Benoît Mathieu

Chronique de Benoît Mathieu

C’est de saison, à défaut d’être capital pour votre existence. En ce début juillet, on a fait un petit break estival. Et, à vrai dire, il y a deux-trois choses que l’on n’a pas bien comprises. À distance. À notre retour. Et encore à l’heure où vous lisez ces lignes. Il y a, d’abord, cette histoire de Liesbeth Homans. La nouvelle patronne de la Flandre a qualifié le drapeau belge de "chiffon". Stupeur et tremblements. Mais fallait-il vraiment s’étonner de la sortie? Et surtout: la comique de service de la N-VA – c’était une "blague", a-t-elle justifié – n’a-t-elle pas raison, sur le fond?

Ce qui dépasse toute notion d’entendement, c’est le choix, obstiné, du cdH à se claquemurer dans l’opposition. Même si c’est son droit le plus strict.

Qu’est-ce, au juste, un drapeau, si ce n’est un bout de tissu sur lequel on a plaqué soit une série de couleurs, pas forcément assorties, soit un animal un rien prétentieux, soit un motif stylisé passe-partout (au mieux)? Le reste, tout ce qu’on y projette, n’est que mythologie élaborée au fil des siècles, à laquelle on adhère, ou pas, plus ou moins passivement. Là où l’on s’est planté, c’est qu’on pensait que l’acharnement thérapeutique autour du coquelicot wallon aurait pris fin durant notre absence. Raté: il a fallu attendre cette semaine. Si l’on a bien compris qu’ils ne frétillaient pas trop à l’idée de s’embarquer avec le MR, pourquoi PS et Ecolo se sont-ils aventurés si loin et si longtemps dans l’impasse du Coquelicot? Jusqu’au ridicule ou à l’absurde, on n’a pas encore tranché. Ce qui dépasse par contre toute notion d’entendement, et même d’incompréhension, c’est le choix, obstiné, du cdH à se claquemurer dans l’opposition. Pas que les centristes n’en aient pas le droit, n’en déplaise aux pleureuses du "vote utile" et du "déni de démocratie".

C’est juste qu’une insondable perplexité nous habite. Le cdH avait-il peur de ne guère peser dans la balance? Sans doute pas, puisqu’il aurait pu le faire comme jamais – ou toujours, allez savoir, son rôle de pivot lui ayant régulièrement conféré un poids politique que sa taille ne justifiait plus depuis belle lurette. Rouges et verts, bavant devant les trois sièges qui leur manquent pour décrocher la majorité, auraient donné d’importants gages aux humanistes afin qu’ils grimpent à bord d’un olivier. Tout, sauf le MR. Ce n’est pas tout. Sa présence aux commandes lui aurait certes fourni des leviers. Mais son absence risque de lui jouer des tours. Prenez la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le MR, avec ses gros sabots, est aussitôt revenu avec son idée fixe de détricoter l’allongement du tronc commun, pourtant gravé dans le marbre du Pacte d’excellence. Pacte qui, s’il n’a pas été bâti par le seul cdH, est un peu son bébé, tout de même. Mais voilà, ce bébé, le cdH a préféré l’abandonner, pour un retour dans l’ombre, dont on se permet de douter des vertus thérapeutiques. Le cdH a déjà appliqué cette recette cinq ans durant au Fédéral. Le retour sur (dés)investissement n’est pas éclatant.

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