Disrupter l'environnement

La chronique de Giles Daoust, CEO de Daoust.

En cette période électorale, une des thématiques les plus en vogue est celle des défis environnementaux. Or, face à cette problématique bien réelle, très peu de solutions concrètes sont proposées. Les pistes les plus souvent évoquées sont de consommer moins ou mieux, de taxer les comportements jugés inadéquats, et/ou de subsidier les comportements jugés positifs.

Le problème, c’est que pour que ces stratégies écologiques puissent avoir un réel impact sur l’environnement, il faudrait qu’elles soient adoptées à l’échelle planétaire, et pas seulement par 11 millions d’habitants sur 7,5 milliards. Ceci suppose des accords internationaux qu’on n’est pas près d’obtenir, quand des superpuissances comme les USA ou la Chine ne partagent pas vraiment la même vision. Alors, que faire?

Partout dans le monde, l’esprit d’entreprendre connaît un véritable âge d’or. La partie émergée de l’iceberg se situe dans la Silicon Valley, mais le phénomène est mondial. L’humanité n’a sans doute jamais connu une époque aussi "disruptive", pour utiliser un terme à la mode. Pour n’en citer qu’une poignée, les Steve Jobs, Jeff Bezos et autres Elon Musk, changent le monde comme aucun gouvernement n’est plus capable de le faire.

Les entrepreneurs disposent d’une liberté de penser et d’agir que les gouvernements n’ont plus.

Musk et Bezos se lancent à la conquête de l’espace alors que la Nasa est moribonde. Uber et Waze révolutionnent la mobilité alors que les pouvoirs publics s’arrachent les cheveux sur cette thématique. Pourquoi? Parce qu’à l’inverse d’un monde politique qui se noie dans la complexité de son administration et dans des législations de plus en plus labyrinthiques, les entrepreneurs disposent d’une liberté de penser et d’agir que les gouvernements n’ont plus.

De grands projets peuvent être menés à un niveau international par des entrepreneurs visionnaires, tandis que les politiques du monde entier se noient en polémiques interminables pour la moindre mesurette locale. En conséquence, la piste la plus prometteuse à mes yeux pour adresser les problèmes environnementaux, réside dans l’inventivité des entrepreneurs du monde entier.

Si chaque nation réunissait autour de la table ses 10 meilleurs "disrupteurs", des avancées significatives pourraient voir le jour rapidement. Quand on sait que Google a réduit de 30% sa consommation énergétique en utilisant son intelligence artificielle DeepMind, ou quand on pense aux possibilités offertes par la voiture électrique autonome et partagée, on peut entrevoir des possibilités immenses.

Et oui, une innovation provenant d’un petit pays comme la Belgique peut bel et bien changer le monde: je vous rappelle que Waze est à l’origine une start-up israélienne (population: 9 millions). Je ne parle pas ici d’investir encore plus dans les start-ups via les "invests" publics: on le fait déjà et c’est très bien. Je parle de vrais partenariats public-privé où les entrepreneurs seraient invités à la table des gouvernements pour proposer des solutions innovantes aux problématiques environnementales, avec derrière eux une vraie capacité de mise en œuvre.

Un sujet qui pourrait faire office de "test case", est celui de la mobilité et de la pollution à Bruxelles. Si la capitale de l’Europe parvenait à "disrupter" sa problématique environnementale grâce à des solutions technologiques, celles-ci pourraient s’étendre au monde entier. Cette approche demanderait évidemment une bonne dose d’audace de la part des gouvernements – c’est à dire adopter une approche… disruptive!

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