Mon fils, ma bataille

©doc

Gustavo Pizzi signe un joli petit film brésilien sur la famille… Remarquable Karine Teles qui incarne Irène, la mère de cette maisonnée atypique de la banlieue de Rio.

"Benzinho" ("Loveling")

Note: 3/5

De Gustavo Pizzi.

Avec Karine Teles, Otavio Müller, Adrian Esteves, Konstantinos Sarris,…

Le Brésil, ce n’est pas seulement le foot, les bidonvilles, la samba, le carnaval. Le Brésil, lui aussi, possède sa douceur de vivre. Sa douce mélancolie. Sa poésie délétère. Ses familles ordinaires et ses moments suspendus. En témoigne ce petit film qui n’a l’air de rien, mais qui nous fait entrer de plain-pied dans la vie quotidienne d’une touchante quadragénaire qui se (re)met à vivre le jour où elle comprend qu’elle va perdre ce qui lui est de plus cher…

Irène ne sait plus où donner de la tête. Il faut aller rejoindre son fils Fernando, mais la serrure est cassée. Vite, on sort par la fenêtre avec les jumeaux de 7 ans. On ouvre les parapluies parce qu’au Brésil, il pleut parfois, et il y a même du brouillard. Ah, voilà son fils (pas Fernando, un autre), auréolé d’un énorme tuba de fanfare. Vite, on remonte quelques blocs et on entre dans le gymnase pour applaudir enfin Fernando, son quatrième (et dernier) fils, 17 ans. Applaudir, parce que Fernando est gardien dans une équipe de handball. Aujourd’hui, c’est la demi-finale, remportée in extremis grâce à un arrêt réflexe. Dès le soir, on apprend que le jeune homme est engagé par une équipe allemande, dans une université où il pourra aussi étudier. Irène oscille entre le sourire et les larmes. Heureuse pour sa progéniture, elle réalise que le destin va lui enlever ce qu’elle chérit par-dessus tout. Un de ses fils.

Bande-Annonce

Départ d’un enfant

Il ne se passe pas grand-chose dans "Benzinho", mais la caméra est posée à un moment charnière: celui du départ de l’enfant. Cela suffit pour que le spectateur passe du bon temps, en voyant défiler sa vie à lui en transparence, alors qu’on lui montre celle d’une Brésilienne inconnue. Sa fierté lorsqu’elle va sonner chez une ancienne "patronne" à qui elle vient d’annoncer sa réussite scolaire, car elle vient de passer son diplôme de secondaire… Sa complicité avec sa sœur, avec qui elle vend du linge de maison "après ses heures"… Ses errances nocturnes, aussi, où elle va écrire à la craie dans la "maison d’en face", une maison en travaux qui ne sera sans doute jamais terminée, où sera sa chambre, sa salle de bain, son lit…

C’est dans les moments les plus anodins que naît la magie. Avec toutefois une légère tendance dans le chef du réalisateur à tout vouloir rendre obligatoirement poétique, et esthétique. Le van prêté par la sœur est précisément un VW blanc et rouge splendidement vintage. Le fils prodigue est bien évidemment un beau gamin. La musique du film vient parfois surligner les choses en créant au passage un côté artificiel, sur le ton "le film qu’on ne peut qu’aimer". Mais à part ce petit appesantissement esthético-sentimental, on passera un bon moment avec cette famille en proie à la saudade, cette mélancolie si typiquement brésilienne, et teintée d’espoir.

©Trigon

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