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En marche vers le renouveau! (Mais pas tout de suite, hein)

Benoît Mathieu

Chronique de Benoît Mathieu

La fascination des politiques belges pour Emmanuel Macron est fascinante. Que l’on soit soulagé et que l’on se réjouisse que la France ne valse pas du côté obscur de la force, c’est une chose. De là à voir DéFI, cdH et MR déclarer leur flamme de la sorte et chanter les louanges du renouveau démocratique, c’en est une autre.

Assez cocasse. Parce que Macron est un visage (relativement) neuf en politique et qu’il a réussi à envoyer valdinguer les deux partis qui faisaient la pluie et le beau temps français depuis des lustres. Or la Belgique est l’une des particraties les plus corsées d’Europe. Et le plus réjoui de la bande, Olivier Maingain, est souverain pontife en ses terres depuis 1532. Au moins.

Autant dire que le renouveau démocratique en Belgique, ce n’est pas gagné.

Ce qui détourne le citoyen belge de la politique, c’est notamment ceci. L’impression de voir tout le temps les mêmes têtes – et quand bien même de nouvelles se pointent, se trouvent parmi elles une belle cargaison de "filles de" ou "fils de".

Sans oublier le pouvoir écrasant des partis. Qui composent les listes électorales à leur guise. Se retrouvent entre eux, après une élection, pour négocier le second round. Et sont capables de bombarder quelqu’un à un ministère juste parce qu’il vient du bon coin, alors qu’il ne connaît rien à rien aux compétences qu’il va devoir gérer.

Autant dire que le renouveau démocratique en Belgique, ce n’est pas gagné. La tornade éthique wallonne risque de se muer en gentille brise, puisque certains ne se gênent pas pour expliquer comment ils vont adapter à leur sauce les nouvelles dispositions. Quant à la dernière volée de mandats distribués en Wallonie, ils fleurent bon le renfermé et la naphtaline.

Ah, ces Wallons?.. Ttt. Le Fédéral ne se distingue guère plus. À la Chambre, la progression du groupe de travail "renouveau politique" n’est pas réellement décoiffante; le décumul y est encore considéré par quelques-uns comme une maladie vénérienne et honteuse. Peut-être aurait-il fallu ouvrir cette réflexion à d’autres, notamment à la société civile, afin d’aérer la pièce? Là, on demande à ceux qui ont pris leurs aises dans le système actuel de tenir, seuls, la plume écrivant les règles à venir.

Pas évident de s’infliger un tour de vis. Prenez l’âge de la retraite. Pour les citoyens, cela n’a pas trop traîné: 67 ans en 2030. Pour les parlementaires, cela pinaille encore – seuls les Flamands semblent progresser en la matière et on les en remercie. Bosser jusque 67 ans? Faudrait pas déconner non plus.

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