Blanche-Neige revisitée et libérée

©Emmanuelle JACOBSON-ROQUES

Anne Fontaine a choisi de revisiter le célèbre conte de Grimm et d’en donner une lecture moderne, sensuelle et sexy. Dans "Blanche comme neige", Lou de Laâge révèle un sacré tempérament face aux sept "nains".

Cinéma

"Blanche comme neige"

Note: 3/5

D’Anne Fontaine. Avec Lou de Laâge, Isabelle Huppert, Charles Berling, Benoît Poelvoorde…

Elle est ambitieuse, la réalisatrice Anne Fontaine. Après un bel hommage à Flaubert dans "Gemma Bovery" et une nouvelle biographie de Coco Chanel avec "Coco avant Chanel", la voici qui jette son dévolu sur le mythique conte des frères Grimm, "Blanche-Neige". Et dire que l’on n’est pas chez Disney, c’est peu dire. L’histoire se déroule aujourd’hui et les personnages sont plus que réels, pas en "cartoon". Au centre de ce monde, il y a Claire à laquelle la ravissante Lou de Laâge prête ses traits et son physique fin et élancé. À ses côtés, une belle-mère tirée à quatre épingles interprétée par Isabelle Huppert, apparemment imperturbable mais qui craque pour les pommes Pink Lady.

Bande-annonce

Dans l’hôtel que leur a légué le défunt père de Claire, la belle-mère proclame son amour maternel à la jeune fille en insistant quand même sur le fait qu’elle a la vie devant soi. L’intrigue démarre lorsque l’amant de la belle-mère s’amourache de la jeune fille qui n’a d’autre issue que de prendre la fuite dans les bois. Et le conte moderne de commencer. Car, dans sa fugue, Claire, qui n’a peur de rien, va rencontrer tour à tour sept hommes aux sept profils différents.

Qui sont les sept nains?

Le drame pourrait-il être évité? Les sept "nains", en tout cas, prouveront leur attachement à la belle innocente.

Vincent Macaigne joue le premier "nain" que Claire trouve sur sa route. Il aime les filles pâles et joue du violoncelle. Chez Grimm ou Disney, il aurait pu être Grincheux. Ému par la jeune fille, sa liberté et sa joie de vivre, il ne cède pas à la tentation de la chair. Mais qu’à cela ne tienne, notre Blanche-Neige moderne va gentiment s’envoyer en l’air avec les autres hommes qu’elle va croiser. Sauf, bien sûr, le prêtre à qui elle confiera ses péchés. Et le libraire qu’incarne Benoît Poelvoorde façon Prof, qui a tendance à préférer la théorie à la pratique (sexuelle). Plus on avance, plus on comprend que cette jeune héroïne est à la recherche du plaisir. Elle est libérée, sans tabou et mène la danse. D’ailleurs, la scène où elle danse sur du rap est l’un des moments les plus sympas du film.

Le conte n’en serait pas un si la belle-mère n’était pas à la recherche de Claire. Et ne penserait-elle pas à lui faire manger une pomme empoisonnée? Le drame pourrait-il être évité? Les sept "nains", en tout cas, prouveront leur attachement à la belle innocente. Ce qui pour une version féministe de "Blanche-Neige" est aussi rafraîchissant qu’audacieux. Mais pour "adults only"…

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