Vingt capitaines d'industrie font "smiler" les PME à gros potentiel

Urbain Vandeurzen ©BELGA

Urbain Vandeurzen et une vingtaine d’autres entrepreneurs belges et néerlandais lancent le fonds Smile Invest pour épauler les entreprises susceptibles d’incarner de futurs champions.

Une vingtaine d’entrepreneurs belges et néerlandais fédérés autour d’Urbain Vandeurzen (ex-CEO de LMS, ex-président de Gimv), Vic Swerts (Soudal) et Jan Toye (Diepensteyn, ex-Brasserie Palm) lancent Smile Invest, un nouveau fonds de capital-risque dédié aux entreprises du Benelux qui allient innovation, forte croissance et activité à l’international.

La formule ressemble à celle retenue par Profinpar, le fonds wallon qui s’est fixé pour objectif de financer les PME belges prometteuses d’une valeur de 2 à 15 millions d’euros (L’Echo du 20 mai), mais elle s’en distingue par la taille des sociétés et des investissements visés. Alors que Profinpar prendra des participations de 2 à 5 millions d’euros, Smile Invest mettra la barre nettement plus haut: elle injectera entre 10 et 50 millions dans chaque société participée. À l’issue d’un premier tour de table, le nouveau fonds a déjà récolté 250 millions d’euros et ambitionne de disposer d’ici peu de 300 millions. De quoi investir 60 millions par an durant les cinq prochaines années. À ce niveau, Smile Invest estime d’ores et déjà endosser le titre de plus gros fonds privé de capital-risque du Benelux.

"Nous réunissons beaucoup plus de moyens que les autres fonds belges. Nous allons occuper une niche où, pour l’instant, n’opèrent que des fonds anglo-saxons", souligne Urbain Vandeurzen. Alors que Profinpar s’adresse aux PME de 20 à 30 personnes en phase de croissance ou en période de succession, Smile Invest cible des entreprises déjà plus avancées, dont les ambitions se déclinent à l’international. Cela dit, les deux se rejoignent sur un objectif plus subjectif, mais néanmoins fondamental: soutenir le déploiement des champions belges ou beneluxiens de demain. Et les deux organisations entendent recourir à l’expertise et aux compétences de leurs entrepreneurs actionnaires pour conseiller ou coacher les sociétés participées.

Trois secteurs cibles

Smile (acronyme pour: "Smart Money for Innovation Leaders") Invest a retenu trois pôles sectoriels: les technologies de l’information et l’industrie de haute technologie; les soins de santé numériques; les nouveaux produits et les services grand public. "Nous avons déjà une série de dossiers dans le pipeline, dit Urbain Vandeurzen. 80% d’entre eux concernent nos deux premiers piliers, technologie et santé."

Un des objectifs de l’équipe Smile est de relancer l’industrie manufacturière belge et néerlandaise via la digitalisation: rendre les usines intelligentes grâce aux machines connectées et aux robots. Un autre objectif est d’aider à assurer l’ancrage local des entreprises prometteuses. "Nous croyons en la force de nos entreprises, notamment dans la technologie. Nous voulons les aider à croître et à développer leur valeur localement plutôt que de les voir passer très tôt en des mains étrangères." Et si vous lui objectez qu’il a lui-même revendu sa pépite flamande LMS (fournisseur de logiciels de test et de simulation pour l’industrie auto et aéronautique) à l’allemand Siemens en 2012, il vous répondra qu’il ne l’a fait qu’après trente ans de croissance internationale réalisée au départ et avec des capitaux de Belgique.

Parmi les autres capitaines d’industrie associés figurent des personnalités comme Jo Van Biesbroeck (RSC Anderlecht, ex-AB InBev), Bruno Vanderschueren (ex-Lampiris), Gaëtan Hannecart (Matexi) ou Noël Essers (H. Essers).

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