Le revenu de base universel laisse l'OCDE dubitative

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Dans un rapport publié mercredi, l’OCDE fournit des conclusions mitigées sur les conséquences d’un revenu de base universel. Elle se base sur un scénario imaginé dans quatre pays: la Finlande, la France, l’Italie et le Royaume-Uni.

L’instauration d’un revenu de base universel "pourrait aboutir à des pertes pour une forte proportion de la population et ne réduirait pas sensiblement la pauvreté par rapport à la situation actuelle", détaille une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) parue mercredi. Certaines personnes, notamment celles qui bénéficient actuellement d’aides sociales généreuses, tomberaient même en dessous du seuil de pauvreté.

En effet, pour qu’un revenu de base universel soit de portée générale, tout en étant neutre pour les finances publiques, cela suppose des hausses d’impôts et la suppression de la plupart des prestations sociales. Ainsi, entre 10 et 20% des membres de ménages d’âge actif subiraient une perte de revenu total de plus de 10%.

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Toutefois, "de nombreuses personnes pauvres gagneraient en termes de revenu si elles ne sont pas couvertes par les dispositifs de protection sociale ou si elles ne reçoivent que de faibles montants de prestations sous conditions de ressources", souligne l’OCDE. Pour cette raison, le revenu de base universel profiterait essentiellement aux moins de 20 ans, dans le cas de la Finlande, de la France et du Royaume-Uni, ainsi qu’aux ménages à revenu intermédiaire.

Quant aux conséquences sur le travail en général, l’OCDE souligne le risque "que certaines personnes travaillent nettement moins" si le revenu de base est trop généreux. Elle nuance cependant en admettant que les régimes de protection sociale existants ont un effet incitatif négatif encore plus fort. Côté patron, "un revenu de base est susceptible de modifier l’équilibre des négociations salariales, et il est à craindre que les employeurs soient tentés de réduire les salaires".

Pour alimenter le débat

Pour contourner ces obstacles, l’OCDE met plusieurs propositions sur la table. La première consisterait en l’instauration d’un revenu de base tout en conservant les prestations sociales, telles que les préretraites, pour "limiter les pertes encourues par les bénéficiaires concernés". Mais il faudrait alors augmenter d’autant plus les impôts pour renflouer les caisses de l’État…

456 €
Le revenu de base mensuel en France serait de 456€ par adulte, si le coût reste égal à celui des prestations et des exonérations d’impôt actuelles, selon l’OCDE.

Il pourrait également s’agir de supprimer le caractère universel du revenu de base, en maintenant des conditions d’admissibilité souples. Ou encore de réduire le nombre de bénéficiaires en plafonnant la durée des versements.

Dans tous les cas, l’étude de l’OCDE pointe les avantages et inconvénients de l’instauration d’un revenu de base universel, qui ferait des gagnants comme des perdants, et amène à s’interroger sur le type de protection sociale que souhaitent les sociétés.

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