Incubons-nous

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Pour Pierre De Muelenaere, la création de nouvelles activités, "n’est qu’un" des moyens de stimuler l’activité économique d’un pays mais l’innovation et la créativité sont essentielles pour notre futur.

Après plus de 30 ans de bons et loyaux services, j’ai décidé, fin 2015, d’abandonner la direction d’Iris, la société créée pour commercialiser les résultats de ma thèse de doctorat. J’avais annoncé un retour aux sources avec notamment l’écriture d’un ouvrage sur l’entreprenariat, basé sur cette belle aventure: la petite spin-off spécialisée en reconnaissance intelligente de documents (IDR) et gestion de l’information (IM) devenue leader mondial ("The IRIS Book").

Iris, c’est un management-buy-out, une introduction en Bourse, un rachat de plus de 10 sociétés, une OPA par Canon, un delisting. Et au final, 600 collaborateurs et plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. J’avais de quoi raconter à la nouvelle génération. Un beau cas d’école entre les mains. Sophie Neu, directrice de l’incubateur de Louvain-La-Neuve l’Yncubator (qui s’occupe des étudiants-entrepreneurs) n’a pas loupé l’occasion de me mettre le grappin dessus. Puisque maintenant j’avais du temps, je pouvais l’aider à constituer une équipe de coaching composée d’anciens entrepreneurs sur le retour.

Difficile de refuser quelque chose à Sophie, même si j’étais plutôt sceptique à l’idée de jouer le rôle de "belle-mère pour jeunes entrepreneurs". Difficile aussi de refuser à L’Echo de participer à cette chronique. Le marketing était efficace. "Tu pourras parler de ce qui t’intéresse, de l’innovation, de l’entreprenariat, de façon positive et inspirante!" Nous y voilà! Et pour cette première chronique, j’ai décidé de partager avec vous un peu de mon enthousiasme, après une belle année passée à coacher 25 projets d’étudiants-entrepreneurs, aux côtés de mes chers collègues de l’Yncubator.

Des projets variés dans les domaines de la technologie, de l’écologie, de l’alimentation saine, du recyclage, etc. Des projets qui souvent reflètent les préoccupations des jeunes d’aujourd’hui et leur vision personnelle pour améliorer le monde de demain.

Bien entendu, tous ces projets ne déboucheront pas sur la création d’une société. Et toutes les sociétés créées ne deviendront pas des succès du calibre d’IBA, d’Iris ou d’EVS. Bien entendu, l’entreprenariat est un peu devenu "à la mode" et certains étudiants-entrepreneurs jouent peut-être un peu à l’entrepreneur sans avoir nécessairement une motivation et une capacité de travail suffisantes.

Bien entendu, la création de nouvelles activités, "n’est qu’un" des moyens de stimuler l’activité économique d’un pays. Il souvent plus facile, plus rapide et plus rentable d’aider une PME expérimentée à se développer à l’international.

Mais d’un autre côté, le CEO d’une société mature sait pertinemment qu’il est nécessaire tout à la fois de préserver les activités rentables (maintain!) de développer le business à gros potentiel (grow!), de sortir sans trop de casse des activités problématiques (phase out!) et de trouver les toutes nouvelles idées essentielles la survie à long terme de la société (innovate!).

L’innovation et la créativité sont essentielles pour notre futur et la nouvelle génération a forcément un rôle clé à jouer. D’autant plus dans notre petite Belgique, à l’heure où certains secteurs sont confrontés à une véritable problématique de reconversion industrielle.

Alors, un incubateur, pour quoi faire? Et bien, pour le petit coup de pouce à nos jeunes qui se mouillent, pour leur donner un peu plus de chances de réussir leur projet. Et puis, pour contribuer, à notre petite échelle et aux côtés d’autres acteurs, au développement d’une culture plus entreprenariale. Et puis, les spin-offs, cela peut marcher en Belgique et cela peut rapporter gros à l’économie et au bien-être social. La preuve.

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