chronique

L'interview post-Euro

Journaliste

Le hors-jeu de Cécile Berthaud.

Il va vous falloir un peu d’imagination. Oubliez ce fond rose saumon, et installez un panneau couvert de logos de sponsors parfaitement alignés. Ajoutez-y, au premier plan, un micro à la bonnette bleue floquée du logo de l’Euro 2016 (ce trophée déjà bleu, blanc, rouge). Placez maintenant une chroniqueuse entre le panneau de fond et le micro. On y est.

Une voix invisible demande:

L’Euro se termine, c’est la finale demain. Quel bilan en tirez-vous?

Beeeeen, je crois que tout le monde a travaillé pour le mieux, chacun était bien à son poste, à défendre sa zone ou à mener des attaques en règle. Bon après, euuuh, le début du tournoi, c’était long, hein. C’était un début qui n’en finissait pas. Or moi, je suis quand même pour que le début ait une fin. Faut mettre des limites aux bornes. Et puis c’était mou. Je veux pas jeter la pierre au bouquet missaire, mais il y avait beaucoup d’équipes, beaucoup de matchs mais pas beaucoup de buts. Or le foot, c’est comme la vie, c’est mieux avec des buts.

Vous seriez pour revenir à l’ancienne formule, à 16?

Moi, euh… Moi, je suis… pour que tout le monde prenne du plaisir. Quelle que soit la formule, à 24 ou à 16, l’important c’est le plaisir. Pour les joueurs, pour les supporters, pour les téléspectateurs, pour les commentateurs, pour les journalistes, pour les stewards, pour les enfants – sur la pelouse ou pas, mais je veux pas peler Mickey – pour les dirigeants, pour la Bourse, pour la paix dans le monde. Tout n’était pas négatif dans ce début d’Euro. Il faut pas jeter le bébé dans l’eau du bain. J’ai dit que c’était un peu long, un peu avec pas beaucoup de buts, mais j’ai pas dit que c’était mauvais. Après, un tournoi, c’est comme la vie, on peut toujours faire mieux.

Et vous, personnellement, quelles sensations avez-vous eues pendant cet Euro?

Une rubrique, ça se fait pas seule. C’est le travail de toute une équipe. Les collègues, les maquettistes, les sources, les relecteurs, le sélectionneur, l’entraîneur adjoint, les photographes, les lecteurs, les chargés de com’, l’imprimeur, les fans, le support IT, le cantinier, le livreur, le gestionnaire des serveurs pour internet, le bûcheron de l’arbre pour le papier. Après, j’ai bien veillé à ne pas me préparer, je me suis retirée quelques semaines pour m’oxygéner, je suis revenue morte de faim, à 200% derrière mon ordi, à dribbler les touches de mon clavier, à tacler les commentaires idiots, à aller droit au but, à ramener dans les filets quelques sourires.

Votre plus grande satisfaction?

N’avoir fait aucun jeu de mot avec Hazard.

Votre plus grand regret?

Je suis Française en Belgique. Après l’élimination de l’Allemagne, j’ai demandé la protection de l’Otan.

On vous souhaite le meilleur et sur ce, on rend l’antenne.

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