Quel féminisme en entreprise?

Le féminisme fait rage dans les médias et les conversations… "Comment combiner le métier de chef (fe?) d’entreprise et une vie de femme?" J’entends cette question depuis 25 ans, et ma réponse est invariable: comme on combine le métier de chef d’entreprise avec une vie d’homme! La chronique entreprise de Fabienne Bister.

Je n’ai jamais rencontré de problème sérieux en tant que femme entrepreneuse. Dans ma tête, au boulot, je suis un leader qui vise l’excellence. Ni plus, ni moins. Le genre n’a rien à y voir, c’est une question de caractère, d’envie et de compétences acquises. Lorsque je négocie, c’est avec un dossier bien ficelé, un objectif clair et de multiples formations à la vente ou à l’achat, pas avec un décolleté ou un sourire coquin équivoque!

Suis-je "féministe"? Non. Je suis profondément "égalitariste". Une femme vaut un homme. Ni plus, ni moins. Et chacun mérite d’être traité avec respect et bienveillance.

C’est dans l’éducation que tout se joue. Apprenons à nos enfants à avoir confiance en eux, à respecter les autres et à se faire respecter. Expliquons à tous comment réagir face à la violence, physique ou verbale, à oser fuir, à dénoncer ou remettre dans le droit chemin toute personne malveillante. Stigmatisons les phrases insidieuses, les "pour qui tu te prends?" La violence verbale, c’est de la violence tout court. Il faut refuser d’en être victime, apprendre à la déceler, la refuser sans verser soi-même dans les mots qui blessent.

Il y a 25 ans, j’ai établi l’égalité des salaires. J’ai demandé aux hommes de passer un saut d’index pour que des femmes rejoignent leur niveau. Ils ont tous accepté.

Victime… Oui, les femmes (et hommes) victimes de viol et de violence doivent dénoncer ces faits. Non, une victime ne doit pas se taire, jamais. Oui, je suis à 100% en faveur de la dénonciation de tous ces viols. Non, je n’aime pas le hashtag "Balance ton porc": il est inutilement grossier. Non, un viol n’a rien à voir avec une main posée sur un genou dans un plan drague… si et seulement si le ou la propriétaire du genou est consentant(e).

C’est valable dans le privé comme au travail. Il y a 25 ans que j’ai établi l’égalité des salaires dans la moutarderie. J’ai demandé aux hommes de passer un saut d’index pour que le salaire des femmes rejoigne le leur et qu’ainsi ils évoluent ensemble. Ils ont tous accepté sans hésiter.

Je pense qu’une partie des inégalités salariales vient du fait qu’un homme trouve normal de demander une augmentation de salaire, alors qu’une femme hésite à valoriser ses compétences. La jeune génération semble mieux armée dans ce domaine, mais à nouveau, c’est une question d’éducation et de confiance en soi.

Le plafond de verre? Il est en partie dû au questionnement des femmes. Correspondent-elles au poste? Cette nouvelle responsabilité risque-t-elle d’empiéter sur leur vie privée et familiale? Et ces jeux de "pouvoir" qui font partie intégrante d’un certain niveau hiérarchique, y sont-elles prêtes? Des questions légitimes que les hommes se posent aussi, mais auxquelles ils répondent peut-être plus facilement par l’affirmative. La bonne nouvelle, c’est que le monde évolue. Des femmes ultra-compétentes ont accepté de diriger Proximus  et la SNCB, de présider la FEB. Avec brio. Chapeau bas, Mesdames, vous ne vous êtes pas attaquées aux postes les plus faciles!

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