#iksteunTheo

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Où l'on prend la défense de Theo Francken. Qui n'en a, au demeurant, sans doute nul besoin.

On l’avoue. On éprouve du mal à comprendre certaines contorsions. Alain Finkielkraut est victime d’une agression antisémite? La question n’est alors pas de savoir si vous adhérez, ou non, aux idées du philosophe français, qu’il est par ailleurs permis de critiquer. Non, l’heure est à la condamnation sans équivoque – et ceci vaut tout autant en cas de xénophobie, homophobie, misogynie, et on en passe sans doute.

Parce que, au juste, cela ressemble à quoi, les déclarations du style "Je n’ai jamais aimé Finkielkraut, mais…", et autres du même acabit? À des contorsions. Et quand on se tortille de la sorte, quel message fait-on passer? Qu’il y a de l’espace, une marge, pour du tortillement et du louvoiement.

Or il n’y en a pas.

Empêcher une femme ou un homme de parler n’est jamais une bonne idée.

Le même raisonnement vaut pour notre Theo Francken. Qui tentait de présenter son grand œuvre, "Continent zonder grens", à Verviers mardi soir. La suite est connue. Manifestation, à l’initiative notamment de la FGTB, débordement, voiture de l’ancien secrétaire d’État N-VA amochée et conférence annulée.

Tout cela nous laisse perplexe.

Et nous rappelle la conviction que l’on s’était forgée à l’époque où Dieudonné voyait se fermer devant lui salle sur salle. Empêcher une femme ou un homme de parler n’est jamais une bonne idée.

On appelle cela de la censure.

La personne en question tient des propos choquants, injurieux, racistes, haineux ou que sait-on encore? Il y a des lois pour cela. On la laisse parler, et on lui tombe sur le râble dans la foulée.

Mais on la laisse parler. Si on la lui boucle avant, on en fait une victime, que le "système" cherche à museler. Si elle dérape toute seule comme une grande, on tient, peut-être, une future condamnée. Nettement plus ardu, ça, pour en tirer un numéro de Calimero.

Et s’il n’y a rien de répréhensible dans le discours tenu, mais qu’on croit y trouver des idées nauséabondes, des semi-vérités ou d’éhontés mensonges? Eh bien, on contre-attaque, on argumente et on démonte.

Mais on ne censure pas.

Le traitement réservé à Theo Francken cette semaine est injustifiable. Peu importe que l’on apprécie, ou non, son style et son fonds de commerce.

Le traitement réservé à Theo Francken cette semaine est injustifiable. Peu importe que l’on apprécie ou non son style et son fonds de commerce, il est excessivement regrettable qu’il ne puisse présenter son livre comme bon lui semble. Et a fortiori en Wallonie. Contester la star montante de la N-VA de la sorte, c’est apporter de l’eau à son moulin.

Dans cette histoire, la palme revient sans conteste à Muriel Targnion. Bourgmestre de Verviers et, ce faisant, en charge des forces de police qui étaient censées assurer la sécurité de l’invité contesté. Et qui n’a rien trouvé de mieux à faire que se joindre au troupeau des manifestants. Ou comment ne pas être à la hauteur de sa fonction.

Mais heureusement, il y a Jacqueline Galant. Qui, au vu de la tournure des événements à Verviers, a décidé d’inviter Theo Francken dans son fief de Jurbise. "Nous sommes dans un pays démocratique où le débat doit pouvoir exister", justifie-t-elle. Avec raison. Et sans rancune, quand on sait que l’ancien secrétaire d’État traitait il y a peu les ministres MR de boulets incompétents.

C’est cela aussi, la vigueur du débat démocratique.

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