interview

"La Bourse donnera à Belfius plus d'agilité pour participer à une future consolidation"

©Emy Elleboog

Les instances dirigeantes de Belfius recommandent à son propriétaire, l’État belge, la mise en Bourse d’une participation minoritaire de la banque. La Bourse est vue comme la meilleure option dans le cadre d’une future consolidation, nous dit le CEO Marc Raisière. Le gouvernement fédéral devrait trancher sous peu. C’est à lui que revient le dernier mot.

Comme le comité de direction l’avait fait mercredi, le conseil d’administration de Belfius a décidé jeudi de recommander à l’État belge, son unique actionnaire, la privatisation partielle de la banque via l’introduction en Bourse d’une participation minoritaire (lisez: 49% maximum). La position a été prise à l’unanimité et il n’a pas fallu plus de 30 minutes au conseil pour l’adopter.

"Plus besoin de l’État à 100%"

"Au vu de la solidité financière dont Belfius jouit désormais, il n’est plus nécessaire que l’État belge demeure son actionnaire unique, indique Belfius dans un communiqué publié vendredi. Qui plus est, une privatisation partielle par le biais d’une introduction en Bourse permet à Belfius de réaliser ses ambitions de croissance dans ses domaines stratégiques clés grâce à un accès aisé aux marchés financiers."

Les cabinets des vice-Premiers ministres ont été informés de cette position vendredi. Le kern devrait prochainement prendre attitude, à son tour. C’est à lui que revient le derniermot dans ce dossier.

"Cela ne changera rien à notre business model, cela va simplement l’accélérer."
marc Raisière
CEO de Belfius

Ancrage belge

Le conseil d’administration insiste en parallèle sur l’importance de maintenir durablement un ancrage belge pour Belfius, "à savoir son actionnariat, ses activités et son centre de décision en Belgique". Ce n’est que logique pour une institution qui est en particulier la première banque du secteur public en Belgique et ce, du nord au sud du pays.

"C’est un bon moment pour réfléchir à l’évolution de Belfius et, j’y insiste, cela se fait en toute sérénité avec l’État, témoigne le CEO Marc Raisière. Notre business plaît sur le marché, car il est d’une grande simplicité et il a de belles perspectives de croissance. Cela ne changera rien à notre business model, cela va simplement l’accélérer."

©Hollandse Hoogte

Belfius, rachetée fin 2011 (4 milliards d’euros) par l’État belge pour sauver la branche belge de la débâcle Dexia, a terminé l’année 2016 sur un bénéfice net de 535 millions d’euros (+ 6% sur un an), de quoi générer un dividende de 215 millions vers pour son actionnaire public, et avec des fonds propres de 9 milliards d’euros.

Le premier trimestre 2017 s’est lui aussi déroulé en mode croissance, avec en particulier une production de crédits hypothécaires en hausse de 30% et une progression de 11% des volumes d’assurances dommages vendues via le canal bancaire. La vente d’assurances aux clients bancaires, bref la bancassurance, est un des leviers sur lesquels Belfius joue à fond depuis quelque temps déjà.

"Participer à une future consolidation"

"La Bourse donnera plus d’agilité à Belfius en matière de capital pour participer à une future consolidation du secteur financier en Belgique voire en Europe", prolonge Marc Raisière.

C’est au nom de cette souplesse capitalistique que les instances du groupe préfèrent une IPO (pour "initial public offering") à la vente d’un bloc du capital à un ou plusieurs investisseur(s).

"Nous n’avons pas envie de connaître la situation qui a été celle de la BBL à l’époque, illustre Marc Raisière. ING y avait une participation dormante et n’a fait qu’attendre" avant de s’emparer de l’ensemble du capital de ce qui allait par la suite devenir ING Belgique.

Les prises de position des instances dirigeantes de Belfius vont étayer la note Belfius que le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), a préparée pour le conseil des ministres restreint, le kern.

Le gouvernement devrait en effet prendre attitude sous peu. Il sait maintenant qu’un scénario à la Proximus ou à la bpost, entreprises cotées en Bourse mais toujours contrôlées par l’État, a très clairement les faveurs des dirigeants de Belfius.

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