La famille Bogaerts installe à Uccle le plus gros campus à l'américaine

Le château de Latour de Freins, à Uccle. Perché sur le plateau du Engeland, il accueillera à la rentrée des milliers d’étudiants. ©Anixton

La nouvelle, qui percole depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, nous a été confirmée à la source: la famille Bogaerts, qui gérera le bien via sa société immobilière familiale (B19, Le Zoute, etc.), a signé avec le CPAS de la Ville de Bruxelles le contrat de bail pour installer dans le Domaine de Latour de Freins (Uccle, Engeland) la Bogaerts International School.

La cession des lieux, négociée par l’entremise du conseil en immobilier Anixton, repose sur une emphytéose de 30 ans renouvelable, avec un prix locatif annoncé de 65 euros par mètre carré par an.

"Le château, géré par le CPAS, avec lequel nous avons eu une collaboration optimale, est dans un état exceptionnel, surtout pour une utilisation scolaire. Nous y disposons, au sein d’un parc boisé de 9 hectares, de plus de 6.600 m² (avec les sous-sols habitables) que nous avons aménagés ces derniers mois pour rendre les locaux directement fonctionnels pour nos hôtes-partenaires", détaille David-Ian, le capitaine du projet au sein de la famille Bogaerts.

Ce dernier rappelle au passage que la Belgique accueille pour l’instant plus de 15.000 étudiants privés dans des structures peu ou non reconnues par les communautés subsidiantes et qui génèrent un chiffre d’affaires de plus de 200 millions, toutes écoles confondues. "À titre exemplatif, la nouvelle salle de sports de la British School, à Waterloo, a coûté quelque 30 millions d’euros. C’est donc une économie parallèle qu’il ne faut pas négliger", insiste David-Ian Bogaerts.

©BELGAIMAGE

Une journée portes ouvertes organisée dans les murs aménagés du Engeland vient de permettre à tous les intéressés, acteurs académiques privés comme étudiants, de se rendre compte du potentiel du lieu. "Nous allons y créer le plus gros campus à l’américaine en Belgique avec écoles internationale, de commerce, de jury, de langues, de codage et de musique. Notamment… C’est déjà pas mal pour commencer, non?!" commente John-Alexander Bogaerts (B19/MyPeople/Pan), qui cite notamment parmi les nouveaux partenaires hébergés le Ceran et Berlitz, quasi confirmés.

Certains avaient d’ailleurs déjà annoncé que les inscriptions pour l’an prochain étaient sold-out, ce que nient les frères Bogaerts, arguant que les lieux permettent de faire de la place pour tout le monde, si le succès dépassait les attentes.

"Nous disposons des espaces nécessaires. Pour le reste, tout est logistique et il suffit de trouver les enseignants à la hauteur, ici et ailleurs, notamment à Paris, où nous recrutons largement. Au final, ce sont de vrais cursus scolaires, avec des certifications reconnues à terme, que nous offrons. Pour l’école de commerce, dans laquelle je suis actionnaire avec Yvan de Launoit, nous venons de diplômer nos premiers bachelor. Il s’agit d’un véritable diplôme officiel de français (BAC +3). Nous y dispensons un cursus hebdomadaire reposant sur un programme de deux jours de théorie et trois jours en immersion (entreprise). Et nous avons un taux d’embauche exceptionnel, qui dépasse les 90%", explique-t-il. Avant de préciser que le volet "enseignement" occupe la quasi-totalité des infrastructures disponibles.

"Nous sommes sur le point de lancer la plus grande école de codage de Belgique."
David-Ian BOgaerts

"Nous travaillons actuellement sur l’optimalisation des bâtiments avant et après les cours. L’école occupe les murs 180 jours par an et jusqu’à 16 heures en moyenne. Maintenant, nous sommes en discussion avec des opérateurs privés pour occuper les lieux le mercredi après-midi, le samedi et tous les autres jours après 16 heures. Ainsi que tous les jours de congés scolaires. La Brussels Rock School va notamment s’installer dans la conciergerie, en dehors du vrai campus. Et nous sommes sur le point de lancer la plus grande école de codage (informatique) de Belgique, dont les plages horaires seront évidemment tout sauf académiques, sur le modèle de ce qui existe à Paris ou ailleurs", détaille John-Alexander Bogaerts.

Rumeurs d’arrangements non fondées

Le bruit avait circulé, fin 2016, que le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, avait négocié personnellement avec John-Alexander Bogaerts pour qu’il promette de ne plus s’acharner contre lui et, notamment le piétonnier bruxellois, s’il voulait décrocher le contrat de bail dans les murs du château bruxellois. "Spéculations non fondées. Foutaises! On n’est plus dans les années 80, rétorque l’intéressé. Non seulement, Yvan Mayeur n’est pas intervenu dans la transaction, mais en outre, depuis le début des tractations, nous ne nous sommes pas privés de continuer à écrire ce que nous pensions du piétonnier. D’ailleurs, depuis que Marcel Sel a repris la rédaction en chef d’Ubu-Pan, il dispose d’une autonomie totale dans les choix rédactionnels qu’il pose", insiste John-Alexander Bogaerts.

Gare du Midi, next door

Autre atout du futur hub scolaire privé: sa localisation. D’architecture néo-renaissance flamande, le bien immobilier d’exception construit vers 1890 selon les plans de l’architecte Henri Maquet (à qui on doit notamment la façade actuelle du palais royal de Bruxelles) se trouve à huit minutes de la gare du Midi. "Nous allons organiser, tant pour les étudiants que pour les enseignants, des shuttles directs depuis la gare internationale, histoire de profiter au maximum des connexions ferroviaires internationales avec Paris et Londres", promettent les pilotes. Qui insistent encore sur la priorité éducationnelle des lieux: le château qu’ils gèrent pour trente ans au moins n’accueillera pas des rassemblements démesurés, autres que scolaires. Les lieux ne s’y prêtent d’ailleurs pas.

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