chronique

Les vacances du vieux renard

Benoît Mathieu

La chronique de Benoît Mathieu.

Il fallait de la symbolique et il y en eut. Rapidement, encore bien. Jeudi, le nouveau Commandeur en chef wallon Borsus et son orange bleue ont présenté une série de mesures relatives à la gouvernance. On rabote ici les cabinets et là les salaires des ministres. De 10%: assez pour que cela marque, pas pour que cela fasse mal – la présence d’un ministre en moins que sous Magnette pourrait suffire à faire chuter le nombre de cabinettards. Ah oui, il y aura aussi moins de voitures et des moins polluantes. Et un ministre ne pourra plus engager de parents au sein de son cabinet. Enfin, jusqu’au 2e degré, pas plus. Ce qui tombe plutôt bien: le neveu Collin peut tout juste rester à bord.

Ce n’est qu’un début, certes, et un pas dans la bonne direction. On reste cependant dans le classique et le convenu; les débats qui fâchent (cumul des mandats ou simplification des structures) sont reportés à plus tard, voire à vraiment plus tard.

Et pendant ce temps, Olivier Maingain médite en vacances. Il a beau être incontournable, sa partie n’est pas évidente à jouer. Même pour un vieux renard comme lui.

On peut se tromper, mais vu les exigences posées par les deux chevaliers blancs de la gouvernance – un tout frais converti et un de la première heure –, ce n’est sans doute pas avec cela que MR et cdH vont attraper DéFI et Ecolo dans leurs filets à Bruxelles.

Les deux tourtereaux mettent une pression maximale sur DéFI, sans qui une majorité bruxelloise sans le PS ne peut se construire. Collé au PS, Olivier Maingain prendrait les institutions en otage. La critique est osée, surtout dans la bouche d’un cdH putschiste. Comme on aime bien donner un coup de main, on se permet de mieux répartir la pression: peut-être faudrait-il également que MR et cdH fassent un effort de séduction supplémentaire, puisque le bête bouquet de tulipes semble ne guère faire le poids.

Le plus ironique dans l’histoire, c’est que c’est encore le PS qui est allé le plus loin dans ses propositions sur la "moralisation de la vie publique", comme on dit. Et qui pourrait trouver un fameux terrain d’entente avec les amarantes et les verts.

"Tout ça pour ça", est d’ailleurs le nouveau leitmotiv des socialistes, pas encore très à l’aise dans leur costume de répudiés. Tout ce chambardement pour d’aussi timides avancées. Ici aussi, la critique est osée, même si elle n’est pas fausse. Le problème du PS, c’est qu’il est, par la force des choses, totalement inaudible en la matière. Il a beau avancer des mesures fortes, il faudra du temps avant qu’il lui soit permis de la ramener sur le terrain moral. Et une opération "nouvelles têtes", aussi: comment croire que le tandem Di Rupo-Onkelinx puisse encore être crédible?

Et pendant ce temps, Olivier Maingain médite en vacances. Il a beau être incontournable, sa partie n’est pas évidente à jouer. Même pour un vieux renard comme lui. Beaucoup à gagner, pas mal à perdre.

Bref, tout cela est parti pour durer encore un peu. Diantre – et dire qu’on s’était juré de ne pas s’adonner au petit jeu des pronostics. Bien trop hasardeux.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content