De quoi E-Change est-il le nom? (Ce nom, déjà…)

©e-change

Alors, ça y est, ils sont sortis du bois. Cela faisait des mois que certains fantasmaient, jouant à qui y est et qui n’y est pas, se demandant si le bidule allait se muer en nouveau parti politique ou non.

Cette semaine, les choses sont devenues plus claires. La liste des contributeurs a été publiée, de même que les objectifs. Et en termes de bidule, non, E-Change n’est pas un parti. C’est un "think tank", voilà tout. Un lieu de réflexion – que cela semble incongru en Belgique n’est pas de nature à nous rassurer.

Sur la forme, quelques réflexions, toutefois.

On comprend d’où vient le doute sur la nature même d’E-Change. Pour un cénacle de cogitation, il y a quand même beaucoup de politiques à bord. Et c’est une gageure, pour une organisation entendant réenchanter la politique, "renouer le lien entre la société civile et les représentants politiques", d’aligner certains noms.

Rubrique dinosaure, comme Didier Gosuin qui enfile les mandats – pour la plupart exécutifs – depuis 1977.

Sur le fond et sur papier à l’heure actuelle, on ne peut que se réjouir. Que des personnalités venant de tous horizons se saisissent de problématiques actuelles et tentent de dépasser les habituels clivages politiques.
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Rubrique ange déchu, comme Jean-Michel Javaux qui doit sa prolongation à la tête de Meusinvest à Stéphane Moreau. Ou Melchior Wathelet, qui a quitté dégoûté la scène politique après s’être brûlé les ailes.

Côté renouveau, il y a bien Opaline Meunier, direz-vous. Exact. Mais si à chaque fois qu’on cause renouvellement de la classe politique on sort le même joker, à la longue, cela va commencer à se voir.

Et puis, il y a ce nom. E-Change. Vraiment? Au moins, on nous aura épargné le 3.0 et autres abominations style 2.Vert. C’est déjà ça. Et ce n’est pas non plus un copier-coller, façon En-Marche.be – n’a-t-on donc rien à proposer qu’il faille aller voir chez le voisin ce qui a fonctionné et espérer que la greffe transfrontalière prenne? À ce rythme-là, que le PTB se rebaptise fissa Belgique Insoumise. Que le MR abandonne le "réformateur" pour "républicain" – Alain y travaille, notez bien. Et tant qu’à faire, que le PP, qui s’est fait une spécialité à reprendre et détourner d’anciennes marques tombées en désuétude, relance le Front national.

Mais là, on s’égare. E-Change donc.

Que des personnalités venant de tous horizons (syndicat, patronat, monde académique ou politique) se saisissent de problématiques actuelles et tentent de dépasser les habituels clivages politiques.
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Voilà pour la forme. Sur le fond – et sur papier à l’heure actuelle –, on ne peut que se réjouir. Que des personnalités venant de tous horizons (syndicat, patronat, monde académique ou politique) se saisissent de problématiques actuelles et tentent de dépasser les habituels clivages politiques. Si tous parviennent à s’entendre et débarquent avec des propositions de réforme fiscale, des pistes afin d’améliorer la mobilité ou une voie permettant de sortir par le haut de la crise du survol de Bruxelles, eh bien, pourquoi pas? Tant mieux, même. On serait en tout cas curieux d’y jeter un œil.

Une question nous taraude toutefois.

Cette bonne idée qu’aura pondue E-Change, quel parti va oser s’en emparer? À part le cdH, s’entend bien. Si les partis font la fine bouche, on ne sera pas plus avancés. Et vu comme ils ont raillé l’initiative, il n’est pas certain qu’ils se ruent sur ses résultats.

Ah oui, une dernière chose encore. Peut-être E-Change devrait-il se tourner un brin vers le nord du pays. On y trouve, paraît-il, des contrées habitées.

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