On s'ennuie!

©Aude Vanlathem

C’est le risque: on va finir par se répéter. Mais est-ce vraiment notre faute si cette campagne électorale est d’un désintérêt sidérant? Alors que les enjeux pèsent plutôt lourd?

Qu’a-t-on appris cette semaine? Jan Jambon et Charles Michel sont tous deux candidats Premier ministre. Stupéfaction! Certes, en 2014, lorgner le 16, rue de la Loi était tout sauf une évidence pour les nationalistes flamands, mais depuis, ils ont eu le temps de prendre leurs aises. On aurait pu le deviner, que ces deux-là ne sont pas là pour la cueillette des fraises.

Élections 2019

Le 26 mai, la Belgique se rend aux urnes pour renouveller les parlements régionaux, fédéraux et européens. Comment va se dérouler le duel PS / N-VA? Les écologistes vont-ils intégrer le gouvernement bruxellois? Les europhobes feront-ils une poussée au Parlement européen? Notre dossier >

Sur le fond, cela patine aussi. Comme d’habitude, la classe politique vend à la fois des baisses d’impôts, quitte à défaire ce que Michel a fait au nom de "l’équité fiscale" ou afin de financer son tax shift, des hausses du côté des pensions et un anéantissement du déficit – encore que, ce débat-ci ne vit qu’en Flandre. Côté francophone, c’est simple, le budget n’existe pas.

Le tout, sans que personne ne puisse vraiment expliquer comment on va financer l’ensemble. Pas grave, il paraît que ça ruisselle, l’argent.

Lorsqu’il ne se prend pas les pieds dans nos racines chrétiennes, le politique ressort de vieux discours, à peine réchauffés au four à micro-ondes. Francophones, n’ayez pas peur! lance la N-VA à la façon d’un charmeur de serpents. Un disque qui tourne avant chaque scrutin depuis 2010.

Les simplismes sont de retour également. Jusqu’à s’enfermer dans la caricature et ce qui s’apparente à une forme de chantage électoral. Ainsi, voter MR revient à prendre un ticket pour l’enfer social à la sauce N-VA. Garanti sur facture. Et voter à gauche mène, assurément, au réveil de la bête communautaire, qui va précipiter le pays dans le gouffre. Sans doute se porterait-on mieux si chaque parti gardait pour lui ses imprécations.

Le bulletin des gouvernements

À l’approche du scrutin du 26 mai, L’Echo dresse le bilan des gouvernements régionaux et communautaires. Douze thématiques, soigneusement sélectionnées par la rédaction. Retrouvez-les dans notre dossier >

Jusqu’à effectuer de petits arrangements avec la vérité, aussi. Les syndicats qui versent les allocations de chômage? "Cela coûte beaucoup d’argent", vient encore de trancher l’aspirant Premier Jan Jambon. Qu’importe si c’est inexact, comme cela a été démontré en long et en large dans ces pages. Après tout, c’est plus distrayant et vendeur que de se pencher sur la part d’ombre des finances des secrétariats sociaux, qui a également été mise en avant dans ces mêmes pages. Au passage, cela permet de ne pas trop insister sur le fait que l’on a l’intention de démonter le modèle de la concertation sociale.

Autant dire que, jusqu’à présent, l’ensemble manque de souffle et de panache. Peut-être est-ce dû au fait que la campagne ait précipitamment commencé fin décembre? Et que, depuis, le feu couve, sans jamais s’être vraiment déclaré?

C’est dire: pour l’heure, la perspective la plus excitante est le résultat, promis vendredi prochain, de l’exercice de chiffrage, par le Bureau du plan, d’une partie des principales promesses électorales. Avec tout le respect que l’on doit à cette vénérable institution, si l’on nous avait dit, un jour, que l’on saliverait à l’idée d’une publication du Plan, on ne l’aurait sans doute pas cru. Comme quoi.

Qui a fait mieux? Di Rupo ou Michel?

Le gouvernement Michel a-t-il fait mieux que le gouvernement Di Rupo? A un mois des élections, L'Echo vous propose de comparer vous-même l’impact du gouvernement sortant sur base de cinq indicateurs.

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