Le géant pharma Boehringer Ingelheim se met à l'accent belge

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Le spécialiste de la santé animale a choisi une Belge – Christiane Wijsen – pour diriger la division human pharma de sa filiale française.

Christiane Wijsen, responsable de Boehringer Ingelheim en Belgique, a été désignée à la tête de la division human pharma de sa filiale française de la société. Une place de premier choix. L’Hexagone est le deuxième marché du groupe en Europe, qui est classé parmi les vingt premières entreprises pharmaceutiques mondiales. Avec près de 16 milliards d’euros de chiffre d’affaires (dont 20% consacrés à la R&D), Boehringer Ingelheim se dit en effet le 13e laboratoire de la planète. Un des rares à être encore contrôlé par les descendants du fondateur, Albert Boehringer, et non côté en Bourse.

Titulaire d’un master en pharmacie industrielle de la KUL, Christiane Wijsen, née en 1968, a commencé sa carrière dans la consultance pharmaceutique, en se consacrant principalement aux questions de réglementation, avant de se tourner vers l’accès au marché et les questions gouvernementales. Elle a occupé plusieurs hauts postes, d’abord chez Boehringer Ingelheim, où elle a travaillé de 1998 à 2010. Elle est ensuite passée chez AstraZeneca, avant de revenir chez Boehringer en février 2015, pour occuper le poste de general manager pour la Belgique. Son successeur n’est pas encore connu.

On doit notamment à Boehringer Ingelheim les blockbusters Buscopan ou Rhinospray.

Santé animale

Basé à Ingelheim, en Allemagne, le groupe pharma, qui emploie environ 50.000 personnes, est présent dans le monde entier grâce à 145 filiales. Boehringer Ingelheim s’est fait remarquer en échangeant début 2017 ses activités de médicaments sans ordonnance contre le pôle santé animale (Merial) du français Sanofi. Cette transaction, qui a vu le labo allemand payer 4,7 milliards d’euros à Sanofi pour compenser la différence de valorisation, a permis au géant français d’assurer son rang de numéro 1 mondial de la santé grand public grâce aux blockbusters de Boehringer comme Buscopan, Dulcolax et Rhinospray.

Pour Boehringer Ingelheim, l’absorption de Merial lui a permis de se hisser à la deuxième place des laboratoires de santé animale, derrière Zoetis, la spin-off du géant américain Pfizer. Jusqu’ici, c’est la gamme de produits sous prescription – maladies respiratoires, cardiométaboliques, oncologie et les maladies du système nerveux central – qui assurait environ 75 à 80% du chiffre d’affaires. Une proportion qui devrait donc évoluer. Le labo est également présent sur le segment de la production de molécules biotechnologiques.

En Belgique, la société allemande emploie environ 200 personnes, réparties entre le pôle commercial – pour la mise à disposition de ses produits – et la recherche clinique. Il n’y a pas de production. Le chiffre d’affaires est d’environ 109 millions d’euros. Une soixantaine d’études cliniques portant sur près de 20 maladies différentes sont actuellement en cours dans notre pays. En deux ans et demi, sept molécules ont été proposées sur le marché belge.

Partenaire des biotechs prometteuses

La firme est en quelque sorte doublement présente dans notre pays, avec plusieurs investissements de son fonds de capital à risque, Boehringer Ingelheim Venture fund. Celui-ci possède 4,4% du capital d’Ablynx, avec laquelle Boehringer a signé un accord de partenariat stratégique. La biotech gantoise fournit les scientifiques et l’expertise dans le domaine des nanobodies, tandis que Boehringer intervient au niveau du développement, de la production et de la commercialisation de tous les traitements issus de cette collaboration.

Le fonds est également entré, avec plusieurs autres investisseurs étrangers, dans le capital de Promethera Biosciences, la biotech de Mont-Saint-Guibert spécialisée dans les thérapies cellulaires. Enfin, il a aussi pris une participation dans ETheRNA, une spin-off de la VUB créée en 2013 par le professeur Kris Thielemans.

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