70.000 personnes ont marché pour le climat

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Environ 70.000 personnes ont défilé ce dimanche pour le climat à Bruxelles. Aucun incident si ce n'est 16 personnes arrêtées administrativement pour avoir pénétré la zone neutre.

"Nous ne sommes ni de droite, ni de gauche. La lutte va bien au-delà des logiques partisanes."
Kim Lê Quang
Rise for climate, mouvement citoyen à l'origine de la manifestation

Quelque 70.000 personnes de tous âges ont pris part dimanche, malgré une météo maussade, à la seconde marche pour le climat en quelques mois organisée dans les rues de la capitale.

Le cortège s'est mis en marche dès 13h30 à la gare du Nord pour rejoindre vers 15h00 la place du Luxembourg, face au Parlement européen. De nombreuses personnes sont venues grossir les rangs du cortège tout au long du parcours. Familles, mouvements de jeunesse et ONG étaient présentes, de même que certains partis politiques comme Ecolo-Groen, le PTB et le sp.a.

Répondant à l'appel de l'association organisatrice Rise for Climate, les manifestants entendent par cette action mettre le monde politique sous pression pour qu'il adopte des mesures fortes en faveur de la protection du climat.

"Nous ne sommes ni de droite ni de gauche. La lutte va bien au-delà des logiques partisanes. Nous sommes probablement la dernière génération à encore pouvoir agir contre le réchauffement climatique et n'accepterons pas que nos enfants soient les otages de l'inaction", affirme Kim Lê Quang, de Rise for Climate Belgium. Greenpeace, Climate Express et une multitude d'autres mouvements soutiennent l'organisation de cette marche.

"L'humanité fait face au plus grand défi qu'elle ait jamais eu à relever depuis son existence sur Terre. Il faut absolument faire plier les dirigeants. Nos actions vont se multiplier. La radicalité se dessine comme une nécessité", ont déclaré les organisateurs, face à la foule de manifestants. "Le combat s'annonce long et difficile, mais nous ne lâcherons rien", ont-ils ajouté.

Parmi les marcheurs, engoncés dans plusieurs couches de vêtements, nombreux agitaient banderoles et pancartes sur lesquelles on pouvait lire: "No time to waste", "Stop aux voitures de société", "Act now" ou encore "Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le au moins pour les autres".

Certains sont venus à vélo, d'autres avec de très jeunes enfants. De nombreux mouvements de jeunesse étaient également présents, à l'instar de quelques centaines de "gilets jaunes" venus réclamer des politiques "à long terme socialement justes".

"On n'espérait pas autant de monde, c'est fantastique", a réagi Kim Lê Quang, de Rise for Climate Belgium. "Tant qu'il n'y aura pas d'avancée significative, la mobilisation continuera."

Désobéissance civile

A hauteur de la rue du carrefour Arts-Loi, quelques centaines de personnes ont bloqué la circulation pour dénoncer "l'inertie des autorités" face au changement climatique. Avec cette action de désobéissance civile, ils répondaient à un appel du collecif Act for Climate Justice.

Les manifestants voulaient se rapprocher au plus près des bâtiments du parlement fédéral et du gouvernement, mais la police avait placé un barrage. Seize personnes ont été administrativement arrêtées pour avoir refusé de quitter la zone dite neutre. Une fois l'action terminée, le reste de ces manifestants a rejoint le gros du cortège.

Vers 15 heures, la tête du cortège est arrivée à l'Esplanade Solidarnosc, face au Parlement européen. Parmi les orateurs attendus figurent notamment les organisateurs de Rise for Climate, la jeune activiste flamande Anuna De Wever ainsi que l'économiste Pierre Larrouturou.

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Rappelons que lors de la marche organisée par la Coalition Climat, le 2 décembre dernier, entre 65 et 75.000 manifestants avaient battu le pavé bruxellois. Une mobilisation historique. C'était au premier jour de la COP24 qui s'ouvrait en Pologne, grand rendez-vous international pour discuter de la lutte contre le changement climatique.

 

La SNCB s'est pour sa part montrée satisfaite d'avoir renforcé son offre de transport afin d'acheminer les nombreux manifestants. "Les trains sont bel et bien bondés", a déclaré un porte-parole de la société de chemins de fer.

Des photos de trains plein à craquer circulaient sur les réseaux sociaux. Plusieurs personnes désireuses de se rendre à Bruxelles pour défiler en faveur du climat ont également dû attendre le train suivant faute de place.

Dix trains supplémentaires ont été déployés par la SNCB. La capacité de 36 trains a par ailleurs été élargie afin de pouvoir transporter 50.000 personnes entre 12h00 et 14h00. Il s'agit d'un doublement de l'offre habituelle, selon la SNCB.

Comment financer la transition?

Pour financer ce changement de paradigme, les organisateurs de la marche soutiennent la proposition des économiste et climatologue français Pierre Larrouturou et Jean Jouzel en faveur d'un Pacte Finance-Climat, qui suggère un investissement de 1.000 milliards d'euros par an pour la transition écologique. M. Larrouturou viendra l'expliciter dimanche face au Parlement européen. 

"Les responsables du réchauffement climatique, les grands émetteurs de CO2, doivent être les principaux contributeurs de la transition", estime un représentant du collectif Act for Climate Justice.

Après la marche de ce dimanche, Rise for Climate Belgium entend poursuivre la mobilisation en concertation avec d'autres acteurs et collectifs jusqu'à ce que "les politiques respectent leurs propres engagements". Les prochains mois seront propices aux mobilisations citoyennes étant donné l'approche des élections fédérale, régionale et européenne de mai. "Nous serons présents, notre action s'inscrit dans la continuité, le but est d'occuper l'espace médiatique au moins jusque là", ajoute Kim Lê Quang.

 

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