La gouvernance et le succès

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La chronique du Dr. Pierre De Muelenaere, past-president & CEO, IRIS Group

Durant ma longue carrière à la tête de la société IRIS, une spin-off que j’ai créée en 1987, j’ai eu le temps de réfléchir à ma position de CEO et aux impacts du style de gouvernance. J’ai aussi découvert chez nombre de nos partenaires internationaux (Kodak, HP, Microsoft, Canon, Siemens,..) des organisations et des cultures parfois très différentes.

Comme membre du conseil d’administration de Guberna (l’institut des administrateurs de Belgique, www.guberna.be) et via mes différents mandats d’administrateur dans des sociétés de grande taille ou des PME, j’ai pu également élargir ma vision.

Le CEO pourrait être vu comme le chef d’un chœur polyphonique… pour amener chacun au bon niveau.

Quelle est la "vision hélicoptère"? Ce qui frappe en premier lieu, c’est la grande diversité des modèles, avec parfois des différences très importantes des organisations et des valeurs mises en avant. C’est encore plus le cas aujourd’hui, avec le buzz de concepts comme "les communautés de travail inspirées" ou "l’Entreprise libérée". Ensuite, il n’y a visiblement pas qu’un seul modèle qui marche. Ce qui n’est pas vraiment surprenant. Chaque patron a sa propre personnalité et la diversité des cultures d’entreprise permet aux collaborateurs de choisir le milieu qui leur convient le mieux. "One size does not fit all!"

Quel est le lien entre gouvernance et performance? Une société peut réussir avec une gouvernance désastreuse. Il suffit parfois comme disent les Américains d’être "at the right place, at the right time, with the right product". Mais, pour beaucoup, la bonne gouvernance sera un des facteurs de succès à moyen terme et, selon moi, pour aller dans la bonne direction, il y a deux règles de base à respecter. Tout d’abord, la cohérence. Par exemple, si vous choisissez d’aller vers l’entreprise libérée, soyez certain que ce modèle correspond bien à votre personnalité et à vos valeurs. Et assurez-vous que toute l’équipe comprenne bien le modèle et ses implications. En second lieu, l’adéquation aux besoins de la société. À chaque stade de son développement, une société aura besoin d’une gouvernance adaptée pour gérer plus efficacement ses problèmes. Avec 15 collaborateurs, IRIS était probablement un exemple de société libérée avant la lettre. Plus tard, comme société cotée, avec 500 collaborateurs et 10 sites d’exploitations, nous avons décidé d’intégrer d’autres bonnes pratiques plus classiques.

Et quid alors, du rôle du CEO? Par analogie, il pourrait être vu comme le chef d’un chœur polyphonique. Il amène une vision, toute personnelle, de ce qu’il veut accomplir et est capable de travailler avec les différents pupitres (sopranes, alti, ténors, basses) pour amener chacun au bon niveau. Il assemble aussi les différents morceaux du puzzle pour produire le meilleur résultat global et la plus belle harmonie. Dans un registre plus agressif, il y a l’image de l’entraîneur d’une équipe de football. La concurrence existe et il faut se battre. Les goals que l’on marque sont le résultat d’un travail d’équipe et d’une tactique mise en place pour surprendre l’adversaire. Une société sera bien plus complexe à gérer. Mais cela reste un travail d’équipe, la qualité est essentielle et la coordination est clé. Enfin, la fierté et le sentiment d’appartenance permettent de motiver les équipes sur le long terme. Et pour cela, la mise en place d’une bonne gouvernance peut aider de façon significative: elle assure la transparence, fixe les règles du jeu et permet de maximiser la valeur de l’entreprise pour tous les stakeholders.

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