chronique

On vous recommande la positive attitude

Benoît Mathieu

Le week-end dernier, on s’est fait remonter les bretelles. Gentiment, fermement. Elle a pris simultanément le journal et son air le plus sérieux. Là, on a juste eu envie de filer à l’anglaise, façon équipe B encore bien, parce qu’elle est notre plus redoutable relectrice. Mais non. On a fait front.

"C’est bien", elle a dit. "Mais..." Et puis elle s’est lancée. Et cela donne ceci, en substance. C’est très bien de s’inquiéter de l’état du monde. Mais ne faudrait-il pas davantage parler de ceux qui construisent que de ceux qui piétinent? Le plastique phagocyte nos océans? Certains vont le chercher et lui redonnent vie sous forme de maillots ou lunettes. Un ingénieur africain a mis au point une pirogue faite de bouteilles recyclées. La démocratie hoquette en Europe? Faire la grève de la procréation n’a aucun sens – c’est justement maintenant qu’on a besoin d’une relève bien charpentée, dont on espère qu’elle ne se laissera pas avoir par le premier simplisme qui passe.

Elle nous a recommandé la positive attitude, en quelque sorte. On ne s’est pas donné tort, mais on lui a donné raison.

Alain Mathot a palpé 700.000 euros? Une excellente chose, pardi! Parce que, par la magie de la théorie du ruissellement, voilà autant d’argent qui a certainement inondé le bassin sérésien.

Alors on s’y exerce. Prenez le MR, qui effectue quelques pas hésitants sur une nouvelle voie. Denis Ducarme, le week-end dernier: "Theo Francken applique la politique du gouvernement. Et fait un peu de gonflette à côté. Moi, je n’adhère pas à un certain nombre de messages." Gérard Deprez cette semaine: "Le gouvernement fédéral n’est pas populiste, mais l’un ou l’autre de ses membres peut-être. Les propos de Theo Francken contribuent à attiser dans l’opinion publique des sentiments que je n’aime pas. Le problème ce n’est pas Francken, c’est le nombre de gens qui commencent à penser comme lui. C’est ça le problème pour la démocratie."

On aurait pu railler, relever que c’est quand même grâce au MR que la N-VA a grimpé au Fédéral – et qu’à force de sentir du mou, elle y a pris toutes ses aises. Eh bien non. Réjouissons-nous plutôt de cette prise de distance, malgré sa timidité maladive. Au moins a-t-elle le mérite d’exister. La dernière fois que Gérard Deprez s’était montré critique, il avait été tenu de présenter des excuses, fissa – on ne voit encore rien de tel ici.

Po-si-tif. De la sorte, on a profité le coeur léger des quelques gâteries que cette semaine a bien voulu distiller.

Comme Alain Destexhe, privé à vie d’accès au Conseil de l’Europe, pour avoir été surpris le doigt dans le pot de confiture.

Comme l’absence d’Alain Mathot, protégé tant par son immunité que par la N-VA, au procès Intradel. Le tribunal de Liège a acté, ce vendredi, que le député socialiste a palpé quelque 700.000 euros dans le cadre de cette affaire de corruption? Une excellente chose, pardi! Parce que, par la magie de la théorie du ruissellement, voilà autant d’argent qui a certainement inondé le bassin sérésien – c’est utile, quand même, d’avoir un premier de cordée avec autant de liquide dans les poches.

Et si jamais vous sentez que toutes les inepties qui seront proférées durant l’année électorale qui nous attend risquent de vous courir sur le haricot, dites-vous que c’est pour la bonne cause. Vous n’aimez plus ou pas votre bourgmestre, en place depuis Mathusalem? Le style d’Untel vous hérisse? Sa vision du monde vous fait frémir? Eh bien, vous avez l’occasion de tenter de l’envoyer valser, en votant pour qui vous chante, à tous les niveaux de pouvoir. Et à ceux qui chantent que le système proportionnel belge permettra aux partis de s’arranger entre eux après le scrutin, rétorquez que si une partie de poker s’engage effectivement, c’est tout de même l’électeur qui a procédé à la donne.

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