"Davantage d'entreprises se soucient de leur empreinte carbone"

©Aude Vanlathem

Proximus vient de rejoindre le club des entreprises neutres en CO2, dont font déjà partie Spadel, Lotus Bakeries ou Le Pain quotidien. Un mouvement de fond, selon CO2Logic, pionnier belge de la compensation carbone.

Il y a, bien sûr, les entreprises qui surfent sur les préoccupations climatiques et tentent de verdir leur image à bon compte. Mais il y a aussi, affirme CO2Logic, spécialiste du calcul, de la réduction et de la compensation des émissions de CO2, un nombre croissant d’entreprises qui se lancent dans une démarche de fond concernant leur empreinte carbone.

Certains, comme Spadel ou Lotus Bakeries , ont déjà atteint la neutralité en CO2 pour tous leurs sites de production. Idem aussi pour les restaurants du Pain Quotidien aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en France et en Belgique. Un petit club que vient de rejoindre Proximus , qui est devenu en 2016 une entreprise climatiquement neutre. "Et parmi nos nouveaux clients, figure UCB , qui vise cet objectif à l’horizon 2030", souligne Antoine Geerinckx, fondateur et CEO de CO2Logic.

"C’est bon pour l’environnement, bon pour leurs finances, bon pour leur marketing et bon pour leur politique de ressources humaines."
Antoine Geerinckx
CEO de CO2Logic

"L’accord de Paris, où 195 pays se sont mis d’accord pour contenir le réchauffement climatique sous les 2°C, puis la conférence de Marrakech, qui a confirmé qu’on allait passer à l’action, ont rassuré le monde des entreprises, en plaçant leurs efforts dans une approche globale", estime Antoine Geerinckx. Avant, beaucoup se montraient hésitantes, estimant que leurs efforts risquaient de ne pas servir à grand-chose si des pays comme la Chine ou les Etats-Unis ne bougeaient pas. "Désormais, un nombre grandissant d’entreprises se disent que cela devient sérieux, et qu’il faut faire quelque chose. D’autant que c’est bon pour l’environnement, bon pour leurs finances, bon pour leur marketing et bon pour leur politique de ressources humaines", énumère le CEO de CO2Logic.

La perspective de voir introduite, dans le futur, une taxe carbone, pousserait aussi un certain nombre d’entreprises à se préparer.

Compensation

Dans les deux exemples développés ci-dessous, une partie de la neutralité sera atteinte grâce à la compensation – à savoir le financement de projets qui réduisent les émissions de CO2 ailleurs, pour compenser celles que l’entreprise continue à produire. Une pratique considérée par certains comme du greenwashing, mais que CO2Logic, qui a décidé d’en faire une bonne partie de son business – il a mobilisé près de 15 millions d’euros auprès de ses clients pour soutenir des projets de ce type dans les années à venir – défend avec conviction.

"Nous ne travaillons que sur des projets certifiés, notamment par le WWF. La compensation ne peut intervenir qu’après une réduction drastique des émissions, sinon il est impossible d’obtenir le label CO2-neutral que nous avons créé. Mais les émissions de CO2 sont globales, ce qui importe, c’est de les réduire", argumente Antoine Geerinckx.

UCB vise la neutralité en CO2 en 2030

Objectifs chiffrés

Pour 2030, réduire de 35% les émissions de CO2 et compenser les 65% restants. Pour 2050, réduire de 70% les émissions de CO2, avec compensation pour les 30% restants.

Moyens

- Sites de production (31% des émissions de CO2): augmenter le pourcentage d’électricité renouvelable consommée, qui est déjà de 80%, et augmenter la production en interne (notamment la cogénération).

- Supply chain (29% des émissions de CO2): parmi les pistes, l’expédition de certains médicaments par bateaux plutôt que par avion, comme c’est systématiquement le cas aujourd’hui.

- Business travel (12% des émissions de CO2): développer des outils pour motiver le personnel à utiliser conference calls et vidéoconférences.

- Fleet (9% des émissions de CO2): révision annuelle de la liste de voitures de société pour réduire les émissions de 5 grammes CO2/km par an.

Compensation 

 UCB soutiendra un projet à Goma, dans le parc de Virunga, pour équiper les ménages de foyers améliorés et reboiser pour fournir du charbon de bois durable. Mais cela, après la réduction des émissions de CO2, prioritaire. "Il ne s’agit pas de compenser et de continuer le business as usual", souligne Marc Van Meldert, directeur health, safety & environment chez UCB.

 

Proximus Devenu neutre en CO2 en 2016 n

Résultats atteints:

Émissions CO2 du groupe: -32% en six ans.

Émissions CO2 des activités belges: -70% entre 2007 et 2015 (notamment grâce au passage à une électricité 100% verte).

Consommation d’énergie du groupe: -22% en six ans.

Consommation de carburant par véhicule: -22% en neuf ans. À noter que 99,6% des véhicules de société émettent désormais moins de 145 grammes CO2/km, contre 56% en 2010, et que 47% des employés qui avaient une voiture de société l’ont remplacée par les transports publics pour le trajet domicile-travail.

Déchets: 88% ont été réutilisés, recyclés ou valorisés énergétiquement en 2016, contre 70% en 2010.

Nouveaux objectifs: Proximus veut encore réduire de 30% les émissions de l’ensemble du groupe d’ici 2025, mais aussi travailler sur ses émissions indirectes.

Compensation pour atteindre la neutralité en CO2:

Pour 2016, Proximus a soutenu un projet existant. Dans les années à venir, il va financer le projet TEG Stove, au Bénin. Des fours à haute performance vont être déployés dans les foyers équipés d’un petit générateur thermoélectrique pour permettre la recharge des smartphones et des éclairages LED.

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