Airbus abandonne son avion électrique au profit d'un hybride

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Le géant européen de l’aéronautique se réoriente vers de nouveaux projets, comme un avion régional hybride de 90 places ou d’autres véhicules volants électriques.

À deux mois et demi du salon du Bourget, la nouvelle a fait sensation: Airbus a – discrètement – décidé d’abandonner son avion tout-électrique "E-Fan" et de réorienter ses recherches, notamment vers un modèle hybride.

L’E-Fan, lancé en 2011 et présenté pour la première fois en 2013 au Salon français de l’aéronautique et de l’espace, avait hissé Airbus au rang de pionnier de l’aviation électrique. Le prototype, qui devait être commercialisé en 2018, avait réussi en juillet 2015 la traversée de la Manche.

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L’avion a été développé avec Daher, le CEA, Zodiac Aerospace, Safran et Dassault Systems. L’E-Fan, d’une envergure de 9,5 m, dispose de deux moteurs alimentés par des batteries au lithium-ion polymère de 250 volts. Celles-ci délivrent une puissance totale de 60 kW et permettent à l’appareil de voler à 160 km/h en vitesse de croisière et jusqu’à 220 km/h. L’autonomie est d’environ 45 minutes. On est donc loin d’un éventuel avion de transport, même régional. Le petit bimoteur était présenté par Airbus comme un appareil adapté à la formation des pilotes, au remorquage des planeurs et à la voltige. Une version E-Fan 2, pourvue de deux sièges attenants, ainsi qu’une version E-Fan 4 (4 sièges, à propulsion hybride), étaient prévues. La construction d’une usine d’assemblage du nouveau modèle à Pau (Sud-Ouest) avait été promise. Elle ne se fera pas.

Des engins urbains

Selon le constructeur européen, une grande partie des technologies développées pour l’E-Fan se retrouve désormais dans de nouveaux projets. Airbus ambitionne en effet de développer un avion régional hybride de 90 places, mais à l’horizon 2050.

Le groupe a également dans ses cartons d’autres programmes audacieux qui pourraient bénéficier des technologies développées sur l’E-Fan, comme les projets de véhicules volants électriques dévoilés ces dernières années: Vahana, CityAirbus et Pop.Up. Des engins urbains à mi-chemin entre l’avion, la voiture, l’hélicoptère et le drone. Avec ces petits véhicules futuristes, Airbus veut relever le défi majeur des villes de demain: se déplacer facilement. Science-fiction? Pas vraiment. Airbus a fait savoir que plusieurs de ces engins voleraient en 2017.

Par ailleurs, si une révolution est improbable pour la motorisation des gros avions de ligne, l’électricité tend aussi à se répandre pour d’autres fonctions. Des commandes de vols à la production d’énergie en passant par la pressurisation ou le freinage, elle supplante en effet graduellement les systèmes hydrauliques, mécaniques et pneumatiques utilisés jusqu’ici.

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