chronique

Les provinces wallonnes font de la résistance

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La maison Belgique a besoin d’être dépoussiérée. Il faut une rationalisation et une simplification de ses structures.

Nous avons tous, dans un placard, une cave ou un grenier, l’une ou l’autre vieillerie devenue obsolète ou superflue et dont nous avons pourtant du mal à nous défaire. Dans la maison Belgique, c’est pareil. On a du mal à se séparer de certaines institutions. L’accord gouvernemental wallon conclu en début de semaine en a fourni une nouvelle illustration.

Ainsi, alors que de nombreuses voix réclament depuis belle lurette leur disparition, les provinces wallonnes font de la résistance. Il y a moins d’un an, la ministre wallonne des Pouvoirs locaux, Valérie De Bue (MR), parlait pourtant de "l’inéluctable disparition de l’institution provinciale". "Si nous sommes toujours au pouvoir lors de la prochaine législature, nous porterons clairement le projet de la suppression des provinces", ajoutait-elle, interrogée par la RTBF. In fine, les compétences des provinces seront (encore) réformées. Elles reprendront progressivement à leur charge, et au plus tard d’ici la fin de la législature, les contributions communales au financement des zones de secours.

Un autre exemple de bibelot devenu inutile est le Sénat. Largement vidée de sa substance au fil des réformes de l’État, désuète, la vénérable institution ne se réunit plus que quelques fois par an dans l’indifférence totale. Censée être un pont entre Nord et Sud du pays, elle ne sert de facto à rien.

Personne ne peut se satisfaire d’un statu quo qui démontre chaque jour toutes ses limites en termes de bonne gestion publique.

On entend d’ici les cris d’orfraie des défenseurs de ces institutions. Précisons donc: on ne remet ici en cause ni leurs missions (parfois très importantes, comme l’enseignement provincial) ni les personnes qui y travaillent. Mais d’autres niveaux de pouvoir peuvent parfaitement les intégrer. Et on ne nous enlèvera tout de même pas l’idée – désolé si elle apparaît populiste, mais c’est la réalité – qu’elles servent aussi aux politiques à (re) caser quelques amis et obligés. Au Sénat, par exemple, les partis cooptent 10 des 60 parlementaires.

La maison Belgique a besoin d’être dépoussiérée. Il faut une rationalisation et une simplification de ses structures. Il faut réduire la lasagne institutionnelle pour diminuer les coûts et accroître l’efficacité.

Cette réflexion nous mène tout droit au débat sur une réforme de l’État. Les francophones sont toujours effrayés d’en discuter, par peur d’être pris dans l’engrenage des revendications séparatistes flamandes. Compréhensible, certes. Cette semaine, le Voka (le patronat flamand) a d’ailleurs de nouveau plaidé pour une scission des soins de santé et du marché du travail. Rengaine connue. Mais personne ne peut se satisfaire d’un statu quo qui démontre chaque jour toutes ses limites en termes de bonne gestion publique.

Sénat et provinces devraient, à notre humble avis, passer à la trappe. Et allons plus loin. Le nouveau ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR), était il y a peu partisan de la suppression de l’institution qu’il va présider. Faut-il maintenir cette Fédération? Ne faudrait-il pas y aller franchement pour une Belgique à quatre Régions ? Ne faudrait-il pas fusionner des communes, des zones de police, en particulier dans la capitale? Ce sont des sujets explosifs et politiquement sensibles. Il n’y a pas de réponses simples. Mais se mettre des œillères ne permet pas d’avancer.

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