Union sacrée autour du développement de la radio en ligne

Lancé en 2014, le player maRadio.be compte plus de 10.000 radios, web radios et podcasts issus des secteurs public et privé. Il est disponible sur smartphone et tablette, afin de répondre aux attentes des auditeurs de plus en plus mobiles. Avec six autres pays, la Belgique francophone est partie prenante du réseau international Radioplayer qui vise à promouvoir la technologie auprès de l’industrie, notamment automobile.

La radio se porte plutôt bien. Selon le CIM, 83% des Belges francophones l’écoutent chaque semaine et la durée d’écoute quotidienne s’élève à 3h46. D’après l’étude MediaExperience de la régie RMB, près de 60% de l’écoute audio se fait en radio "traditionnelle" (transistor, autoradio) à laquelle il faut ajouter les web radios et l’écoute des radios classiques, en direct ou en podcast, sur le web (voir graphique).

©Mediafin

Et pourtant, l’écoute de la radio a tendance à s’effriter. Selon des chiffres du cabinet du ministre des Médias, la durée d’écoute quotidienne recule depuis dix ans de 1,6% par an en moyenne. Par ailleurs, plus de 95% des auditeurs écoutent encore la radio en analogique (FM) alors que 42% l’écoutent en digital: 27% via la… télévision numérique et 24% via PC, smartphone, lecteur MP3 ou tablette. Le smartphone représente par exemple 13% de l’écoute de la radio. Un chiffre relativement faible quand on connaît son taux de pénétration en Belgique (environ 60%).

C’est dans ce contexte que, inspirés par une initiative britannique lancée en 2010, les représentants des radios publiques, privées et associatives belges francophones ont lancé voici trois ans, à l’occasion des cent ans de la radio, la coopérative maRadio.be afin de lancer un web player unique pour toutes les radios belges francophones. Objectif: pérenniser l’écoute de la radio. "Nous restons bien évidemment concurrents sur le plan commercial et des formats, mais il est capital de rendre le média radio plus attractif pour nos enfants et nos petits-enfants", souligne Eric Adelbrecht, patron des radios de RTL et président de maRadio.be, ajoutant que cette initiative est aussi une réponse aux agrégateurs qui compilent les contenus des stations de radio sans autorisation pour les vendre aux opérateurs télécoms.

Application mobile

À ses débuts, le portail maRadio.be était donc un simple player car la radio en ligne s’écoutait surtout sur PC. Il donnait accès à l’offre d’une bonne trentaine de radios sur internet. En 2016, une nouvelle version est apparue, visuellement enrichie avec un nouveau moteur de recherche. Et puis surtout, le player est devenu compatible avec une utilisation sur smartphone et tablette, afin précisément de retenir, voire d’attirer ce public jeune et mobile.

maRadio.be compte aujourd’hui plus de 10.000 contenus (radio, webradios et podcasts) issus de toutes les radios du service public, des réseaux communautaires et multi-villes (Bel RTL, Contact, Nostalgie, Fun…), des réseaux provinciaux, des radios locales indépendantes et des radios associatives.

Elle lance aujourd’hui une application mobile gratuite pour smartphone et tablette tournant sous Android et iOS, offrant de nouvelles fonctionnalités: contenus en direct et à la demande, moteur de recherche, mode voiture, fonction réveil au son de la radio de son choix, système de recommandations, etc.

Mutualisation

Ce n’est pas tout. Après avoir mutualisé leurs ressources pour développer le player en Belgique francophone, les radios ont fait de même à l’international. Avec six autres pays qui ont également développé leur player sur la base du modèle britannique, elles ont constitué un réseau international, Radioplayer Worldwide, qui compte des dizaines de milliers de radios et podcasts.

maRadio.be deviendra ainsi Radioplayer.be. "Le but est de mettre nos forces en commun de faire de la recherche et développement, et de promouvoir le radio player auprès de l’industrie, que ce soit des fabricants d’appareils connectés, ou de constructeurs automobiles pour qu’ils équipent leurs véhicules en conséquence", indique Francis Goffin, patron des radios de la RTBF.

Quant au financement, l’association est dotée aujourd’hui d’un budget de quelque 200.000 euros, dont 65.000 euros sous forme de subsides de la Fédération Wallonie Bruxelles. Le solde est financé par ses membres, en fonction de leur profil (réseaux communautaires, multi-villes, provinciaux, etc.), les radios locales étant exemptées de cotisation.

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