Marghem reporte les ambitions climatiques belges sur 2030

Le vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic (à droite sur la photo en face de Marie-Christine Marghem) a pressé jeudi les autorités belges d’adopter leur plan énergie-climat. ©DR

Les objectifs européens en matière d’énergie et de climat pour 2020? "Ce n’est pas le plus important, déclare la ministre Marghem. Ce qui importe, c’est de fournir le cadre pour les investissements qui nous permettront d’aller vers 2030."

La Flandre a décidé d’abandonner ses deux projets de nouvelles centrales biomasses. Le développement du photovoltaïque et de l’éolien en Wallonie est nettement plus lent que prévu. L’appel d’offres lancé pour une grosse centrale biomasse wallonne pourrait poser problème à l’Europe. Et les trois derniers parcs éoliens belges en mer risquent d’être retardés par un retrait des concessions. Comment, dans ces conditions, la Belgique va-t-elle pouvoir remplir ses engagements pour 2020 en matière d’énergie et de climat? La question se fait de plus en plus pressante.

Le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, en charge de l’Union énergétique, qui rencontrait jeudi matin les autorités belges dans le cadre de son Energy Union Tour, estime malgré tout que la Belgique peut encore remplir sa part du contrat, même si on est "à la limite", et que "cela nécessitera des efforts des niveaux fédéral et régionaux".

Si le commissaire slovaque salue le terminal GNL de Zeebruges, les fortes interconnexions électriques de la Belgique avec ses voisins ou le projet de déplacer l’incitant fiscal des voitures de sociétés vers un budget mobilité, il insiste aussi sur l’importance de la construction des parcs éoliens belges offshore pour atteindre ces objectifs. Et il ajoute que la sortie prévue du nucléaire en 2025 est un des plus grands défis de la Belgique dans les années à venir.

2030 plutôt que 2020

La ministre fédérale de l’Énergie, Marie-Christine Marghem, préfère, elle, se concentrer sur l’objectif 2030, comme si elle avait déjà fait son deuil des objectifs 2020 et qu’elle passait à l’étape suivante. "On n’est pas à l’école primaire, déclare-t-elle. Le plus important, ce n’est pas de remplir les objectifs 2020 à la virgule près, c’est de créer un cadre rassurant pour les investisseurs, qui nous permettront d’allers vers 2030 et au-delà. Nous sommes en train de travailler sur des plans qui signifieraient une diminution de 80 à 90% des gaz à effet de serre pour 2050."

"On n’est pas à l’école primaire. L’important, ce n’est pas de remplir les objectifs 2020 à la virgule près."
Marie-Christine Marghem
ministre fédérale de l’énergie

Et il est vrai que Maros Serfcovic a insisté, lors de sa rencontre avec les ministres fédéral et régionaux de l’Énergie, sur l’importance d’élaborer au plus tôt le plan national énergie-climat 2030. "Ce serait le meilleur signal à envoyer aux investisseurs, qui ont besoin d’avoir une vision, une perspective, une stabilité. Et la Belgique a besoin d’énormément d’investissements d’ici 2030 et 2050", souligne-t-il. Il a d’ailleurs proposé aux quatre ministres belges – Marie-Christine Marghem pour le Fédéral, Christophe Lacroix pour la Wallonie, Céline Fremault pour Bruxelles et Bart Tommelein pour la Flandre – l’aide d’experts européens pour y parvenir.

Il estime toutefois que la Belgique n’est pour l’instant pas à la traîne. "Sept ou huit États membres sont probablement au même niveau d’avancement que la Belgique, et certains membres de l’Union européenne trouvent même que la Commission met trop de pression. Mais le temps presse. 2020 est à notre porte, et 2030 n’est pas si loin."

La ministre fédérale de l’énergie se fait fort de boucler le pacte énergétique qui doit forger une vision à long terme avec les Régions d’ici la fin de l’année. Un pacte au sujet duquel plus de 100 acteurs du secteur sont actuellement consultés. Elle ne prévoit par contre pas d’atterrissage du plan belge énergie-climat pour 2030 avant fin 2018, début 2019. Une période que l’on sait particulièrement dangereuse, vu les échéances électorales…

D’ici là, les experts européens spécialisés en décarbonisation devraient travailler avec le comité stratégique du pacte national d’investissements lancé par le Premier ministre Charles Michel. "L’objectif est de faire converger tous ces plans, ce qui nous permettra d’introduire des dossiers ensemble et de trouver du financement, notamment auprès de la BEI", explique la ministre Marghem.

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