippe Muys."Les pensions du 2e pilier seront en général plus intéressantes, car les primes sont prélevées sur la rémunération brute alors qu'elles sont prélevées sur la rémunération nette pour les pensions du 3e pilier".

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Exemple : vous aimeriez épargner 1.000 euros bruts par an. Si vous êtes indépendants et que vous les investissez dans une PLCI ou si vous êtes salariés et que votre employeur vous offre une assurance groupe, leur intégralité s'ajoutera à vos économies. Si par contre vous les placez personnellement dans une épargne pension, ces 1.000 euros bruts ne donneront, après prélèvement de l'ONSS et du fisc, que quelques 400 euros nets et seul ce montant pourra être mis de côté.

Au bout de 25 ans, en supposant que vous ayez placé la même somme tous les ans, vous aurez épargné 25.000 euros dans le premier cas et 10.200 euros dans le second. Conclusion: "Tous les employeurs ne proposent pas une assurance groupe, mais si vous avez la possibilité de choisir, investissez en premier lieu dans un produit du deuxième pilier."

Deuxième point: concentrez-vous d'abord sur les formules fiscalement intéressantes des 2e et 3e piliers. Ce n'est que lorsque ces voies sont épuisées, qu'il est utile de s'intéresser à une épargne libre (4e pilier).

Ce principe ne vaut évidemment que si vous payez des impôts. Si ce n'est pas le cas, vous avez intérêt à vous diriger directement vers le 4e pilier. Ce principe ne vaut aussi que si vous restez dans les limites de la fameuse règle des 80%. "Les primes versées dans le cadre d'une pension du 2e pilier ne sont en effet fiscalement déductibles que si les prestations qu’elles génèrent en cas de vie, exprimées en rente annuelle et pension légale incluse, n’excèdent pas 80% de la dernière rémunération brute annuelle normale, en tenant compte d’une durée normale d’activité professionnelle", résume Benoit Lacheron, Head of Degroof Lifecycle management.

En d'autres termes, ce que vous recevrez dans le cadre de votre pension légale mensuelle et du produit mensualisé de votre épargne du 2e pilier ne peut donc pas dépasser 80% de votre dernier salaire. Bref, si vous avez atteint ce montant, il ne sert plus à rien de continuer à cotiser dans le 2e pilier. Passez au 3e ou au 4e.

Immobilier

L'avantage de l'immobilier est que vous "savez ce que vous avez", souligne Gaetan Bleeckx, et qu'à 65 ans un de vos besoins de base sera couvert. Vous n'aurez plus de loyer à payer et on peut espérer que votre emprunt sera remboursé.

Carrière

Pour percevoir une pension légale complète, il faut avoir fait une carrière... complète, soit avoir travaillé pendant 42 ans, sauf exception. Un objectif difficile à atteindre pour ceux qui ont fait de longues études ou ont interrompu leur carrière. Soyez donc prudent avant de passer à mi-temps ou d'arrêter de travailler, que ce soit définitivement ou via un système de crédit temps.

=> Entre 50 et 65 ans

A l'approche de la cinquantaine, certains d'entre nous commencent à être un peu plus à l'aise financièrement : les enfants ont quitté le nid ou sont sur le point de le faire, la maison est payée ou en passe de l'être, et la carrière est à son apogée, pour certains du moins. Il est alors temps de commencer à réfléchir sérieusement à votre pension.

Première chose à faire : estimez le montant dont vous aurez besoin lorsque vous serez retraité. La notion de "pension gap", ou d'écart entre le dernier salaire et la pension, peut vous aider dans votre réflexion. "C'est ce montant-là qu'il faudra couvrir, estime Benoît Lacheron. Imaginons un cadre moyen qui touche 3.000 euros net par mois et qui recevra une pension légale et extra-légale mensuelle de 1.500 euros. S'il veut un revenu supplémentaire de 1.500 euros sur une longue période, par exemple sur 30 ans, sans entamer son patrimoine, il aura besoin d'un capital de 500.000 euros."

Faites ensuite le bilan de votre patrimoine et de ce que vous pouvez espérer percevoir après 65 ans. Le site www.mypension.be permet aux salariés d'obtenir une vague estimation de ce que sera leur pension. Jusqu'il y a peu, l'Office national des pensions et l'Inasti envoyaient également une estima-tion plus précise aux salariés et indépendants lors de leur 55e anniversaire, mais ce service a été momentanément interrompu. Il devrait reprendre d'ici la fin de l'année. Les compagnies d'assurances ont quant à elles l'obligation de vous informer chaque année de l'état de votre épargne.

Epargne

Si vous souhaitez investir une partie de votre capital, la stratégie à adopter variera selon vos besoins, vos moyens, votre aversion au risque, mais aussi selon le nombre d'années qui vous séparent de la retraite. Plus vous vous en rapprochez, moins les marchés auront le temps de se redresser en cas de problème et plus il faudra être prudent. "Il faut prendre en compte deux types de capital : financier et humain, explique Benoît Lacheron. Si vous allez encore percevoir un salaire pendant 15 ans, donc que votre capital humain continuera à produire des revenus pendant une certaine période, vous pouvez prendre un peu plus de risques avec votre capital financier car il sera compensé par le caractère plus défensif de votre capital humain. A l'approche de la retraite par contre, le capital humain diminue et il faudra être plus prudent avec le capital financier".

Immobilier

L'immobilier peut rester un bon placement, mais l'investissement doit être réalisé intelligemment. Idéalement, le loyer perçu doit couvrir le remboursement hypothécaire, les éventuelles réparations et rénovations, mais aussi les risques de non-payement du loyer et d'inoccupation du bien ainsi qu'une petite plus-value. Avec l'augmentation des prix de l'immobilier ces dernières années, le rapport prix d'achat/loyer a diminué et ce dernier ne permet plus toujours de couvrir tous ces éléments. Selon Gaetan Bleeckx, l'investissement reste toutefois intéressant dans une perspective à long terme: l'immeuble remboursé, le loyer perçu complétera agréablement votre pension. Il ne faut cependant pas perdre de vue qu'un patrimoine uniquement immobilier peut poser un problème de liquidité. Il est important de garder un bas de laine.

 

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