chronique

"L'histoire de l'Amour", le grand mélo à l'ancienne

Nouveau film pour l’auteur de "Va, vis et deviens" et du "Concert". Radu Mihaileanu adapte un roman américain où se mélangent amour éternel, Shoah et nécessité d’écrire.

"History of Love"

Par Radu Mihaileanu, avec Derek Jacobi, Gemma Arterton, Sophie Nélisse, Elliott Gould, Mark Rendall…

3/5

Un petit village biélorusse, quelques années avant la guerre. Une jolie jeune fille est aimée par trois garçons. Elle ne sait lequel choisir. Celui qui lui écrira le mieux qu’il l’aime? New York, 60 ans plus tard. Un vieux serrurier juif pose en toge pour des écoles d’art, histoire de se faire quelques dollars. Acariâtre, il essaie aussi de régler quelques comptes avec son passé… Dans la même ville, une jeune adolescente tombe amoureuse pour la première fois. Elle essaie aussi de rendre le sourire à sa mère, une femme fébrile portée sur la boisson, à qui un mystérieux correspondant vient de demander la traduction en anglais d’un livre qu’elle vénère: "L’Histoire de l’amour"… Comment ces histoires sont-elles reliées? Quels secrets cachent-elles?

History of love - trailer

La barre très haut

On connaît Radu Mihaileanu pour son goût des histoires fortes.

On connaît Radu Mihaileanu pour son goût des histoires fortes. Avant "Va, vis et deviens" (César du meilleur scénario et nommé comme César du meilleur film en 2006), il y eut "Train de vie", qui nous racontait l’histoire fantaisiste du détournement d’un train promis aux camps de la mort. Et avant cette "Histoire de l’Amour", nous avons pu admirer le magnifique "La source des femmes", qui posait des questions fondamentales sur l’extrémisme religieux.

Avec l’adaptation de ce roman de Nicole Krauss, Mihaileanu réalise son premier film en anglais, avec une distribution internationale, et dans de nombreux décors impressionnants: l’Europe de l’Est, Chinatown, Coney Island, etc. Il met surtout la barre très haut en matière de thématique: les promesses faites à ceux qu’on aime – et surtout à soi-même…

Comme dans la plupart de ses films, on pourra reprocher au réalisateur d’origine roumaine une certaine emphase dans la narration, et une bonne dose d’exagération dans le lyrisme. Mais c’est ce too much qui fait aussi le charme de ce film où, comme dans la vie, le tragique et l’humour se mélangent sans cesse. Si on se laisse prendre par cette histoire abracadabrantesque où tout est souligné, c’est que ce film nous rappelle un genre aujourd’hui trop rare: le grand film mégalo qui, en assumant tous ses excès, finit par nous toucher comme nul autre.

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