Éclats d'Iran

©Shadi Ghadirian

Photo | "Iran, année 38", jusqu’au 27/8, à Arles.

"Iran, année 38" est l’une des 40 propositions des Rencontres de la Photographie d’Arles, panorama par 66 photographes iraniens d’un pays de traditions et transitions. Une exposition multiple, non-conforme à ce qu’on croit connaître du pays. Visite guidée, d’Histoire en histoires.

La vie se lit, dans cet Iran année 38, avec ses vertiges, questions (intimes comme politiques), projections et bonheurs. Entre poésie et histoire(s).

Au fond de la chapelle se déploie la poésie sépia des larges clichés du cinéaste Abbas Kiorostami. Une volonté de la commissaire, Anahita Ghabaian. "Il a remporté la Palme d’Or avec "Le Goût des Cerises", en 1997, NDLR – alors que l’Iran était considéré comme pays d’arriérés, et prouvé que c’était une nation de poésie." L’expo livre une image contrastée d’un pays à l’histoire tourmentée et créatrice. Avril 1979, révolution islamique. Le Shah contraint à l’exil, l’ayatollah Khomeiny prend le pouvoir, instaurant la république islamique d’Iran, nationaliste et anticapitaliste. Un an après, guerre Iran-Irak. Les photographes étrangers fuient le pays, forçant les Iraniens à s’emparer du média: les commandes pleuvent à l’international, afin de couvrir ces événements historiques. De documentaire alors, la photographie d’Iran évoluera vers un traitement plus plastique, poétique. D’où l’enjeu de l’exposition, de mélanger travaux photojournalistiques et mises en scène esthétiques, sur 38 ans, depuis la révolution. Un pari gagné, qui donne à voir la richesse d’expression du pays. Ainsi, aux clichés réalistes d’Arash Khamooshi, antennes paraboliques détruites par la police en 2006, répond l’ubuesque mise en situation de Morteza Niknahad et Behnam Zakeri, Iraniens mijotant dans des marmites posées sur une plage. À l’homme et la femme côte à côte, mais enroulé chacun dans un tapis persan, évocation, par Babak Kazmii, de la liberté entravée des couples, s’oppose la réalité crue des femmes toxico photographiées, de 2008 à 2011, par Tahmineh Monzavi.

"Iran, année 38", chapelle Sainte Anne, place de la République, Arles, jusqu’au 27/08, www.rencontres-arles.com. L’exposition est liée au film "Focus Iran, L’audace au premier plan", visible tous les jours à Croisière, autre lieu des rencontres, jusqu’au 24/09, et sur Arte + 7.

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